TRAITEMENT
Le traitement des tératomes présacrés chez l’enfant est presque exclusivement chirurgical.
Beaucoup de tératomes ne sont pas malins et justiciables de l’exérèse. Il y a évidemment intérêt à les enlever le plus précocement possible en raison des dangers d’obstruction viscérale et de leur évolution maligne toujours menaçante.
La technique opératoire que nous allons décrire maintenant est celle utilisée pour lablation des tumeurs pré-. sacrées bénignes en général. ;
Selon les ‘auteurs américains, la voie d’abord élective est la voie postérieure, telle qu’elle fut vantée par KRASKE, PEARSE et autres. Elle présente, en effet, plusieurs avantages : |
— L’ablation complète de la tumeur après résection du coccyx est plus facilement pratiquée,
— L’hémorragie est contrôlée plus aisément,
— Des récidives locales éventuelles dans la cicatrice seront facilement vues et traitées.
La voie abdominale est beaucoup moins commode, même si la tumeur est palpable à travers la paroi abdominale. En effet, la tumeur est alors difficile à isoler sans encourir le danger d’une hémorragie fastidieuse ou d’une lésion des organes pelviens, et il est presque impossible d'atteindre le pôle inférieur du tératome.
Au préalable, on aura pris la précaution d’introduire un corps étranger dans le rectum : olive métallique, chapelet de plombs enfilés, gros drain entouré d’une mèche
na
de collargol (FÈVRE), ou un tampon vaseliné comme le fait Gross, et ceci afin de repérer facilement le rectum au cours de la dissection et d’éviter sa blessure.
De plus, la fermeture de l'anus avant l’incision soit à l’aide d’un jersey collé, ou mieux grâce à une suture provisoire, met la plaie opératoire à l’abri. Il est essentiel de maintenir l’anus recouvert de champs stériles au cours de l'intervention.
Le malade étant en position déclive, en décubitus ventral ou latéral, le bassin surélevé et les cuisses légèrement fléchies, on pratique une incision partant de quelques centimètres en arrière de l’anus, et par côté, se dirigeant vers le haut du coccyx sur la ligne médiane ou paramédiane, et s'étendant sur le sacrum autant qu’on le jugera utile.
Ces os sont ainsi exposés, et l’on isole une partie du sSacrum et le coccyx sur lesquels la tumeur est souvent pédiculée, y ayant parfois des adhérences marquées. Il faut alors désarticuler et enlever le coccyx. En loccurrence, on peut également réséquer le sacrum au-dessous au deuxième segment si nécessaire, sans inconvénient majeur pour le malade.
La tumeur est alors convenablement mise à jour, et le plus souvent on réalise facilement une dissection douce au doigt, à la compresse, ou à l’aide d’instruments mousses suivant le plan de clivage. Mais le danger est au rectum, et c’est en général lui qu’il faudra d’abord libérer. La dissection se pratique de haut en bas, en dehors de la fibreuse pour respecter sa vascularisation. Le clivage au voisinage du rectum est certainement le temps le plus difficile et le plus dangereux, et les ramifications kystiques de la tumeur peuvent encore venir compliquer cette manœuvre délicate. La palpation et lidentification du rectum sont à ce moment grandement facilitées par lintroduction préalable d’un corps étranger à son intérieur, comme nous l’avons indiqué.
La tumeur ainsi isolée est enlevée entière et en bloc.