‹ A propos d'un cas de papillome de la trompeChapitre 3 sur 3 · PAP1LL0ME DE LA TROMPE · texte numérisé non relu

PAP1LL0ME DE LA TROMPE

Ces pertes constituent le second grand symptôme qui permet de diagnostiquer les tumeurs épithéliales de la trompe. Elles surviennent d’une façon con tinue ou intermittente dans la presque totalité des cas. Tantôt il s’agit de pertes sanguines peu I abondantes et continues; tantôt de pertes séreuses, à peine teintées de sang, tantôt de pertes sanieuses et fétides. Dans certains cas, ces pertes ne surviennent que par intervalles, plus ou moins éloignés, sous forme de véritables décharges, coïncidant avec la cessation des douleurs.

A ces deux grands symptômes s’ajoutent peu à peu les symptômes généraux qui accompagnent l’évolution des néoplasmes abdominaux et pelviens.

Les symptômes physiques sont, par contre, assez peu marqués. Ce n’est que tout à fait exceptionnellement qu’on peut percevoir, par le palper bimanuel, une tumeur le plus souvent pelvienne,

I rarement abdomino-pelvienne. La tumeur tubaire est parfois marquée par l’existence concomittante d’un fibrome utérin ou d’un kyste ovarique. Un symptôme exceptionnel, qui n’a été noté que dans deux cas, est l’ascite, due vraisemblablement à la propagation au péritoine par l’ostium abdominal demeuré perméable, de la néoplasie épithéliale tubaire. Dans un cas remarquable de Violet, un myxo-sarcome tubaire, qui en réalité ne doit pas rentrer dans les éléments de cette courte étude, provoquait à la lois de l’ascite, une tumeur salpingienne et des flux séreux vaginaux intermittents.

Aussi c’est surtout par l’analyse minutieuse des symptômes fonctionnels, qu’on fera le diagnostic de tumeur primitive de la trompe. Jusqu’à ce jour, ce n’est guère qu’au cours d’une opération entreprise pour une soi-disant annexite, ou même après, sous le microscope, que le diagnostic a été porté. Qu’on pense a l’existence de ces tumeurs, qu’on donne aux douleurs et au flux leucorrhéique intermittent la valeur séméiologique que les observations connues semblent devoir leur attribuer et on pourra, a notre avis, diagnostiquer ces rares et intéressantes tu meurs.

Un tel diagnostic n’est pas sans importance au sujet de la conduite que devra adopter le chirurgien. L’étude des observations publiées montre en effet que le traitement de choix de cette affection est la castration totale, dont les résultats immé-

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diats et éloignés se sont montrés bien supérieurs à ceux de la salpingectomie unilatérale ou bilatérale. Quatorze hystérectomies abdominales totales rapportées dans la statistique d’Alban Doran n’ont donné aucune mort opératoire, tandis que dix-huit salpingectomies sans hystérectomie ont donné deux morts immédiates. Les résultats éloignés plaident aussi en faveur de la castration totale. La récidive est infiniment plus rare qu’après l’ablation simple des annexes, et on connaît des cas de guérison datant de quatorze mois, trois ans, huit ans. Les tables d’Alban Doran prouvent a l’évidence que l’hystérectomie abdominale totale est le complément nécessaire, indispensable de l’ablation des annexes néoplasiques.

Gangrène utérine traumatique d’origine abortive

Pak M. JOB.

Je vous rapporte, sur les conseils de mon maître M. le à Pr Herrgott, l’émouvante histoire d’une malheureuse femme venue à la Maternité atteinte d’une forme rare d’une affection I elle-même peu commune de gangrène utérine d’origine traumatique.

Un mercredi, à io heures du malin, arrive une femme qui vient à pied dans le service ayant parcouru péniblement 5oo mètres environ, appuyée au bras d’une voisine complaisante. !

Elle nous raconte qu’enceinte pour la 5e fois de 6 semaines environ, elle a ressenti la veille à 3 heures de l’après-midi sans motif apparent une douleur abdominale brusque, violente et généralisée. Depuis les douleurs persistent, elle a vomi assez fréquemment et aurait expulsé déjà à 9 heures A du soir un petit fœtus qu’elle indique d’une longueur de 6 centimètres ■ environ, dans la nuit elle aurait perdu des caillots abondants.

A l’examen de cette femme, venue déjà à la Maternité lors de son 1 dernier accouchement et dont les antécédents gynécologiques ne présentent rien de particulier, on est frappé par son faciès spécial. Les traits sont tirés, le nez froid, les yeux sont excavés, le teint gris. La température axillaire est de 37°, 7 le pouls bat à 1 ik à la minute.

Les douleurs abdominales sont intenses, toute palpation les exagère, le ventre est dur, non dépressible, il semble peut-être exister une légère matité dans le flanc droit. \

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