POSITION DE LA QUESTION HISTORIQUE
Les traités classiques nous enseignent que la luxation du coude peut-être :
1° une luxation simultanée des deux os de l’avant bras.
II9 Une luxation isolée de ces deux os.
ITI9 Une luxation divergente caractérisée par le déplacement croisé du Radius et du Cubitus.
Dans le premier groupe il faut distinguer :
La luxation postérieure à laquelle il faut rattacher la variété postéro-latérale, interne ou externe.
La luxation en avant.
Les luxations latérales.
Les luxations postérieures sont très connues. Elles sont d'observation courante et constituent l’immense majorité des cas de luxation du coude. Elles ne sau-
raient nous retenir ici.
La variété antérieure est exceptionnelle. Les auteurs de l’Antiquité admettent son existence sans conteste. J. L. Perir, pour sa part, la met nettement en doute. « Je n’ai jamais vu la luxation en devant, et je la crois très difficile, ou même impossible à moins qu’en même temps, 1l n’y ait fraeture de l’olécrâne » (cité par Denuce dans le nouveau dictionnaire de médecine. et. de chirurgie pratique 1889- Tome IX, p. 744).
Boyer, À. Cooper, Sanson, BÉraARrD, VipaL déclarent également que cette luxation est impossible sans fracture. Mais depuis, des observations incontestables de cette lésion ont été rapportées par Evers Dezcrecx, Corso, CLoqueT, VerpreaAu, HAmizron et d’autres. Plus près de nous, nous citerons l’observation de ‘Partez, dans le Lyon chirurgical (1908- 1909, p. 661), où la luxation est associée, 1l est vrai, à une fracture de l’épitrochlée, et celle de FonxtoynonT qui est publiée dans la Recueil des Bulletins et Mémoire de la Société nationale de chirurgie de 1908, (p. 251), où 1 s’agit d’un enfant, atteint de-luxation complète du coude en avant, sans fracture.
La luxation antérieure peut être incomplète ou complète suivant que lokécrâne est arrêté par le bord inférieur de la trochlée, ou bien peut passer devant elle.’ Elle peut aussi être antéro-latérale. Denvwcé a réalisé la luxation en avant sur le cadavre par inflexion latérale externe et extension forcée de. l’avant-bras.
Les luxations latérales tout en étant très rares le.
“Ne, re
sont moins que la précédente. On les à souvent confondues avec les postéro-latérales. Voilà lé tést anatomique indiqué par DenucÉ, dans son mémoiré sur les luxations latérales du coudé, publié dans les Bulletins de la Société Anatomique de 1851. (Tome 26, p. 296), et que tous les Auteurs ont äccépté ensuite : € Que l’on suppose une section longitudmale de los humérus passant par l’épicondyle et l’épitrochlée. Cétte section tracera une ligne bien nette sur la surface articulaire et sur lés bords de l'os... Tout déplacement dans lequel cetté ligne resté ernbrassée par le sinus sigmoïdien, éntre l’apophysé coronoïde en'avant ét le’ bec'olécranien en arrièré est une luxation latérale ».
Les luxations latérales peuvent être externes ou' internes, suivant que le crockiet cubital, solidement uni à la tête radiale par le ligament annulaïré et le hgament carré dé Denuce se dépl'até én déhors où en dedans de la gorge trochléénne. Dé telles luxations peuvent être d’autre part complètés où incomplètes. Denucé a bien réalisé la démarcation en disant qu’une luxätion était complète, toutes les fois que les deux surfaces s’étaiént abandonnées éntièrement. Or, n’oublions pas que la surface articulaire supérieuré s'étend de là trochléé au condyle, et ne comprend pas les tubérosités Huméralés, en sorte que, lorsque la surface articulaire inférieure ne sera plus'en contact qu'avec l’épicondyle, la luxation devra êtré considérée comme parfaitement complète ».
La.luxation complète én dehors paraît avoir été
plus fréquemment observée que l’incomplète. Elle a . été établie de manière indiscutable par les observations de DuPuyTren (citées par Decpecx), NÉLATON VerneuIL et TriQuerT, de Bruyn, Denucé. PincauD a pu en réunir 13 cas. Puis les publications se sont multipliées. C’est ainsi que nous rappellerons celles de Launay, LEgJARs, GAUDIER, GUILLEMIN et MATuIeu.
La luxation latérale incomplète en dehors à été démontrée anatomiquement par les pièces de PINEz et de Poumer, cette dernière déposée au Musée Dupuytren. MALGAIGNE en a rassemblé 3 cas, DENUCÉ 7et Pineaup8. Le crochet cubital répondait au condyle ou au sillon trochléo-condylien. Pour DENUCE, le mécanisme de la luxation en dehors s’explique par l’action de deux forces :
L'une, produisant une inflexion latérale interne qui détermine la rupture du ligament latéral externe, l’autre qui pousse l’avant-bras en dehors, et suivant l'intensité de ce glissement la luxation sera complète ou incomplète. |
La luxation du coude en dedans n’a pas été méconnue par les Auteurs de l'Antiquité. On en trouve une description dans Hippocrate et dans le Commentaire de Galien : « Ce déplacement s’opére quand le condyle interne de l’humérus entre dans la cavité sigmoïde du cubitus qui jusque là n’avait reçu que la demi circonférence de l’extrémité inférieure de l’humérus appelée trochlée. » Pendant le Moyen-Age, aucune précision nouvelle ne fut donnée. Son étude