ATOME
secondairement à une maladie du cerveau, de la mille et des nerfs. Les lésions nerveuses auraient pour conséquence, d’après Verneuil, des rétractions musculaires, suivies de luxations par action des mustles antagonistes. Selon Guérin, il en résulterait des paralysies observées à la naissance, en tous points semblables à la paralysie spinale infantile. Ici encore, se produirait une atrophie musculaire, puis une luxation par action des antagonistes restés sains.
Nous ne saurions également sur quoi nous baser pour rattacher notre luxation à une ancienne lésion articulaire.
La luxation congénitale peut être, suivant Dupuytren et Paletta, consécutive à un épanchement de liquide dans. l'articulation au cours de la vie intra-utérine, ou encore, et c'est l’opinion de Guérin et Bouvier, être favorisée par un relâchement congénital des ligaments articulaires.
11 serait difficile, dans le cas présent, de trouver un appui à l’une ou l’autre de ces hypothèses et de trouver un argument en faveur d’un relâchement ligamenteux ou d’une lésion inflammatoire articulaire
On ne s’expliquerait d’ailleurs pas la raison pour laquelle: dans une articulation rendue aussi libre se produirait une luxation du radius seul et non la luxation des deux os de l'avant-bras, la plus fréquente de toutes les luxations du coude.
La théorie de la malformation congénitale nous semble: la plus rationnelle, admettant la difformité comme un vice de première formation. La tête radiale se serait formée: et développée anormalement, n’adoptant pas ses rapports: habituels avec le cubitus et l’humérus.
Cette anomalie se serait produite au cours de la formation squelettique du membre supérieur
1° Soit par suite d’une production en un lieu anormal ou dans des conditions anormales de la scissure précédant et préparant l'articulation. (Théorie de Sayre et Lewis) ;
2° Soit consécutivement à un arrêt dans le développement des bourgeons articulaires naissants ;
3° Soit encore, ainsi que le pense Volkmann, comme résultat d’une position défectueuse des deux germes articulaires rendus libres par la segmentation du squelette ;
- 4° Soit enfin, et cest l'opinion émise par Dupuytren, Sedillot, Paletta, par suite d’un obstacle au développement squelettique.
Sans vouloir entrer dans la discussion de ces diverses hypothèses, 1l y aurait tout lieu en effet de songer à un vice de première formation, la syphilis héréditaire constituant l’une des deux grandes causes de malformation congénitale, l’autre étant constituée par l’hérédité.
Hérédité. — L'’étiologie héréditaire de la luxation congé-
nitale du radius se montre assez fréquemment. Nous en citerons une seule observation publiée par Princeteau et qui nous a vivement intéressé (1).
Observation de Princeteau. =— Le sujet est un enfant présentant une déformation des deux coudes due à une luxation bilatérale du radius en avant. Nous empruntons le texte même à son auteur : « La mère nous affrma que son enfant était né avec la disposition des coudes que nous
constations, que Jamais il n’avait eu d’accident ni de
{1) Princeteau. Journal de Médecine de Bordeaux, 1907. Page 471.
maladie de ce côté et que d’ailleurs elle avait elle-même un coude, le gauche, conformé de la même façon.
« Nous l'avons examinée à ce sujet et nous avons en effet constaté une disposition absolument identique à celle de son fils. Elle n’a pas pu nous dire si cette disposition s'était présentée et avait été remarquée chez quelques-uns de ses ascendants. Le père ne présente aucune disposition semblable et il n’y a pas de difformité congénitale dans sa famille.
Nous avons fait faire les radiographies des deux coudes de cet enfant et celle de la mère. Les radiographies qui ont été faites dans les deux plans, face et profil, nous. ont donné des résultats à peu près semblables ou point de vue de la variété de la difformité congénitale. »
Chez notre malade nous devons éliminer l’atavisme, rien dans le passé familial ne laissant supposer une hérédité possible.
Syphilis héréditaire. — I] n'en serait pas de même quant à la syphilis héréditaire. Chassaignac lui attribue le grand rôle dans l’étiologie des malformations.
Nous pouvons la suspecter dans le cas présent, nous basant sur les antécédents familiaux : trois fausses couches de la mère avec rétention de fœtus morts ; Un frère mort à l’âge de 6 mois de maladie inconnue. Sur les stigmates de spécificité héréditaire : Convulsions à l’âge de 18 mois ;
Voûte palatine ogivale ; Légère inégalité pupillaire avec myosis à droite.