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ucb justes sur la plupart des questions essentielles.
mumiformes, des yeux avec un semblant de paupières. La paupière se détache, maintenant, de l'arcade soureilière sur l'orbite et nous rassure sur la position qu'elle pourra prendre dans l'état de sommeil. L'artiste s'aperçoit aussi que les commissures des lèvres et le vide imperceptible qui forme le point central de la bouche complètement close ne se trouvent pas invariablement sur une ligne horizontale; rien de plus varié que la forme et le mouvement des lèvres dans la ligure humaine : on ne s'en est jamais mieux avisé que sous le Moyen Empire et, à cet égard encore, nous retrouvons le même trait d'observation dans l'art d'El-Amarna. La beauté sans rivale des statues divines et officielles des règnes de Toutankhamon et d'Haremhab tient à un renouvellement des procédés de l'école par le rajeunissement de Fart opéré sous le règne du dernier 1 des Aménôthès.
Il ne me semble pas qu'on puisse s'étendre sur cette époque si originale sans rappeler les deux noms d'artistes auxquels un bon hasarda permis d'arriver jusqu'à nous. Ces noms de Baouk et cïAoufl ne sont pas, quand on y regarde de près, tout à fait vides de sens dans la question qui nous occupe 1 . Sans doute il nous est interdit, sous peine de tomber dans le pur roman, de rechercher la part d'action individuelle que chacun d'eux a pu exercer dans le mouvement réformiste, mais un détail bien significatif est que l'un et l'autre font partie du personnel attaché à la maison royale dès le règne précédent. Baouk, directeur des travaux dans la Montagne Rouge d'Assouan et chef des travaux de grande sculpture au temple d'Aton de la nouvelle capitale, avait hérité sa charge de directeur des carrières d'Assouan de son père Mon, qui était également chef des travaux de grande sculpture du roi sous Aménôthès III; il semble aussi se prévaloir de ce que sa grand'mère, la dame Roï, était d'Héliopolis. Aouti, qui porte l'unique, mais gros titre de por-
1. Pour Aouii v. L.I),, UT, 100 a; pour Baouk, Maspero, Hist. des peuples de l'Orient classique, L II, p. 3ao; G. Legrain dans Monuments pour servir à l'histoire du culte d'Atonon, p. /j3 (Mém. Inst. Arch. du Caire, t. VIII); A.. Baille t, Recueil 1901, p. i/jo.
MONUMENTS ET MÉMOIRES
Iraihste en chef de la très royale épouse Tii, met la dernière main à la confection d'une petite statue de la jeune princesse Bakitalon, la plus jeune fille d'Akhounatom C'est donc un artiste attitré de la maison de la royale grand'mère qui a encore la préférence pour l'exécution du portrait de la petite fille. Ainsi ces deux personnages sont suffisamment qualifiés pour qu'on ne leur dénie pas toute espèce de rôle dans la révolution artistique du règne. L'intéressant pour nous est simplement de constater qu'ils n'étaient pas des nouveaux venus : Akhounaton les avait trouvés dans sa maison. Nous y voyons une preuve de plus que les tendances qui se firent jour si manifestement grâce aux circonstances politiques et religieuses créées par Akhounaton existaient déjà en germe dans le milieu artistique qui s'était formé à la cour d'Aménothès III.
Malgré la multiplicité de ses images, nul roi d'Egypte n'est plus énigmatique qu Akhounaton : on en a fait un eunuque, puis une femme, mais ces deux hypothèses se sont heurtées à des preuves irrécusables tirées de sa vie et le mystère plane toujours sur son étrange personne. Une double question se pose encore a son sujet. Il est incontestable que le roi hérétique est représenté dans les basreliefs d'EI-Amarna vêtu (on pourrait presque dire dévêtu) en femme. Sa robe transparente, à l'inverse de la règle adoptée par les rois, couvre ou plutôt révèle sa complète nudité. Il est toujours imberbe, et comme fa observé Lefebure 1 , son entourage comprend, indépendamment d'un grand nombre de femmes sans rôle nettement marqué, une escorte de flabellifères-femmes. Il y a déjà là un ensemble de faits surprenants ; mais ce qui l'est davantage, c'est que le roi luimême se distingue de tous les hommes de son règne — singularité qui dépasse tout — par sa structure et ses formes féminines. Épaules arrondies, bras tournés en dehors 2 , cuisses développées d'une manière anormale et rattachées aux jambes sans aucune saillie du genou, pieds trop petits, il ne manque à ces caractères physiques