S ADR AN
Et vous ou avez profité (Enflant tout à coup sa voix.) pour insulter grossièrement une femme que l’abandon même dont elle était victime aurait dû vous rendre respectable.
MOULINIER
Pardon, cher ami; mais à quel propos ce sermon?
SABRAN, qui a de nouveau regardé autour de lui.
Ne cherchez pas à le nier,. Caroline est ici. (n montre lu
gauche. )
MOULINIER
Mais je ne nie pas du tout, cher ami... et la preuve, c’est que moi-même t’ai dit tout à l’heure que je l’attendais. ' '
SABRAN, vivement.
Quoi qu’il en soit, tu as étrangement abusé de sa situation pour lui faire certaines propositions... propositions du reste parfaitement ridicules, je dois te le dire, delà part d’un homme de ton âge...
MOULINIER, s’animant.
Ah çà!...mais, dis donc... dis donc, traite-moi d’homme mal élevé., (souriant.! de roué., de séducteur... bien... mais de Bartholo ! .. Ah! je proteste.
SABRAN, qui a haussé les épaules.
Enfin, tu ne me supposes pas assez niais .pour croire que c’est à cause de tes beaux yeux que Caroline a consenti un seul instant à t’écouter... c’est par dépit, par colère, par vengeance...
MOULINIER, feignant l’étonnement.
Par vengeance ?
Certainement... Elle a choisi le premier imbécile qui lui est tombé sous la main... et cet imbécile...
MOULINIER, qui s’est remi9, souriant.
C’est moi... Malheureusement, mon ami, tu semblés oublier qu’avant de savoir que tu voulais la quitter, Caroline avait pris les devants... (Mouvement do Sabran.)
Elle avait pris les devants, Caroline... Et maintenant COUpons COUrt a cette explication (Regardant la porte de gauche avec affectation et clignant de l’œil.) On... On IU attend, et... (Faisant le geste de fendre sur Sabran.) Ah ! ah ! ah! je vais passer mon habit... je vais passer mon habit... (11 sort à droite en
faisant un petit pas de satisfaction.)