‹ A Propos D'Un Cas De Luxation Latérale Du Coude: Variété Interne IncomplèteChapitre 15 sur 29 · OBSERVATION · texte numérisé non relu

OBSERVATION

Voici notre observation :

Le nommé V... Marcel, 56 ans, méeanicien est. victime d’une agression le 19 février 1983 à Asnières. Ilse promenait, les mains derrière le: dos, lorsque, brusquement, il est entouré: par plusieurs individus. L’un lui tord le. poignet droit en dedans alors qu’il n’a pas encore eu le temps de faire un mouvement, et lui porte l’avant bras en avant tandis qu’un autre. lui repousse le bras droit. contre la paroi thoraeique. Le malade ressent une douleur extrêmement vive, syncopale, en même temps qu’il perçoit un craquement. L’impotence fonctionnelle du membre supérieur droit systématiquement traumatisé, en quelque sorte, est absolument complète. L’avant-bras est immobile em légère flexion. Le blessé croit avoir une luxation du coude. Il se rend, de son. mieux, dans un hôtel voisin, où il demande au valet de chambre de faire une trac-

MAR HS

tion sur son avant-bras. Malgré des tiraillements assez forts qui réveillent de violentes douleurs, l’impotence persiste. Le coude reste déformé, en légère flexion. Puis les jours se passent sans que le blessé se décide à consulter. L’œdème apparu assez rapidement après le traumatisme diminue, et des mouvements limités de flexion et d'extension s’ébauchent progressivement. La flexion arrive ainsi à 900, mais l’extension reste toujours incomplète, lorsque le blessé entre dans le service du Docteur Sénéchal le 5 mars 1933. On note à ce moment, à l'inspection du membre supérieur droit :

De face : Un raccourcissement apparent du membre. La main droite est en position intermédiaire du prosupination, L’avant-bras est en abduction. La région épitrochléo-trochléenne apparaît nettement saillante. Le pli du coude est élargi. Le tendon du biceps est tendu anormalement. La saillie des muscles épitrochléens et épicondyliens est diminuée du fait dé l’amyotrophie.

De profil : le raccourcissement persiste. Le coude est en extension à 1300. L’épicondyle est très notablement saillant. Le diamètre antéro-postérieur du coude semble augmenté. Le relief du corps musculaire du biceps est atténué. La palpation rendue plus facile du fait de la disparition de l’œdème, révèle une douleur à la pression, dans la gouttière bicipitale interne, en un point qui correspond à la partie interne de la trochlée. Cette douleur est nettement accusée par le malade lorsqu'on renouvelle la pression. Juste

en-dessous, on note une saillie osseuse à la partie antérieure de l’extrémité supérieure du cubitus qui semble être l’apophyse coronoïde. Car, en dehors, lorsqu'on détermine quelques mouvements successifs de pro-supination on sent rouler la tête radiale, et il est à signaler du reste, qu’on perçoit quelques craquements à ce moment ; mais la tête radiale semble rejetée en dedans. Dans la région sous-condylienne le doigt qui palpe enfonce dans une dépression. Le tendon du biceps est tendu.

En arrière : on ne trouve pas les trois saillies habituelles du coude normal. Le doigt tombe sur deux saillies extrêmes et dans une cavité intermédiaire. On reconnaît nettement l’olécrâne dans la saillie interne et l’épicondyle dans l’externe. La cavité ne peut être que la fossette olécränienne. Mais on ne sent pas l’épitrochlée masquée par l’olécrâne. Enfin, le coude fléchi à angle droit, les deux saillies perçues : olécrâne et épicondyle sont dans le même plan frontal. L’olécrâne n’est pas déjeté en arrière comme ül est facile de s’en rendre compte.

Les mouvements actifs et passifs de flexion et d’extension sont douloureux et limités. La flexion ne peut dépasser 900, l’extension 1309. La pronation est diminuée de moitié, la supination beaucoup moins limitée est presque normale.

Des mouvements de latéralité existent, surtout en dehors. On ne découvre aucune lésion nerveuse.

En somme, cette symptomatologie pourrait se ré-

sumer ainsi :

A EMTEC TUE

NE ae

— Avant-bras en abduction avec élargissement de la partie interne du coude.

— Saillie de l’épicondyle. è

— Transport en dedans de la tête radiale qui a déshabité sa loge.

— La ligne habituelle : Épitrochlée-olécrâne-épicondyle «est remplacée par : olécrâne-fossette olécranienne-épicondyle. Ces ‘trois repères étant dans le même plan frontal.

— Douleur à la pression de la pre) interne de la palette humérale.

Ce tableau clinique laisse le diagnostic très hésitant. On élimme sûrement une luxation postérieure ou postéro-interne, pour penser à une dislocation du coude, avec possibilité de fracture de l’épitrochlée.

Dans ces conditions, le malade est confié au dotteur Pezzrzza, Électro-radiologiste de la Maison Départementale. [ pratique une graphie de face et de profil qui révèle une luxation imcomplète en dedans, franchement latérale.

- En effet, sur cette radiographie que nous avons reproduite ici, on peut voir :

De face qu’il y a transport en dedans, en bloc, du squelette antibrachial de telle sorte que :

19 La cupule radiale ne répond plus au condyle: mais à la poulie trochléenne, son bord interne étant en regard du versant interne ; son bord externe du versant externe de la trochlée.

29 Le crochet cubital n’embrasse plus la gorge de

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