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A Pékin 29 mai-31 août 1900

C'est à MM. Pelliot, de Gieter et Picard- Destelan que nous devons de pouvoir présenter les faits relatifs à la Défense de la Légation de France, dans leur ordre chronologique. Nous tenons donc, avant tout, à remercier ces trois volontaires, et à placer leur nom en tête de ce livre. Sans eux, sans M. Pelliot en particulier, qui a bien voulu, sur notre demande, prendre des notes à la liâte, etcela, dans une tranchée ou derrière une barricade, quelles que fussent les circonstances, ces pages ne seraient qu'un amas confus de souvenirs vagues.

Avec ces lignes écrites au crayon sur un morceau de papier taché de boue, et parfois même de sang-, nous avons pu, à Pékin même, rédiger notre rapport à M. le contre-amiral CourrejoUes, commandant en chef la division d'Extrême-Orient. Nous avons eu soin de faire disparaître les erreurs qui se seraient inévitablement glissées dans ce rapport, en le comparant aux travaux analogues des chefs de détachement autrichien et allemand.

Plus tard, nous avons voulu donner plus de développement à ces lignes dont la lecture faisait naître en nous une foule de souvenirs nets et précis; Les lettres des ministres de France et d'Angleterre que nous avons heureusement conservées, et qui sont pour nous des documents précieux à tous les points de vue, nous ont permis enfin de les compléter.

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Aujourd'hui, en publiant ces pag-es, notre désir est de montrer que, dans ce drame affreux du siège des Lég-ations, chacun a joué son rôle, et que ce n'est que grâce à ce concours de toutes les bonnes volontés et de toutes les intelligences, que nous avons pu échapper à un massacre qui paraissait inévitable. Nous voudrions, en atténuant au besoin la gloire facile de quelques-uns, mettre en lumière d'autres personnages restés plus obscurs, et apprendre au moins aux mères de famille les noms de ceux qui sont morts en protégeant leur mari et leurs enfants.

Nous tenons enfin à dire quel a été le courag-e de ces matelots qui, pendant soixante jours, ont pensé : Nous serons délivrés demain^ et qui, pendant ces soixante jours, n'ont eu ni une minute de défaillance, ni un instant de décourage-

ment ; de ces matelots, dont la conduite a été telle que nous pouvions écrire il l'amiral Courrejolles qui avait bien voulu nous en confier le commandement : Avec eux, amiral, notre rôle de chef a été des plus faciles, pour ne pas dire des plus insignifiants.

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