‹ A Propos D'Un Cas D'Autogreffe Ovarienne HumaineChapitre 8 sur 19 · RU PE · texte numérisé non relu

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intervenu pour une greffe. Pourtant, le cas pouvait se présenter, et là c'est à l'hétérogreffe que l’on aurait nécessarrement recours.

Quaut à la greffe tentée pour absence congénitale d'un ou deux ovaires, il n'y a eu aucun cas à notre connaissance, pour la raison fort simpleque cette anomalie est bien rare. Morgagni, Murat, Pears, Cripps ont bien rapporté des exemples d'absence de deux ovaires, et Rheinstaedter a Cru pouvoir constater l'absence des ovaires à l’explora- Uion d'une jeune fille de vingt-deux ans, soumise au chloroforme. Il l'avait attribuée à l'arrêt de développement des cordons de Müller. Mais tous ces faits paraissent bien sujets à caution, et de Sénéty n'hésite pas à les révoquer en doute.

Moins rare peut-être est l'absence d'un seul ovaire. Vidal de Cassis a présenté, en 1830, à la Société anatomique, un cas dans lequel l'ovaire et la trompe du côté gauche faisaient défaut, Chaussier en rapporte un autre cas et Tudichum résume 21 de ces observations dans un

mémoire sur les maladies de l'ovaire.

Technique de la greffe humaine. — Nous laisserons de côlé les techniques parfois spéciales qui ont été employées pour les greffes expérimentales, ne voulant nous occuper ici que de la technique des greffes humaines.

Elle est fort variable et chaque chirurgien à eu ses préférences el son manuel opéraloire particulier. Pourant, on peut classer les moyens employés en deux catégories :

1° La greffe intra-péritonéale ;

2 La greffe extra-périlonéale.

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Greffe intra-péritonéale. — On peut distinguer :

a) La greffe péritonéale, péri-utérine, pratiquée par voie abdominale par Morris, quia, dans son premier cas, fixé, sur le péritoine recouvrant le fond de l'utérus, un fragment d’ovaire provenant d'une autre malade. Mais il abandonna cette technique pour adopter les suivantes :

b) La greffe intra-organique. On peut la pratiquer dans l’intérieur du pavillon d’une des trompes. Morris put ainsi obtenir une grossesse, mais avec avortement à trois mois d'un fœtus normal. Frank recommande cette méthode et la pratiqua trois fois.

Ou bien, dans la paroide l'utérus à la façon de Dudley. Ce chirurgien, après laparatomie et castration salpingienne, laisse en place l'ovaire droit. Puis il imeise le fond de l'utérus de façon à ouvrir sa cavité, Il excise alors une petite portion de la surface interne du fond pratiquant ainsi une place pour l'ovaire. Celui-ci est séparé de ses connexions, lavé à l'eau salée, fixé par des sutures à la soie dans l'utérus. Le fond de celui ei est ensuite refermé par une double rangée de sutures à la soie, superficielles et profondes. Cul-de-sac postérieur drainé à la gaze.

La guérison est normale, les règles reparaissent trois semaines après l'opération. L'ovaire greffé n’est pas éliminé (1).

Tous ces procédés emploient la voie abdominale.

J.-IT. Glass, dans une greffe intra -pelvienne, a employé la voie vaginale (1899). Il enleva sur une femme un ovaire sain qu'il plaça dans de la gaze imbibée de solution saline normale chaude.

«Pour l'implantation, on incisa le vagin et le tissu

(1) Voir article du Post-Graduate, avril 1900, p. 547.

connectif en dessous du col, en le dégarnissant avec le doigt jusqu’au péritoine, rompant avec précaulion ses adhérences jusqu'au voisinage de la posilion normale de l'ovaire. Tout suintement fut arrêté par des compresses chaudes trempées d'une solution saline et l'ovaire amputé fut fixé en fermant le canal par lequel il avait été introduit, au moyen de deux sutures de catgut. Le vagin fut tamponné à la gaze. » (James H. Glass. Expérience de transplantation d’ovaire entier sur la femme. 93° Congrès annuel de la Société de l'Etat de New-York. Med. News. :N.-York, 1899, 29 avril, p. 524.)

La guérison se produisit sans incidents, et six Jours après l'opération, la malade avoua avoir eu un éréthisme sexuel et des rêves éroliques. Les règles apparurent seize jours après la transplantation

Greffes exlra-périlonéales. — Les greffes précédentes élaient faites, en somme, pour procurer à l'ovaire une nutrition meilleure et faire une restauration anatomique plus complète. Celles que nous allons maintenant étudier sont intra-pariélales et présentent l'avantage énorme de pouvoir être facilement surveillées. le chirurgien pouvant toujours pratiquer une intervention facile, rapide et bénigne au moindre signe de suppuration ou de troubles généraux. Celte méthode est seule rationnelle dans les cas où l’on n'est pas sûr de l'intégrité absolue de l'ovaire, c’est celle que pratique Tuflier, c'est celle qu’a employée M. le professeur de Rouville dans les neuf cas où il a praliqué la greffe ovarienne.

Par ce moyen on ne peut naturellement pas rendre à la femme l'aptitude à des grossesses ultérieures, mais on pare ainsi aux troubles de la ménopause post-opératoire, ce qui est, en somme, le but que l'on poursuit surtout,

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. Le manuel opératoire en a été bien réglé par Tuffier, et nous ne pouvons mieux faire que de le citer :

« Lorsque j'ai examiné la lésion pour laquelle j opère, ditil, et que j'ai reconnu l'état anatomique de l'ovaire que je veux conserver, j'en pratique de suite l'ablation. Autrefois, je le plaçais dans une solution de liquide stérile de Locke ; puis, l'ablation de l'utérus et des annexes terminée, je greffais chez celle même femme l'ovaire entre les deux feuillets de son ligament large où à la surface même du péritoine sur les parties latérales du moi-

gnon utérin. J'avais soin de faire deux lignes de suture

au catgut très fin: Fune, unissant la surface cruentée antérieure du ligament large, l'autre l'unissant à la surface postérieure du mème ligament, de sorte que tout le hile sectionné se trouvait en contact avec le ligament large. À partir de 1907, au lieu de placer cet ovaire dans le liquide de Locke, je décollais d'un coup de doigt le tissu sous-culané de l’aponévrose du grand oblique et, ayant ainsi créé un tunnel, je plaçais au fond l'ovaire qui me paraissait ainsi dans des conditions biologiques parfaites, puiqu'il était ainsi maintenu à la température du corps et baigné dans la lymphe. Dans une opération pratiquée en mars 1907, j'avais placé ainsi les deux ovaires, un de chaque côté, et, à la fin de l'opération, j'avais implanté l'ovaire droit sur la partie. latérale du moignon, laissant Fautre, si Je peux m'exprimer ainsi, en portefeuille, entre le tissu cellulaire sous-cutané et l’aponévrose du grand oblique. Il n’y eut aucun accident ; l'ovaire placé au dessous du tissu sous-cutané se greffa parfaitement ; quand la femme sortit, il avait son volume et sa consistance habituels. Je persistai dans celte voie opératoire (greffe. pariélale) pour plusieurs raisons ; le procédé était très simple ; l'ovaire se greffait là aussi bien

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que dans l’abdomen. et j'avais, en outre, ce grand avantage de pouvoir enlever la glande en cas de besoin. sous anesthésie locale, ce qui n'est arrivé, d’ailleurs, que deux fois, l'ovaire étant primitivement septique »

Ainsi donc, voilà bien la méthode qui paraît être celle de choix, si l’on ne considère que la sécrétion interne dé l'ovaire. On obtient ainsi des greffons parfaitement vivants comme le prouve notre observation présentant des adhérences vasculaires avec le tissu cellulaire voisin.

La méthode d'anastomoses vasculaires à la facon de Mauclaire paraît tout à fait superflue.

OBSÉRVATION PREMIÈRE

(Due à l’obligeance de M. le professeur de Rouville)

Ovarite sclérokystique double très dou'oureuse. — Greffe des deux ovaires

Mme B...,23 ans, très nerveuse, a présenté à diverses reprises des crises hystériformes. Elle a un enfant de cinq ans; sa santé a été excellente jusqu'à il y a deux ans ; elle eut alors une forte émotion provoquée par une chute grave que fit sa fillette ; à partir de cette date, elle devint très impressionnable, présenta les crises nerveuses signalées plus haut et se plaignit de douleurs dans le basventre. Ces douleurs étaient intermittentes et provoquées surtout par l'approche des règles et le coït. Mme B... est très normalement réglée ; elle perd peu {deux ou trois jours), sans douleur.

Examen. — On ne note, au toucher combiné au palper, rien d'anormal en dehors d’une sensibilité exquise des deux ovaires, d'ailleurs pelits et très mobiles : à la pression sur ces organes, on provoque des cris, des mouvements de défense, mais pas de crises hystériques.

Intervention. - Le 14 décembre 1911, je pratique la laparatômie ; aucune adhérence inflammatoire pelvienne; tous les organes sont d'apparence saine ; Je me contente de transplanter les deux ovaires pelits et sclérokystiques, sous la peau de chacune des lèvres de l'incision abdominale. Fermeture du ventre à trois plans, sans drainage.

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Suites opératoires parfaites La malade quitte la clinique en excellent état le ler janvier 1912.

Je la revois le 15 janvier 1912 {un mois après l'intervention). Elle est en ce moment très bien portante et ne souffre plus du ventre; aucun trouble nerveux ; bon appétit; pas de constipation (elle n'allait du corps, avant l’opération, que tous les dix jours); Mme B. . se déclare enchantée: elle n’a pas encore repris les rapports sexuels. À Ja palpalion, les ovaires greffés n'ont subi aucune modification.

Je la revois le 4 avril 1912 ; elle me dit que, deux mois après l'opération février 1912). elle à eu ses règles (?) fortes pendant une huüilaine de jours, se prolongeant ensuite, mais très modérées, jusqu'à la fin du mois; mais ses règles ne sont accompagnées d'aucune douleur du ventre; elle n'a plus eu de crises nerveuses : appétit, sommeil excellents ; plus de constipation ; pas de coït; en somme, elle est ravie de son état et ne serait pas revenue me voir, si elle né ressentait, depuis quelques jours, de légers élancements au niveau des greffes -Gelles-ei, explorées, ne sont pas douloureuses et ont conservé le même aspecl.

Je la revois le 24 mai 1912. Elle n'a plus été réglée depuis février ; le coït s'accomplit à son entière satisfaction, toujours quelques élancements au niveau des greffes; Je trouve l'ovaire droit triplé de volume, l'ovaire gauche doublé, lun et l'autre un peu sensibles à la pression. J'avertis Me B.. qu'elle pourrait bien, sous peu, voir revenir ses règles.

Le 4 juin 1912, les règles apparaissent, durent trois jours, modérées et indolores.

Je la revois le 13 juillet 1912. Elle a eu, depuis le 4 juin, quelques crises nerveuses, mais bien plus légères

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que les crises antérieures ; elle se plaint d’un écoulement sanguin qui dure depuis un mois environ, ayant débuté. par conséquent, six jours aprèsles règles de juin, et qui varie d'intensité d'un jour à Fautre. Les deux greffons sont gros et douloureux, le droit surtout. Les crises nerveuses ont disparu ; aucune douleur dans le ventre. Etat général excellent.

Je la revois le 5 janvier 1913. Elle vient d’avoir une perte rouge d'une darée d'un mois el demi, plus ou moins abondante suivant les jours Elle accuse une douleur an niveau du greffon gauche qui est triplé de volume, tandis que le greffon droit est maintenant diminué de volume et indolore. |

Je la revois le £0 avril 1913. Elle est tout à fait salisfaite de sa santé. En février, mars et avril, elle a été réglée régulièrement, pendant deux à lrois jours, sans douleur; avant chaque période menstruelle, les ovaires greffés augmentaient de volume et devenaient douloureux; mais la douleur était très supportable el durail peu. À cette date, l'ovaire gauche est gros el un peu sensible à la pression ; l'ovaire droit est plus volumineux que lors du dernier examen, mais son volume reste inférieur à celui de l'ovaire gauche : il est également lègèrement sensible à la pression.

Je Ha revois le 6 juin 1913. MB... est fort inquiète : depuis les règles d'avril, elle a perdu en rouge à trois reprises, abondamment, I y a huit jours, elle a eu une crise nerveuse plus intense que les précédentes : elle se plaint, en outre, de céphalée, de bouffées de chaleur au visage, de vertiges. L'état général reste bon. A cette date, le greffon droil est plus volumineux el moins sensible que le gauche.

Le 15 juin 1913 (neuf jours après mon dernier examen

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