‹ A propos d'un cas de Maladie de Chauffard-StillChapitre 18 sur 21 · PRONOSTIC ET TRAITEMENT · texte numérisé non relu

PRONOSTIC ET TRAITEMENT

La maladie de Chauffard-Still est grave ; à plus ou moins longue échéance, la mort en est la terminaison quasi fatale ; des cas moins graves ont été observés et le nôtre en est un exemple.

L'imprécision actuelle de nos connaissances sur l'origine de l'affection nous empêche d'opposer une thérapeutique spécifique.

Cette remarque ne doit pas revêtir d’ailleurs, un caractère trop pessimiste, car la thérapeutique instituée de bonne heure, peut avoir une action bienfaisante sur l'évolution redoutable de la maladie, laissée à elle-même.

On sait d'autre part que les divers traitements, ont généralement plus d'action sur les affections à caractère subaigu ou même aigu, que sur celles à tendance chronique.

Enfin il convient de noter que si la maladie de Chauffard- Still retentit fâcheusement sur l'état général, il n'altère pas les tissus ostéo-articulaires ou ne le fait que discrètement et assez tardivement.

Se

Ces remarques étant faites, nous envisagerons l'étude des divers traitements.

I) TRAITEMENT SPECIFIQUE. — Il n'existe malheureusement pas à proprement parler de traitement spécifique ; un cas d’hérédo-syphilis de Weissenbach est resté

isolé.

Il) TRAITEMENTS GENERAUX.

1) CHIMIOTHERAPIE. ÿ

a) La chrysothérapie par le thiopropanolsulfonate de Au et Na le aurothioglycolate de Ca préconisée par J. Forestier ne parait pas avoir donné de résultats satisfaisants, car il semble que les porteurs de la maladie de Chauffard-Still soient particulièrement sensibles aux accidents dus aux sels d'or : eczéma, chute des phanères et hémorragies.

Mais associé au gluconate de Ca, ce dernier diminue l'importance et la fréquence des accidents dus à cette médication.

Pourtant, chez le malade observé par nous et qui a subi ce traitement on n'a pas enregistré aucun accident, mais par contre les douleurs disparaissaient et la fièvre tombait.

b) La calcithérapie a pris une place importante dans le traitement des rhumatismes infectieux, grâce au gluconate de Ca associé à l'ergostérine que M. Mouriquand a utilisé avec succès, dans un cas de l'enfant.

Il est possible qu'il agisse chez l'enfant par action récalcifiante, chez l'adulte par action désensibilisante.

c) La salicylithérapie avec le salicylate de Na glucosé

[. V. a été utilisée par Lemierre, avec succès immédiat et durable dans un cas solidement installé et en voie de progression.

’ = « . « C'est le même traitement que notre malade a subi dès son entrée, mais avec moins de succès que dans le cas précédent.

d) Les analgésiques, les sédatifs et les résolutifs jouent un grand rôle : depuis l'aspirine, le pyramidon, l'atophane et le salicylate de méthyle.

e) L'iodothérapie. L'iode, le médicament le plus classique (Lassègue) est une des substances la plus anciennement connue et la plus couramment utilisée dans le traitement du rhumatisme chronique, à moins de contre-indication tirée de l’état viscéral du maïade.

D'après Weissenbach et Françon, l'iode serait un médicament de premier ordre dans les rhumatismes chroniques, quel qu'en soit le type.

Thiroloix l'utilise sous forme d'iodobenzométhyleformine par la voie intraveineuse à doses fortes et prolongées, car elle n’est pas douloureuse et le produit n'altère pratiquement les veines.

Nous l'avons employé aussi, mais, per os, et conjuguée au traitement aurique.

Est-ce l'iode qui joue le rôle de fixateur articulaire grâce à son affinité pour les tissus enflammés (Holler), ou au contraire, est-ce l'uroformine qui fixe l'iode sur les jointures, grâce à son action irritative (Thiroloix) ?

Sicard et ses collaborateurs empoyent l'huile iodée en injections intra-articulaires, para-articulaires et périnerveuses, avec beaucoup de succès.

Les heureux effets des injections iodées dans les divers types de douleur rhumatismale, semble être dus à un redressement du M.B. et retour à la normale du fonctionnement de la, ou des glandes endocrines primitivements altérées, ainsi que par activation du tissu lymphoïde et du système réticuloendothélial.

f) La thiothérapie. Les articulations sont normalement très riches en soufre qui est l’agent indispensable à la nutrition locale des tissus articulaires,

La carence du soufre joue un rôle important dans la genèse de la diathèse neuro-articulaire, à la base de laquelle se trouve un ralentissement de la nutrition; il est l'agent catalytique éventuel de la nutrition générale et de la fixation du calcium.

Ainsi donc, le soufre, parmi les médicaments du rhumatisme chronique, occupe une place de choix.

Mais tandis que Loeper et ses collaborateurs gardent leur préférence aux injections d'huile soufrée, d'autres comme Maire-Amero, l'employent par la voie digestive sous forme

de rhodanate de K.

D'autres encore comme Duvernay, en recommandent l'emploi sous forme de soufre colloïdal, soit en injections soit « per os ».

D'autres enfin, comme Léri, P'EMPIOIEEE sous Re de hyposulfite de Na ou de Mg.

2) La PROTEINOTHERAPIE par le shock ne donne-

rait d’après Chevallier, aucun résultat.

Cependant, certains auteurs anglais, auraient obtenu quelques succès avec le vaccin T.A.B. en injections intraveineuses.

3) DIÉTETIQUE. Il n'y a pas de régime de restriction dans cette maladie ; par contre l'alimentation sera abcndante, large et variée.

I) TRAITEMENT COMPLEMENTAIRE.

a) Les agents physiques peuvent calmer les douleurs, espacer les poussées évolutives et donner aux mains, provi-

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