D. PROGRÈS PÉDAGOGIQUES
Dans l’ordre pédagogique, le progrès n’a pas été moins notable. Jusqu en 1899, il n’y eut qu’une seule école normale catholique de filles : aujourd’hui, nous en avons onze, ce qui porte le total des écoles normales dans la Province de Québec à quatorze.
En 1899-1900, nos écoles normales étaient fréquentées par 332 élèves ; en 1917-1918, 1,339 élèves se préparaient à l’enseignement dans ces institutions.
Le même progrès a été remarqué devant le Bureau central. En 1901, le nombre des candidats qui réussirent aux examens étaient de 941; en 1918, ce nombre s’est élevé à 2,070. (Voir les Rapports du Surintendant et les Statistiques de l'Enseignement).
Laval. Se réputation est assez grande pour m'erempter de vous faire son éloge. Vous seres certainement surpris d’apprendre que Mgr Laflamme, qui & consacré toute sa vie À l’enseignement, au Séminaire de Québec et à l’Université Laval, n'a jamais reçu plus de cent piastres par année, mais les services qu’il a rendus à sa province n’ont pas été moins grands que si son traitement avait été cent fois plus élevé. On voudra done prendre ces faits en considération lorsqu'on comparers la Province de Québec avec les autres de la Puissance au point de vue des traitements du personnel enseignant.” (Reproduit de l’Enseignement primaire de janvier 1919.)
: 134 élèves en 1010 et
. des écoles techniques : 614 en 1911-12, 1,285 en 1915-16.
Élèves des écoles ménagères : 528 élèves en 1910, 7,469
en 1917-18.
des Hautes-Études commerciales : 33 en 1911-12, 108 en 1917-18. (Voir l'Annuaire statisti :
Un autre indice de vrai progrès, c’est l’augmentation du nombre des écoles modèles et des académies. En 1905, ne comptait dans la province que 716 écoles int-rmédiaires et primaires supérieures catholiques sous contre le et indépendantes (550 écoles modèles et 166 académies). En 1916- 17, il y avait 1,018 écoles intermédiaires et primaires supé-
catholiques est
Tous ces progrès, nous les admettons, disent les partisans de l’école obligatoire. Mais à quoi servent-ils, ces progrès, si les écoles sont vides ou si elles sont fréquentées irrégulièrement, ou si des milliers et des milliers d enfants ne vont pas à la classe à l’âge où ils devraient y aller ?
3 À la VRAIE QUESTION, celle qu’il importe d’élu-
D'’apris les statistiques fournies par les inspecteurs d'écoles pour 1916-17, il y avait 544,58” enfants d’âge scolaire (5 à 16 et plus de 16 ans), tandis que l'inscription s'élevait à 463,390, soit 85% sur la totalité des enfants d’âge scolaire. En détachant les enfants de 7 à 14 ans (l’âge essentiel) des
on arrive au résultat suivant : en 1916-17,
écoles, 80 95%.
(Voir statistiques de l. Enseignement pour 1916-17). pourcentage de la présence moy les
grand nombre de tout jeunes enfants de 5 à 8 ans, il est difficile de ne pas admettre que, règle générale, les parents témoignent un intérêt réel à l’instruction de leurs enfants.
Mais, disent M. l’abbé Dubois et autres, vos chiffres ne valent rien, ils sont imaginaires.
Ces statistiques ne valent rien; mais alors de quel droit les partisans de l’instruction obligatoire peuvent-ils s’en faire une base pour asseoir leur thèse de coercition urgente? Pour être sérieux, il faudrait commencer par demander une enquête sur la fréquentation scolaire, puisqu’on prétend qu’actuellement les statistiques officielles ne valent rien.
Nous admettons que jusqu’à cette année, l’absence de recensement scolaire dans les grandes villes n’a pas permis d’avoir des statistiques absolues sur le nombre d' enfants d’âge scolaire. Cette année, ce recensement doit se faire. Néanmoins, la proportion accordée aux villes en s'appuyant sur la population rurale comparée avec la population urbaine, donne une base acceptée en statistique, Comme le nombre
d'écoles, à mettre au point le recensement annuel des enfants d'âge scolaire. Et sur ce point, il y a progrès
D'ailleurs, tout en cherchant sincèrement à perfectionner nos ee Pourquoi nous montrerions-nous plus difficiles que l’État de New-York, l'un des États les mieux orga-
empruntées au rapport l’État
cifically provides for taking Copy of same in school records available the use of teachers, attendance officers, inspectors and all others having a right to send information
Et malgré les lacunes de ces statistiques, l’État de New- York ne les a pas infirmées comme le Département de l’Instruction publique de Québec, cet État conserve ses statistiques et les améliore chaque année.
Néanmoins, l'écart que l’on signale relativement aux enfants d’âge scolaire entre le recensement fédéral et le recen-
t des municipalités, mérite notre attention. Ceux préconisent l'instruction obligatoire ont fait ce calcul :
Différence entre les deux recensements, de 70,421. Tout d’abord notons que les auteurs de ce calcul ont comparé le recensement fédéral de juin 1911 avec le recensement scolaire de septembre 1910 : écart d’une année. Or, en comparant le recensement fédéral avec le recensement scolaire de septembre 1911 (voir Rapport du Surintendant pour 1912-13),on trouve 463,023 enfants d'âge scolaire: ce qui réduit la différence indiquée plus haut à 58,017. Ce nombre, réparti sur les dix-sept cents municipalités scolaires catholiques et protestantes de la province donne une moyenne de 34 enfants d’âge scolaire par municipalité non recensés par les secrétaires-trésoriers, mais inscrits par les officiers fédéraux. Cette divergence par municipalité d'une trentair : d'enfants de 5 à 16 s’explique par les omissions d’une part et par le mode différent de procéder au recensement, d’autre part. Quoi qu'il en soit, depuis trois ou quatre ans, le D'épartement de l’Instruction publique et le Bureau des Statistiques améliorent chaque année nos statistiques scolaires, aidés du concours des Inspecteurs d’écoles.
Mais cette divergence entre le recensement fédéral et le recensement municipal, quant aux enfants de 5 à 16 ans, importe peu en somme ; ce qui importe, c’est de savoir, si les 58,017 enfants de 5 à 16 ans qui, semblerait-il, n’ont pas été portés au recensement municipal, vont en classe en nombre suffisant. C'est là le point, le seul qui mérite sérieuse-
ment notre attention. Ici, je ne distinguerai pas dans ce Chiffre les enfants de 5 à 7 ans, bien justifiables souvent de ne pas fréquenter la classe, ni ceux de 14 à 16, parmi lesquels un bon nombre ont une instruction primaire suffisante, pour ne considérer que les enfants de 7 à 14 ans, véritable àge scolaire : ce qui ne serait que raisonnable. Je prends le chiffre tel que constaté et voici où l’on arrive :
Enfants de 5 à 16 ans, d’après le recensement fédéral de juin 1911: 521,040. Enfants inscrits aux écoles d’après le recensement municipal de septembre 1911 : 407,264 Ce dernier nombre provient des 402,290 des écoles primaires, plus de 4,974 des collèges classiques et écoles des sourdmuets et aveugles, enfants de 5 à 16 ans.
En retranchant de 521,040, les élèves inscrits en 1911-12, soit 407, 264, il y a un écart de 113,776 sur le total des enfants de 5 à 16 ans. Ce qui laisse encore à la catégorie de 7 à 14 ans (âge scolaire obligatoire dans nombre de pays) une inscription en classe de 86%. Néanmoins, ce pourcentage, tel que constaté par les Inspecteurs à l’époque de la deuxième visite, s'élève à 95%.
Le recensement fédéral indique 106,772 enfants de 5 à 7 ans. En acceptant, sans explication, le chiffre de 113,776, provenant du recensement fédéral, aucun enfant de 5 à - ans ne fréquenterait l’école, et il Y aurait encore un écart de 5 à répartir sur les autres catégories d' enfants d’âge sco
Eh bien ! ceci n’est pas.
Les statistiques du Département de l’Instruction publique sont dressées d’après les bulletins des Inspecteurs d’écoles. Ces derniers recueillent les statistiques scolaires lors de leur deuxième visite, du 15 janvier au 30 juin. En moyenne, cette statistique représente huit mois de scolarité, c’està-dire un terme plus long que celui que les lois d'obligation
scolaire requièrent dans les pays où de telles lois existent. ( Les statistiques fournies par nos Inspecteurs établissent la présence moyenne en classe d’une façon plus judicieuse, en ce qu'elles ne tiennent que partiellement compte de la présence de mai et juin. A la fin d’avril et en mai et juin arrivent dans toutes les écoles, les petits de 5 à 9 ans (5, 6, 7, 8 ans) que la rigueur de l’hiver a retenus à la maison ou qui n’avaient pas encore cinq ou six ans en septembre de l’année précédente. Cette vague de jeunesse augmente énormément l'inscription en classe, mais les statistiques des inspecteurs ne peuvent en tenir que partiellement compte. Il y a un document où l'inscription des petits, ces fleurs printanières, est enregistrée : c’est le rapport du secrétairetrésorier de la municipalité scolaire, qui est adressé au Surintendant de l’Instruction publique après le premier de juillet de chaque année. Ce rapport tient compte de Pinscription en classe pour les dix mois de l’année scolaire. Or, quand on compare le rapport du secrétaire d’une municipalité avec le bulletin de I Inspecteur pour la même municipalité, on constate, et ce que je viens de dire l'explique, que le nombre des élèves inscrits à chaque école est plus considérable que le nombre porté au bulletin de l'inspecteur. Jai fait ce travail de comparaison avec autant d’exactitude que possible, pour les catholiques seulement. Les chiffres que je vais donner ne sont pas officiels, mais ils sont conformes aux faits.
(1) L'article 15 de la loi de 1882, en France, dit: La Commission scolaire pourra accorder aux enfants demeurant ches leurs parents ou leur tuteur, lorsque ceux-ci en feront la demande motivée, des dispenses de fréquentation scolaire ne pouvant dépasser trois mois par année en dehors des vacances! Picmann, Code de l’Instruction publique, Paris, 1908.
Ce qui revient à dire que, dans la pratique, l’année scolaire obligatoire est réduite À sept mois. En vertu de la loi de 1905, à partir de l’âge de 11 ans, les enfants sont libérés de l'obligation scolaire, pourvu qu'ils sient obtenu le certificat d’études.” (Art. 6.)
En 1916-17, il y avait dans les écoles catholiques de la province :
Élèves inscrits d’après les rapports des secrétaires. .448, 212 Élèves inscrits d’après les rapports des inspecteurs 364, 187
Différence en plus . .......................... 84, 025
La proportion resterait vraisemblablement la même, si l’on comparait les statistiques de 1911-12.
En ajoutant à ce nombre les enfants protestants dont je n’ai pas fait le relevé, les infirmes, les malades et les enfants qui reçoivent l’instruction dans la fuxaille, on: , sans majoration, à 90,000.
Ces 90,000 retranchés des 113,776, il ne reste que 23,776 répartis sur les âges scolaires de 5 à 16 ans. Serait-il juste de ne pas tenir compte qu’un grand nombre d’enfants de 5, 6, 7 ans sont mieux à la maison, surtout dans la rude saison, qu’à l’école, et que plusieurs autres de 14 à 16 sont suffisamment avancés pour être dispensés de la classe? Rappelons que le recensement fédéral donne à la Province de Québec 106,772 enfants de 5 et 6 ans. Et ce n’est pas exagéré de dire qu'il y en a autant de 7 et 8 ans. Ce sont ces quatre âges, 5, 6, 7 et 8 ans, qui fournissent les 84,025 non inscrits au bulletin de l’Inspecteur et portés sur les rapports des secrétaires-trésoriers, comme ayant fréquenté l’école une partie de l’année. Ce qui laisse intact le pourcentage de la présence moyenne des enfants de 7 à 14 ans, évalué à 95% par les Inspecteurs d'écoles.
Dans une brochure sur la fréquentation scolaire que nous avons sous les yeux, il est dit que les enfants d’âge scolaire non recensés dans la Province de Québec atteignaient un nombre aussi considérable que l’armée de Wellington, à Waterloo. Après vérification consciencieuse, nous trouvons que le nombre d’enfants d’âge scolaire dans la Province de Québec qui ne fréquentent pas du tout les écoles, équivaut à peine à l’armée de Montcalm, à Carillon.