‹ A Propos D'Un Cas D'Épiploïte Herniaire SuppuréeChapitre 5 sur 15 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Le contenu d’une tumeur herniaire est, ainsi qu'on le sait, le plus souvent constitué par l'intestin grêle et l’épiploon. Ces deux éléments peuvent sortir simultanément, ou chacun d'eux respectivement peut s'échapper de la cavité abdominale au niveau d’un des points faibles de la paroi et venir former une hernie sous la peau et à l'extérieur.

Le grand épiploon, qui s’élend comme un tablier au devant des viscères abdominaux de l’étage sous-mésocolique et flotte librement dans la cavité abdominale, offre, de par ce dernier caractère même, une tendance remarquable à s’insinuer dans les orifices herniaires, et on le rencontre dans la hernie à des états différents, « depuis la frange maigre et souple que l’on trouve chez les jeunes sujets jusqu’à la masse graisseuse des obèses ».

L'épiplocèle constituée peut rester saine el mobile, mais souvent aussi devenir irréductible, se charger de graisse, subir un processus d'inflammalion chronique

— 10 — | aboutissant à la formation de masses dures, fibreuses, bosselées de dépôts plastiques, ou encore être le siège d'une inflammation aiguë dont le stade ultime pourra être la formation d’un abcès. |

Les épiploites herniaires comprennent celles où l'inflammation intéresse exclusivement la portion de l'organe contenue dans un sac de hernie. Ce sont les mieux connues.

Dès le XVIII siècle, Franco, Garangeot, Éedran, Heégselbach et J.-L. Petit signalèrent les premiers les adhérences épiploïques dans les hernies. Plus tard, en 1836, dans sa « Leçon sur l'épiploïte phlegmoneuse herniaire », Goirand (d'Aix) traita ce point de pathologie de l’épiploon ; puis on trouve en 1841 deux mémoires de Malgaigne « Sur les étranglements et pseudo-étranglements », où il décrit les inflammations de l'épiploon dans le sac, et en 1865 des lecons de Gosselin « Sur les hernies abdominales », où les accidents de l'épiploïite herniaire aiguë ou chronique sont. décrits d’une façon magistrale.

Enfin, depuis cette époque jusqu'à nos jours, de nombreux travaux sont venus contribuer à la mise au point de cette question et nous citerons : en 1875 une leçon de Desprès, en 1879 un mémoire de Faucon, en 1883 la thèse de Barette, les travaux de Broca, de Segond, de Duret et de Bouilly, en 1887 la thèse de Boiffin, en 1889 celle de Maré, en 1905 celle de Leroy, etc...,.et'tout récemment en 1920 Aimes, dans sa « Chirurgie du grand épiploon », a traité de ce sujet.

Dans ce modeste travail qui fait l’objet de notre thèse inaugurale, point n'a été notre intention de reprendre le sujet des épiploïtes herniaires, nous avons voulu simplement, sur les conseils de M. le professeur agrégé

— — Riche, exposer quelques considérations qui nous ont paru intéressantes, concernant un cas d’épiploïte herniaire suppurée, opérée par lui-même.

Nous rapportons tout d’abord l'observation inédite qu'il a bien voulu nous communiquer et qui est la base de notre essai de clinique ; à la suite de celle-ci nous exposons l’étiologie et 1à pathogénie, nous faisons l'étude anatomo-pathologique : les paragraphes suivants sont consacrés à une description clinique, au diagnostic et au pronostic; enfin le traitement fait l'objet de quelques lignes et nous cherchons à dégager les conclusions que nous pensons découler de cette petite étude médicale,

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