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• D 3 un voile de verdure autre) ois habillés ,
Tout honteux aujourd'hui de se voir dépouillés , Pleurent leur doux ombrage 9 et redoutant la vue V énus même une fois s'étonna d' être nue .
Croissez , hâtez votre ombre , et respectez ces champs , Vous jeunes arbrisseaux , et vous arbres mourans Consolez-vous . Témoins de la faiblesse humaine Vous avez vu périr et Corneille et Turenne :
V ous comptez cent printems , hélas ! et nos beaux jours S'envolent les premiers , s'envolent pour toujours . Heureux donc qui jouit d'un bois formé par l'âge.
Et certes, il avait bien raison de le dire, d’après tout ce que vous venez d’entendre, et jJose espérer que le lecteur, bien loin de m’en vouloir, m’en saura au contraire bon gré, ne serait-ce que pour les beaux vers d’une aussi belle composition, qu’est celle de M.r l’Abbé de Lille , sur tous les objets qu’il traite.
Maintenant je dirai quelles sont les forêts qui couron-
nent nos montagnes, qui ceignent leurs sommets, et qui embellissent nos vallées et les préservent des avalanches. D’abord ces forêts sont composées en général, d’arbres de sapin et de melèse, espèces eja^res les plus beaux, et souvent d’une grosseur et d’une hauteur prodigieuse; il y a aussi le pin sauvage, le pesse, le pin cimbre, le châtaignier et le bouleau. Quant à ceux qui croissent dans la vallée du Rhône, et qui plus ou moins aiment l’humidité, ce sont l’aulne veine, le petit aulne, le peuplier blanc, le peuplier noir, le peuplier tremble. Le platane d’occident et la saule; on en compte au dire de M*r d ' E scliassé riauxP vingt-trois variétés dans lç Valais*
du Valais.
Tous les arbres et arbustes que nous allons nommer, habitent diiTérens sols et diverses températures, suivant leur espèce et leur nature; on trouve particulièrement la dernier arbuste dans le voisinage des plateaux sur les hautes montagnes} la beauté de sa fleur réjouit le triste» aspect de ces déserts. L’orne, le chêne , le frêne , le noyer, le mûrier blanc et noir, l’érable platanier, le hêtre, ta charme, le prunier odorant, le prunier des oiseaux, le cognassier, le cornouiller, le sumac, le troène, le sorbier, ou cormier, le sorbier des oiseaux, le cerisier, l’amandier, le nerprun de plusieurs espèces, l’auréole mâle, l’auréole» femelle, la bousserole, ou raisin d’ours, le sureau àgrap^ pes, l’airelle , l’ausier, l’éphedra, le pistachier, le tartiarix d'Allemagne, l’épine-vinetle , le buis, le noisetier, l’ébenier des Alpes, le genevrier, la sabine, le cytise noirâtre, le faux acacia, le rosier des Alpes, le baquenodier, la chèvrefeuille des Alpes, la coronille, la bruyère purpurine, le rododendron, sont les productions de notre sol. Quant à la nomenclature des plantes qui croissent sur les montagnes du Valais, elle est trop nombreuse pour poil^ voir trouver ici sa place; ceux qui seront curieux de la connaître, feront bien de s’en instruire dans l’ôuvragé da M.r Murith, intitulé: le Guide du Boianisle qui voyage duns le Valais. Nous observerons, que ce pays en fait de plantes, est le plus riche de toute l’Europe, et que les hommes instruits dans la Botanique y comptent plus d* deux cents plantes , qui ne se trouvent pas classées dans l'herbier du grand Haller , quoique très-diffus.
Théophraste a déjà dit que sur les montagnes croissaient toutes sortes de plantes; et comme dans les nôtres on trouve toutes sortes do sols, tels que marais, étangs f
terrain set et pierreux , élevé et profond , sombre ét éclairé, on y trouve aussi toutes sortes de plantes les plus rares, comme les plus utiles pour tous les arts. Et parmi les arbres, si nous croyons Théophraste , qui appartiennent proprement aux montagnes , outre ceux que nous avons nommé, sont l’azerollier, l’aquifolium , le tilleul, le caprinus, le taxus, le caprificus, l’asphaca. Le noyer réussit mieux chez nous, dans la plaine que sur les montagnes , quoique celles-ci en produisent beaucoup , qui sont beaux ét superbes. Il est certain, que les arbres qui croissent sur les montagnes, fournissent un bois plus dur et meilleur que ceux qui s'élèvent dans la plaine. Ce sont les vents, selon certains auteurs , qui opèrent cet effet. C’est pour cela, que chez les Poètes, comme l’observe le savant Turnehüs, les bois des montagnes ont été recommandés comme plus convenables pour la construction des lances, à raison de leur plus de dureté, c’est pour cela encore, qu’ Homère dit, que la lance à! Achille a été faite d’un bois tiré du Monf-Pelius , pour indiquer sa bonté, sa dureté; c’est pour cela enfin, qu’on appelle les flèches da bois alpines , non seulement, parce que les peuples de la montagne s’en servaient, mais pour donner à entendre, que c’était un bois dur et le plus propre à cela.
Mais parmi les arbres des hautes montagnes , le plus commun est le sapin , il croit dans les pays froids; c’est pourquoi il est si fréquent dans le Valais , au point d’y former d’immenses forêts jusqu’au nombre de cent-vingt environ. Son plus grand débit est en planches de toute grandeur, dont on se sert pour la menuiserie et pour boiser les chambres, mais qui, à mon avis, entretient», jpour ne pas dire produit les punaises , genre d’insectef
bu Valais*
airs» détestable par sa mauvaise odeur , qu’incommode par sa morsure; odeur tellement détestable , qu’elle me réveille chaque fois , lorsque pendant mon sommeil il en passe une proche de mon nez. Je les croirais convenables, si on les écrasait, et renfermait dans une bouteille pendant quelque tems, à faire revenir les femmes vaporeuse*, qui tombent en défaillance; ce remède vaudrait presque l’assa-factida dont on se sert en ces sortes d’occasions.
Après le sapin, le plus bel arbre est la melèse ; cet arbre est non seulement remarquable par sa hauteur, mais aussi par sa beauté et par sa fermeté. Il est commun dans notre pays; on y en observe des forêts entières; cet arbre ressemble au sapin rouge et au pin; cependant son écorce est beaucoup plus rude, plus grossière, et les branches sont plus grasses et plus molles, son odeur est douce et vraiment balsamique. La melèse est surtout bonne pour les constructions dans l'humidité; elle n’est point sujette à la vermoulure à raison de la térébenthine qui l’entoure % •t dont elle est imbue. Elle est difficile à être travaillée > les tonneliers s’en servent pour la construction de leurs tonneaux. La melèse est encore en usage en médecine , tant intérieurement qu’extérieurement : puisque dans le seizième sièle , au dire de Simblcr , elle était tellement avantageuse et efficace pour la Lèpre , qu’on croyait ert Valais, que ceux qui habiteraient des chambres boisée» de ce bois, en seraient exempts. Cet arbre en. outre fournit une excellente térébenthine, dont les Valaisans se servent fort avantageusement pour les plaies elles ulcérés, comme encore pour les maladies internes. Mais il ne faut pas toujours rester dans les grandes forêts, visitons aussi les arbustes et choisîssons-en les plus remarquables pour en faire le sujet du chapitre suivant-
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