CAROLINE, MOULINIER
CAROLINE, décidée.
J’ai réfléchi, cher ami, et décidément j’accepte votre gracieuse invitation.
MOULINIER, à part.
Parbleu! (Haut, très-gracieux.) A la bonne heure !
* CAROLINE
Mais je vous prie bien de croire que si je suis revenue, ce n’est pas du tout parce que j’ai envie de revoir ce monsieur... (Avec mépris.) Il ne vaut certainement pas la peine que l’on s’occupe de lui.
MOULINIER, souriant.
Gomme c’est bien mon avis! (Voyant que Caroline regarde autour d’elle comme cherchant quelqu'un, à port, la montrant.) En attendant, elle le cherche.
CAROLINE, qui s’est ass’'se à droite près do la table.
Le programme de la soirée, cher ami?...
MOULINIER
Le dîner chez Véfour...
CAROLINE
Ensuite?...
MOULINIER
Ensuite, nous irons... (l* regardant en souriant.) nous irons où vous voudrez.
CAROLINE, jouant l’indifférence.
Est-ce que vous ne m'aviez pas parlé d’aller... où donc cela... je ne me souviens plus... (Feignant de se souvenir.) Ah !... à la Gaîté.
MOULINIER, à part, clignant do l’œil.
Elle y tient. (Haut.) Si cela peut vous être agréable...
CAROLINE, vivement. ^
Oh! mon Dieu, vous savez... je dis cela...
MOULINIER, très-sérieux.
Oui.., comme vous diriez autre chose... Eh bien, nous irons a la Gaîle... (on sonne, à part à lui-même.) Oh ! du bruit... c est lui... (iiuut et très-gracieux, àCaroiine.) Pardon, chère madame, j’ai un petit bout de toilette à faire... (ouvrant la porto do gauche.) Si vous voulez avoir la complaisance de passer dans le petit salon... là... à côté... -vous trouverez sur la table des journaux à images... (voyant que Caroline regarde â droite et à gauche. (Vous cherchez quelque chose, chère madame?...
CAROLINE, vivement.
Moi... (lu tout, du tout... (Entrent à gauche.) Jo VOUS attends.
MOULINIER
Cinq minutes, chère mada : e, cinq minutes. (11 referme
vivement la porte de gauche. — Sabran paraît au fond. — Moulinier feint de ne pas l’apercevoir d'abord «t se met à chantonner.)