‹ A propos d'un cas de Maladie de Chauffard-StillChapitre 5 sur 21 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Dans le groupe complexe du rhumatisme chronique déformant, les auteurs modernes ont individualisé une forme clinique spéciale, le Rhumatisme de Chauffard-Still, caractérisé par un rhumatisme chronique, le plus souvent fibreux, progressif, associé constamment à des adénopathies multiples, inconstamment à une splénomégalie, évoluant par poussées successives fébriles et aboutissant à la cachexie et la mort.

L'atteinte précoce et rapide de l'état général, l'absence d'étiologie nette, l'absence de signes hématologiques de leucémie, achèvent de caractériser cette nouvelle variété anatomoclinique.

Depuis les mémoires initiaux de Chauffard et Ramond en 1896, concernant des adultes, d’intéressants rapprochements sont tentés avec l'affection décrite chez l'enfant en 1897, par Still et, la majorité des auteurs considèrent que les observations rapportées par Chauffard et Ramond sont comparables à celles que devait grouper Still l'année suivante.

Le titre de Maladie de Chauffard-Still est né de l'assimilation ainsi proposée par Politzer, en 1914.

Actuellement, son existence dans le cadre nosologique est solidement établie.

Signalée en France, par Lance en 1914, elle reste longtemps méconnue, puis soudain suscite un vif intérêt et de nombreux travaux lui sont consacrés par Rhomer, Thiroloix, P. Chevallier, R. Debré, Lesné et Mouriquand.

Cette affection est bien connue à l'étranger, en Angleterre, en Allemagne, en Italie, où un grand nombre de cas ont été rapportés.

La Maladie de Chauffard-Still sans être exceptionnelle, n'apparait cependant pas comme très fréquente, peut-être parce que mal connue ; et si actuellement des observations en sont publiées, c'est moins pour multiplier les aspects cliniques d'une maladie grave par son évolution et dont la symptômatologie parait bien établie, que pour essayer d'en préciser la nature qui reste encore mystérieuse et établir un traitement efficace.

Le nombre des cas connus dépasse de peu la centaine ; là dessus la part de la France est de vingt environ.

Il nous a donc paru intéressant et utile de rapporter l’histoire d'un malade que nous avons pu observer à l'hôpital St-Antoine, dans le service de M. le Docteur André Cain, surtout qu'elle représente un cas rare par son évolution vers une amélioration considérable.

Nous décrirons d'abord l'aspect clinique de la maladie, puis en exposant une observation typique chez l'enfant, une chez l'adulte et enfin la nôtre, nous finirons par des considénations étiologiques et thérapeutiques.

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