‹ A Propos D'Un Cas D'Épiploïte Herniaire SuppuréeChapitre 6 sur 15 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

(Inédite,— Due à l'obligeance de M. le professeur agrégé Riche)

T... François, 70 ans, cultivateur, entre le 22 avril 1922 à l'Hôpital Suburbain, salle Delpech, service de M. le professeur Forgue, pour une tumeur de la région inguinale droite.

Ce malade s’est aperçu au début du mois de février de la présence d’une petite tuméfaction siégeant dans la région inguinale droite et qui n'a jamais été douloureuse.

Dès le début, du volume réduit d’une petite noix, la tuméfaction avait une forme oblongue à grande dimension dans le sers du cordon. Elle était de consistance très dure, roulant sous le doigt.

Depuis, elle a augmenté peu à peu jusqu'à son état actuel, avec, des variations de volume d’un jour à l'autre

Au cours d'une grippe, il ÿ a trois semaines, augmentation marquée de volume, la tuméfaction descend dans les bourses.

Antécédents personnels. — Cet homme affirme n'avoir jamais été malade. L'examen des appareils ne révèle rien.

Il prétend n'avoir jamais présenté de hernie antérieurement, mais malgré ses 70 ans cet homme est de consütution très forte, obèse même, et l'hypothèse d’une hernie méconnue est très vräisemblable.

Antécédents héréditaires ou collatéraux. — Rien à signaler.

Examen. — Tumeur inguino-scrotale droite, de forme

oblongue, à grand axe suivant la direction du cordon, de 15 centimètres de longueur environ, du volume du poignet, de consistance très dure, indépendante du testicule qui est libre au-dessous d’elle et qu’elle affleure par son extrémité inférieure, s’arrêtant par son extrémité supérieure à l’orifice inguinal qu'elle ne paraît pas pénétrer. Cependant le pôle supérieur de cette tumeur semble être prolongé par un pédicule qui correspond peut-être au cordon.

L'ensemble est très mobile.

Pas de ganglions. |

Opération le 25 avril 1922.4M. le professeur agrégé Riche).

Incision de hernie inguinale, allongée en haut jusqu'à deux travers de doigt au-dessus de l'horizontale, passant par l’épine iliaque antéro-supérieure. Ineision de l’aponévrose du grand oblique. On est frappé, au cours de l’incision des plans superficiels, par l'énorme vascularisation de la paroi. L'aponévrose du grand oblique sectionnée, on tombe sur une masse occupant le canal inguinal, intimement liée avec les éléments du cordon qu'on perçoit difficilement mais qui paraissent pourtant cheminer à sa surface. Cependant, sur certains points, l'aspect. lisse. et poli de-la surface donne bien celui d'un sac, L'ensemble est enfoui dans une zone inflam-

/ ARS matoire qui rend tous ces éléments adhérents entre eux et aux parois du canal.

La dissection est très difficilement menée ; on se rend compte, malgré tout, que cette tumeur paraît pédiculée à son pôle supérieur et que son pédicule semble sortir de l’orifice inguinal profond.

Dès lors, M. le professeur Riche pense à une épiplocèle enflammée.

L'ensemble est libéré, dégagé avec peine des éléments du cordon. Le sac est ouvert par endroits, mais il est adhérent sur presque toute la surface de la tumeur, et isolé partiellement. Le pédicule est lié solidement (points de Lawson-Tait). Les plans sont reconstitués.

Suites opératoires très simples. Le malade sort guéri au 20° jour. |

Macroscopiquement, l’ensemble a bien l'apparence d’une épiplocèle enflammée, avec parties très dures et parties moins consistantes.

Sur une coupe longitudinale on trouve, au centre de cette tumeur, un foyer caséeux à parois indurées, à centre fongueux, paraissant correspondre à un tuberculome.

Examèên histologique (Laboratoire d'anatomie pathologique). — Le fragment de tumeur prélevé est coupé depuis la cavité centrale jusqu’à la superticie.

Il peut être divisé en trois zones d'aspect différent :

1° Une première zone interne limitant la cavité. Elle est formée par des tissus en transformation purulente, très infiltrés de leucocytes et de globules de pus, sans aucune disposition rappelant un tissu normal.

2° Au-dessous, une zone de tissu conjonctif lâche caractérisée par son infiltration hémorragique, la présence de polynucléaires très nombreux et la dilatation très grande des vaisseaux — sans phénomènes d’endo

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