‹ A propos d'instruction obligatoireChapitre 24 sur 27 · I. — Quelques témoignages · texte numérisé non relu

I. — Quelques témoignages

En 1901 paraissait à Londres, le IVe volume des Spécial Reports on Educational Subjects. Cet ouvrage, qui comprend

(1) Voir le compte-rendu du Canada, quatre mars.

plusieurs volumes, a été publié sous les auspices du Bureau d'Éducation du Royaume-Uni.

Le volume IV contient une intéressante analyse des systèmes d'Éducation en vigueur dans les différentes provinces du Canada. Au chapitre de la province de Québec, page 149, il est dit : " It is not without reason that the expérience of the Dominion of Canada is cited as showing how completely a fusion may be effected by judicious législation between two races of différent language, creed, and ideals. We need not stop to estimate how far this wonderful fusion of the French and the British, the Roman Catholic, and the Protestant population, has been the resuit of the educational législation in particular." (1) Il est évident que l'auteur vise ici la province de Québec, qui seule possède une loi d'éducation rendant justice aux deux races qui l'habitent.

Plus récemment, en 1914, dans une brochure qui a pour auteur le Dr G.-W. Parmelee. Secrétaire anglais du département de l'Instruction publique de Québec, et M. J.-C. Sutherland, Inspecteur général des écoles protestantes de la même province, nous lisons, page 41 : "A perusal of the previous pages has probably made it clear that the Roman Catholic majority and the Protestants minority work harmoniously by dividing the educational régulations and administration into two separate parts in regard to ail matters that would give rise to a conflict of opinion between them." (2)

A la page 25 du même ouvrage, nous trouvons ce loyal témoignage : " Inasmuch as thèse régulations include courses of study and provisions for religious instruction, and inasmuch as each Committee approves of the textbooks for use in the shcools

(1) Pour ne pas allonger cette étude outre mesure, nous ne donnerons pas la traduction des textes anglais. D'ailleurs il y a très peu d'institutrices ou d'instituteurs canadiens-français qui ne sachent lire et comprendre suffisamment l'anglais.

(2) Education in the Province of Québec. — Department of Public Instruction,

of its own faith, ample guarantee is thus given to the Protestant ruinority that in vital matters the control of Protestant éducation will remain in Protestant hands, and at the same time the Roman Catholic church is assured that religion in accordance with the tenets of the church shall continue to be inculcated as the basis upon which true éducation rests ".

A la réunion de la Dominion Educational Association, tenue à Ottawa, les 1 et 2 février 1917, M. J.-C. Sutherland, Inspecteur général des écoles protestantes de la province de Québec, a dit aux représentants de toutes les provinces de la Confédération, comment la minorité anglaise et protestante était traitée dans la province de Québec. Voici le témoignage de M. Sutherland, né dans Ontario et qui habite notre Province depuis vingt ans : " There has ne ver been a particle of friction in the De- " partment in this respect since Confédération or before that " date. . . We (the Protestant minority) hâve wonderful " freedom, and whatever is needed is given. We never hâve " any trouble . . . We hâve a complète System of reporting " for the census, and also for the school attendance. . .

" Dr Carter : You are getting along very harmoniously, and you seem very optimistic ?

" Mr. Sutherland : We never had any trouble ; vre are as happy as clams down there." (1)

Nous pourrions aussi citer les déclarations des députés protestants à la Législature de Québec, déclarations faites à plusieurs reprises devant la Chambre d'Assemblée, dépuis deux ou trois ans. Elles s'accordent toutes à reconnaître la grande générosité avec laquelle la minorité protestante est traitée dans Québec, au point de vue scolaire. Comme ces déclarations ont fait le tour des journaux français et anglais, nous ne les rapporterons pas ici.

Précisément au sujet de l'incident Nicholson, le Dr G— W. Parmelee, Secrétaire anglais du départment de l'Instruction

(1) V Enseignement Primaire de septembre 1917 : Dominion Educational Association ; Remarks concebning Québec.

publique de Québec, a adressé au Soleil (9 mars) une lettre très importante confirmant ce qui précède. Nous ne citerons ici que ce passage de la lettre de M. Parmellee :

" Permettez-moi d'ajouter, comme conclusion, qu'il n'y a pas, que je sache, parmi les protestants de cette province aucun sentiment en faveur des écoles en commun, ou d'une seule langue officielle ; et qu'il n'y a pas non plus parmi eux, une attitude peu sympathique envers l'Eg.ise catholique en ce qui concerne les écoles. S'il reste, ici et là, des sentiments autres que ceux de reconnaissance envers la majorité pour le traitement généreux qu'elle accorde à la minorité, ces sentiments sont irréfléchis et n'ont pas leur raison d'être."

Page 1