INTRODUCTION
Au cours d’une opération d'urgence pratiquée à l’hôpital Saint-André, nous avons eu la bonne fortune d’être le témoin d’une constatation opératoire dont l’intérêt, outre sa rareté assez grande, résidait dans son exceptionnelle netteté et le caractère des lésions saisies au début même de leur évolution. Il s’agissait d’un malade envoyé à l’hôpital pour hernie inguinale droite étranglée, et son observation détaillée vient en tête des documents cliniques qui terminent notre travail.
La présence de l’appendice iléo-cæcal dans un sac herniaire, surtout si la hernie siège du côté droit, est un fait fréquemment constaté au cours des interventions de plus en plus nombreuses pour cure radicale de hernies ou kélotomies d'urgence.
Nous essaierons dans un premier chapitre de mettre brièvement en lumière les raisons d’ordre surtout anatomique qui permettent d'expliquer cette fréquence : les données
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embryologiques et les études récentes sur l’accollement des mésos jettent un jour nouveau sur cette question. Après un court aperçu clinique de cette appendicocèle qui en dehors des complications qu’elle peut présenter ne se distingue guère des hernies banales, nous étudierons ces complications elles-mêmes, dont l’exposé qui a été fait maintes fois, se trouve souvent obscurci par des questions de doctrine : les uns penchant pour l’étranglement primitif, les autres pour lappendicite initiale, facteur d’étranglement secondaire.
Ces discussions qui à plusieurs reprises ont passionné la Société de chirurgie n’ont pas un grand intérêt pratique et semblent d’ailleurs devoir aboutir à l’adoption d’une théorie mitigée. À côté des appendicites herniaires, nous tâcherons de mettre en relief la possibilité d’étranglement de l’appendice en insistant surtout sur une forme particulière que les auteurs qui ont antérieurement traité la question, mettaient volontairement de côté.
Ils n’envisageaient en effet que les lésions de l’appendice seul organe hernié, ce qui est rare; nous nous occuperons spécialement des lésions de l’appendice étranglé en milieu herniaire, lésions évidemment secondaires, lorsque l’étranglement évolue au niveau du tractus intestinal jusqu’à ses ultimes phases, mais qui peuvent prendre une individualité des plus intéressantes quand l’anse intestinale réduite spontanément ou opératoirement a réalisé avant sa réduction des troubles de compression marqués au niveau du diverticule appendiculaire. Notre observation nous autorise à envisager la question sous ce jour un peu spécial. Nous serons ainsi amenés à traiter des rapports tout au moins très plausibles entre la hernie, surtout la hernie inguinale droite et l’appendicite, ce qui nous conduira à quelques conclusions de thérapeutique chirurgicale.
Nous grouperons enfin dans des observations choisies les cas les plus nets d’étranglement appendiculaire primitif, l’appendice étant étranglé isolément ou participant à l’étranglement d’autres viscères herniés.