V. PROMOTION DES ÉLÈVES
Nous la voudrions, avec beaucoup d’autres, plus régulière, plus complète, mais c’est là une question d’ordre pédagogique que la coercition ne résoudra pas. M. le sénateur Dandurand, dans sa conférence, et M. l’abbé Dubois, dans la Presse, ont cité de mes chiffres à ce sujet. Seulement, ces messieurs ne les ont pas interprétés dans le sens qu’il faudrait leur donner.
Devant le congrès de la langue française comme devant les congrès de commissaires d' écoles, j'ai déploré une promotion tip lente ou irrégulière des élèves, mais je n ai jamais prétendu que ce point faible provenait de la non- entation scolaire chez les enfants de 7 à 14 ans. Ces élèves fréquentent assez régulièrement les écoles, les statistiques fournies par les inspecteurs le démontrent, mais ils atteignent en trop petit nombre la 4e, la 5e et la 6e année après avoir fréquenté la classe six, sept ou huit années durant.
Il y a là un problème d’ordre pédagogique, nous le répétons, que l’instruction obligatoire ne résoudra pas. Programme d’études, compétence des maîtres, encombrement des classes, changement trop fréquent des institutrices, absence d’écoles de garçous dirigées par des hommes, voilà autant de sujets pratiques dont l’étude, menée à bonne An, assurera une promotion normale des élèves et, par le fait même, une meilleure fréquentation scolaire.
Ce qui assurera une promotion régulière, c’est tout d’abord la simplification du programme d’études et la définition bien précise de l’école primaire, qui ne devrait pas dépasser la sixième année, ce qui équivaut au programme de l’école primaire en France et en Belgique. L’école primaire doit jeter les bases, donner à tous les connaissances indispensables, mais ne doit pas se spécialiser. Ce rôle doit être laissé à nos académies (7e et 8e années).
Et ajoutons à ces sujets pratiques: l’urgence d’un
d'augmenter les traitements des instituteurs et des institutrices
C'est à la solution de ces questions pratiques que les autorités scolaires emploient leurs efforts depuis plusieurs années. Et elles ont raison. L'école bien tenue, l’école agréable, l’école efficace et vraiment utile, voilà ce qui assure une bonne fréquentation scolaire. Si ces éléments manquent, aucune mesure coercitive ne réussira à remplir des écoles médiocres.
On en a fait l'expérience ailleurs, c’est la bonne école qui rend l' instruction obligatoire, sans qu’on soit obligé de menacer les parents de l’amende ou de la prison.
Les enfants qui n’atteignent pas la 4e ou la 5e année du programme d’études après six ou sept années de fréquentation scolaire, ne sont pas nécessairement hors de l’école : ils la fréquentent encore, mais ils ne sont pas assez avancés pour leur âge, voilà tout. A preuve, les chiffres suivants : en 1916-17, d’après les statistiques fournies par les inspecteurs d'écoles, il y avait 348,323 enfants de 7 à 14 ans (âge scolaire essentiel) dans la province ; sur ce nombre, 330,981 étaient inscrits aux écoles, soit 95 pour cent.
On dira, les statistiques scolaires de Québec ne sont pas complètes, elles valent peu ou point. Alors, j'y reviens, comment peut-on s’appuyer sur ces statistiques pour réclamer l'instruction obligatoire ? Comme les statistiques de tous les pays, les statistiques scolaires de Québec ne sont pas parfaites, nous en avons parlé précédemment, mais elles ne méritent pas d’être infirmées. Elles peuvent être incomplètes sur certains points et insuffisantes sur d’autres ; mais elles n’en constituent pas moins un document sérieux qui nous justifie d'affirmer que l’on ne saurait comparer, au
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