‹ A propos d'un cas d'Aboulie Réflexions cliniques et pathogéniquesChapitre 15 sur 15 · I. — L’aboulie n’est pas une maladie mais un syndrome · texte numérisé non relu

I. — L’aboulie n’est pas une maladie mais un syndrome

IT. — Ce syndrome est lié à un trouble de la représentation mentale, considérée soit pendant son apparition progressive dans la conscience, soit dans l'exercice de son pouvoir moteur qui, soumis à des conditions multiples, est susceptible d’entraves successives.

Dans l'observation que nous rapportons, c’est à l'obsession qu'il faut attribuer le principal rôle dans le mécanisme de l’aboulie.

Dans certains cas, c’est en empêchant l'intensité et l'éclat de l’image motrice que l’obsession primitive soutirant à son profit toute l’activité psychique produit l’aboulie.

Dans d’autres, l'image motrice apparaît bien dans la conscience avec une intensité suffisante, mais l’obsession, aussitôt, avant toute ébauche de mouvement, joue vis-à-vis d'elles un rôle d’inhibition.

Lorsqu’au contraire, le mouvement a déjà commencé de s’exécuter ; en pleine exécution de l'acte volontaire, l’obsession peut encore jouer un véritable rôle de frein. à

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Dans tous les cas, c’est l’automatisme de la volition qui est troublé à un moment quelconque de son évolution.

Ce sont là autant de mécanismes qui correspondent à autant de variétés d’aboulie, dont nous avons rapporté des exemples dans l’histoire clinique que nous résumons.

IT. — Dans le cas clinique que nous décrivons, il y a des symplômes négatifs, c'est l'intégrité de la faculté de perception, de la mémoire, du raisonnement et de la conscience.

Les symptômes positifs se résument à des troubles de l’attention et de l'association des idées.

L obsession est le symptôme dominant.

Cette obsession n’a pas dans son objet l’exclusivisme habituel, elle n’est pas limitée à un petit nombre d'idées fixes, toujours les mêmes « jaillissant comme dit Ribot, brusquement du fond de l’inconscient ».

Tout ce qui a une « forme » est pour notre malade point de départ de l'obsession qui apparaît ici bien plus comme une fendance de l'esprit que comme une préoccupation morbide.

B. — L'obsession et l’aboulie peuvent produire, dans certains cas, une véritable attitude extalique, dont le diagnostic est à faire avec l’extase de l’hystérique, du mélancolique intermittent et de certains vésaniques.

C. — L’obsession provoque des réactions de défense, dont la répétition peut déterminer la for-

mation de véritables tics dont on pourrait être ultérieurement amené à discuter l’étiologie.

D. — L'évolution d’un cas d’aboulie, peut être une évolution par crises successives, il n’y a pas là une véritable intermitlence, chacune des crises est expliquée par des conditions physiques et morales dont elle a été précédée. É

IV. — Au point de vue du pronostic l'aboulie est un symptôme grave parce que c’est un trouble de l’économie psychique.

V. — Nous n'avons pas de base anatomo-pathologique qui nous permette d’établir nettement la pathogénie de l’aboulie, ce qui fait que nous sommes réduits à des hypothèses. -

VI. — Le traitement rationnel est l'isolement, une médication reconstiluante sous toutes ses formes, et la psychothérapie.

Vu : le Président de la thèse

GILBERT BALLET Vu : le Doyen, LANDOUZY Vu et permis d'imprimer Le Vice-Recteur de l’Académie de Paris :

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