‹ A Propos D'Un Cas De Coxa Vara Examen Clinique Et Essai De PathogénieChapitre 6 sur 8 · COMMENTAIRES · texte numérisé non relu

COMMENTAIRES

Il n’est donc pas douteux que nous ayons affaire à une coxa vara. Mais quelle en est la nature et comment doit-on en interpréter la pathogénie ?

-En labsence de tout traumatisme antérieur pouvant faire penser à une de ces fractures latentes, méconnues, qui parfois sont dues à un trauma peu considérable et qui permettent la continuation de la marche tant que l’aggravation secondaire ne s’est point dessinée, nous croyons pouvoir éliminer ici, en toute précision, l’hypothèse d’une coxa vara traumatique.

S'agit-il d’une coxa vara essentielle ?

Mais alors l'obscurité persiste sur la nature intime du processus.

Parler de rachitisme tardif, comme font les Allemands, ou d’ostéomalacie juvénile, suivant l'expression de Koch, c’est seulement reconnaître que, dans ces cas, intervient un ramollissement osseux qui permet l’inflexion cervicale progressive ; mais ce n’est en aucune façon en définir la cause et la nature.

Nous ne ferons que citer pour mémoire les théories

infectieuses de Frælich et Ricardo-Lozano inculpant le

staphylocoque, ou celle de Stieda sur la coexistence de végétations adénoïdes. (Nous n'avons pu trouver nulle trace de ganglions chez notre malade.)

Nous nous rallierons donc entièrement à l'opinion de notre maître M. le professeur Forgue et nous ne pouvons mieux faire que reproduire ses conclusions :

« Pour nous, écrit:il, il s’agit en pareil cas d'une véritable ostéomalacie tuberculeuse. Ce sont des cas où la localisation bacillaire se fait de façon prépondérante sur le col et surtout sur la base du col, dans la région cervico-trochantérienne.

» Dans ces formes, la tuberculose ne créerait pas de foyers caséeux, aboutissant à des lésions cavitaires circonscrites ; il s'agirait plutôt d’infiltrations diffuses où domineraient les lésions d’ostéoporose, de ramollissement ou plus exactement de densité osseuse amoindrie, peut-être de décalcification localisée intensive, toutes conditions qui permettraient, chez un sujet exposé à de grandes fatigues, une inflexion progressive du col et une fermeture croissante de l’angle cervico-diaphysaire.»

Dans notre cas, et probablement sous l'influence combinée de la rotation externe, ce tassement du col qui est arrivé à réduire sa longueur de près d’un centimètre (ce qui est considérable) serait surtout accentué en arrière ; de cette pénétration intra-osseuse, plus marquée à la face postérieure, résulle l'incurvation du col à concavité postérieure et, parallèlement, la tendance à la saillie angulaire antérieure.

[ n’est pas contestable, et Broca l'indique aussi avec grande netteté, que, d’une part, tous les chirurgiens d'enfants ont pu observer des coxalgies avec troubles fonctionnels réduits au minimum et où cependant la

- radiographie révélait de très fortes lésions osseuses ;

que, d'autre part, à l’époque où la résection sévissait dans le traitement de la coxalgie, les résections ont montré qu'il existait plus de formes initialement osseuses et initialement cervicales qu'on ne l’admettait, et qu’enfin, comme l’a formulé Broca, sur le col une des premières manifestations du ramollissement osseux est la tendance du col à se rapprocher de l'horizontale,

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