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XI. POUR LE PROGRÈS

Afin d'accélérer le mouvement de progrès que tous les observateurs impartiaux constatent dans la province de Québec depuis une quinzaine d’années surtout, concentrons nos efforts sur le perfectionnement professionnel des maftres, sur la mise au point et la simplification des pro-grammes, sur la détermination bien nette du but de l’école primaire, qui ne peut jouer le rôle d'université, sur l’orientation des écoles académiques vers l’enseignement spécial, sur la coordination des différents degrés de notre enseignement en créant le certificat d’études, qui constituerait un attrait puissant et pour les parents et pour les élèves, et favoriserait sérieusement, cette fois, la fréquentation scolaire chez les élèves de 12 à 16 ans.

Continuons la campagne de propagande en faveur de l'élévation des traitements des instituteurs et des institutrices, de l’hygiène à l’école et de la fréquentation scolaire.

issons les cadres des congrès de commissaires d’écoles, qui se sont succédé avec tant de succès depuis 1912, en y

SP invitant tous les contribuable: sous les pères et les mères de famille.

Aidés du clergé et de a presse, ent. ꝓrenons une vraie croisade, non pour faire perdre conf: uce au peuple dans notre loi d’instruction pubiique, loi qui, sans être parfaite, est en somme, une loi sage et admirablement coordonnée, mais pour lui apprendre à tirer profit de cette loi et des avantages que le Gouvernement lui offre au point de vue de l’enseignement primaire, agricole, technique et commercial

Ce sera là faire œuvre utile et pratique.

Nous désirons, comme tous les vrais patriotes, le progrès scolaire dans toutes les classes de la société. Notre vie entière a été consacrée à cette cause, et nous travaillerons jusqu’à notre dernier jour à cette œuvre nationale par excellence: l’éducation du peuple.

Pour accomplir cette tâche, deux méthodes s’offrent à nous: l’une qui fait appel à l'intelligence, au cœur et à la raison des parents ; l’autre qui procède par voie de menace et d’intimidation ; l’une qui aide, protège, favorise et encourage la famille dans l’accomplissement de sa tâche : l’autre, qui viole le sanctuaire de la famille et place entre les parents et les enfants, un agent étranger, qui décidera, au nom de l’État, entre le père et l’enfant.

La première méthode a produit d’heureux fruits dans la province de Québec, grâce au zèle des gouvernements et en particulier du distingué premier ministre actuel, sir Lomer Gouin, grâce aux efforts du département de l’Instruction publique et au précieux concours du clergé. Conservons-la, cette méthode, en redoublant d’ardeur: le champ pédagogique est vaste et réclame toutes les énergies.

Les statistiques, malgré leurs imperfections, imperfections qu’elles partagent avec celles d’autres pays, indiquent, 2 générale, le zèle des parents pour education des en-

ants. .

Au point de vue scolaire, la province de Québec ne saurait être comparée aux pays de l Amèrique du Sud et autres, nous l' avons démontré suffisamment, semble-t-il.

L’échec des lois d' obligation scolaire en France et dans Ontario a été également prouvé.

Il y a bien aussi l’mportante question de principe, à laquelle a touché M. le sénateur Dandurand en citant quelques lignes de l’admirable ouvrage de Mgr L.-A. Paquet. Nous renvoyons le lecteur sérieux à cet ouvrage, au quatrième volume du Droit public de l’Église ”, p. 257 et suivantes, (ed.). Néanmoins, il est bon de rappeler, et l’histoire contemporaine le proclame, que dans tous les pays où l’instruction obligatoire est imposée, le ministère d education a suivi à brève échéance, accompagné de l’école neutre. Je veux bien croire, et j; en suis sûr, que ni M. l’abbé Dubois, ni M Dandurand et autres partisans de l’instructions obligatoire, ne poursuivent ce but ; mais comme les mêmes causes produisent les mêmes effets, pourquoi tenter une expérience qui a coûté si cher aux catholiques de notre chère France ?

Reste la question de “ l'isolement ” de la province de Québec. Avec M. le juge Lafontaine, président de la commission scolaire catholique de Montréal, je crois “ que la province de Québec ne doit pas nécesssairement se laisser influencer par les mesuress mises en vigueur en d’autres pays, mais qu’elle doit se gouverner suivant ses propres besoins et ses aspirations.

La province de Québec a toujours respecté la liberté des minorités, chez elle, et n’a jamais abusé de la force avec les faibles. De quel droit oserait-on lui faire violence dans un domaine dont l’inviolabilité est garantie par la constitution fédérale ?

Nous servirons le vrai progrès en concentrant nos efforts sur “ l’école ” elle-même, en lui fournissant de bons maîtres et en couronnant ses efforts, par le certificat d’études, sanction efficace qui rattacherait les uns aux autres tous les différents dégrés de l’enseignement et assurerait une meilleure fréquentation scolaire, sans enfreindre la liberté sacrée du père de famille.

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