‹ A Propos D'Un Cas D'Autogreffe Ovarienne HumaineChapitre 7 sur 19 · ASS RE · texte numérisé non relu

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ses forces diminuer, pendant que s’installe une rachialgte tenace. Jayle a insisté aussi sur l'importance d'une amnésie spéciale se caractérisant par des absences subites, mais la mémoire du passé restant intacte. Sur 41 casrations ovariennes, cet auteur l’a constatée trente-deux fois, et treize fois sur 13 castralions utéro-ovariennes.

IL. TROUBLES DE LA NUTRITION. — Ils se caractérisent par une obésilé très fréquente, que tous les chirurgiens ont bien notée, et qui fail assez rarement défaut.

111. TROUBLES SENSORIELS. — Rarement on a noté l'affaiblissement de la vision et des bourdonnements d'oreille.

IV. PHÉNOMÈNES CONGESTIFS ET HÉMORRAGIQUES. -— Après la castration ovarienne, un des phénomènes les plus frappants en même temps que des plus constants, c'est l'apparition périodique de bouffées de chaleur, rappelant celles que l'on observe dans la ménopause naturelle, mais

avec des caractères encore plus marqués.

On a pu signaler aussi quelques cas d’épistaxis, d’hémoplysies (cas de Dupuytren). voire de purpura, mais ces faits sont {rop rares pour que nous y insistions plus lon-

guement.

V. ETAT GÉNÉSIQUE. — En premier lieu, 1lnous faut citer l'absence des règles. On l'a constaté dans la majorité des cas; pourtant on a observé aussi parfois leur persistance, ‘même longtemps après la castration, mais nous reviendrons plus loin sur ce point-là. :

Scanzoni et Churchill ont insisté sur la perte des attributs de leur sexe chez les femmes privées de leurs ovaires. La femme verrait ses seins s’affaisser et s’atrophier, ses désirs vénériens s’évanouir, la voix devenir plus grave et

plus dure.

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Cripps cite le cas d’une jeune femme de 18 ans qui portait un utérus. pelit et pas d'ovaire et qui n'eut ni règles, ni apparition d'aucun des signes de la puberté. Dans le cas de Lauth où l'utérus était réduit au col avee des ovaires rudimentaires, la femme semblait privée des principaux attributs morphologiques de son sexe Enfin, rapportons les cas suivants cités par Merletti : « Bishoff et Wenderler rapportent qu'un certain docteur, Roberts ; voyageant de Delhi à Bombay, eut l’occasion d'observer des femmes hindoues, âgées d'environ vingt-cinq ans, castrées pendant l'enfance, elles élaient grandes, très musclées, robustes, sans mamelles ni mamelons, ni poils au pubis, avec la vulve complètement (?) close, les branches ischio-pubiennes si rapprochées qu'elles se touchaient presque, sans dépôt de graisse sur les parties génitales ni aux fesses, sans signe de flux menstruel, ni aucun attribut féminin ».

Mais doit-on accorder à cette observation une grande valeur ? Elle manque, semble-t- il, de rigueur scientifique et paraîl être plutôt un récit de voyage qu'un cas médical noté avec soin.

La question de la perte chez les castrées des attributs féminins a été bien controversée, .et Johnstone, ayant fait une castration double chez une enfant de onze ans, put ka revoir, quelques années plus tard, parfaitement constituée, de voix fort agréable, les seins, les organes génitaux et le système pileux étant normaux.

D'ailleurs, on a beaucoup exagéré, à notre avis, d’une manière générale, les troubles de la ménopause artilicielle.

Certes, il est cas où ils ne sont que trop réels, et peuvent bénéficier de la greffe, mais ils se bornent sou-

; — 17 — vent à des symptômes passagers qui disparaissent au bout de quelque temps.

La majorité des auteurs avec Bazy, -Legueu, Tédenat, etc., considère comme insignifiants les troubles de la ménopause post-opératoire, ce qui est bien indiqué dans la thèse de Battesti (Montpellier, 1908).

Cependant, dans les cas où la greffe ovarienne est indiquée, quels sont les moyens actuellement à la disposition du chirurgien pour la pratiquer ?

Aie

CHIRORGIE DE LAYGREFFE

"Le chirurgien étant amené à pratiquer une greffe ovarienne se trouve devant trois alternatives : ; 1° Les ovaires existent mais sont atrophiés, physiologiquemen£ inexistants.

2’ Les ovaires doivent être extirpés parce qu'ils sont malades totalement ou en parle. | 3° Les ovaires n'existent pas, ayant été enlevés par une opération antérieure ou par absence congénitale. 1° Dans le premier cas, on est obligé de pratiquer l'« hétérogreffe », puisque les ovaires existants sont incapables de suffire à leur tâche, c'est-à-dire que l'on emprunte à une autre femme ‘un ovaire où un fragment d'ovaire reconnu sain que lon transplante chez la première malade. C'est dire que cette sorte de greffe est difficilement réalisable, car il est bien évident que l’on n'a que rarement sous la main des ovaires sains à enlever. Pourtant, dans les observalions de Morris que nous publions plus loin, ces condilions ont pu être réalisées et l’on voit les bons résultats oblenus, puisque, dans un cas, la femme n'avait jamais été réglée de sa vie et Le fut huit semaines après l’opéralion, la menstruation persistant encore à peu près régulière quatre ans après ; dans l'autre,

lo

les résultats sont bien plus frappants, la greffée ayant accouché, quatre ans après, d’une fille de sept livres el demie ! | |

Mais l'hétérogreffe n’a presque été pratiquée qu'à l'étranger, les chirurgiens français préférant l'autogreffe.

On pourraitaussi peut-être pratiquer l'hétérogreffe animale, mais jusqu'à maintenant nous ne pensons pas que cela ait Jamais été tenté.

2" Quand les ovaires sont malades, mais qu'il existe encore une portion suffisante de Lissu sain, on peut alors faire une autogreffe partielle en transplantant le morceau sain enlevé à l'ovaire malade. T. Morris a greffé un petit fragment d'ovaire, enlevé à une malade, dans l'intérieur du pavillon d'une des Irompes laissée en place. « Suites opératoires normales. Un mois après sa sortie de lhôpital, cette femme devient enceinte, mais elle fait une fausse couche de trois mois. L'opération date de 1895. En 1900, la malade est revue en pleine santé el parfaitement réglée. »

Frank a aussi publié des faits cliniques à peu près semblables.

D'autres fois, on peut transplanter un ou deux ovaires qui, quoique malades, semblent pourtant avoir encore assez de vitalité pour remplir leurs fonctions une fois grelfés. C'est là l'aulogreffe complète proprement dite. C'est celle qu'a pratiquée le plus fréquemment M. le professeur de Rouville, en particulier dans celle de l'observation première que nous publions. Les deux ovaires étaient petits et sclérokystiques, mais comme les autres organes étaient sains el que les ovaires mêmes paraissaient peu atteints, il était tout indiqué dans ce cas de pratiquer l’autogreffe des deux ovaires.

3° On ne connait guère que le cas de Glass (1899) dans equel, les ovaires ayant été enlevés au préalable, on est

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