OBSERVATION
(due à l’obligeance de M. le Professeur Nobécourt)
Il s’agit d’une fille, née le 27 décembre 1910.
I n'y a rien à noter dans son histoire familiale; ni dans ses antécédents personnels. Elle se souvient seulement qu'elle a eu la rougeole.
Elle a toujours été bien portante et s’est développée de façon régulière.
Elle à eu ses premières règles le 1° novembre 1925, à quatorze ans et onze mois. Elles ont duré huit jours.
La maladie actuelle a débuté de façon assez brusque, vers le 5 novembre 1925. Un jour, à six heures du soir, l'enfant est prise d’envies fréquentes d’uriner, revenant toutes les demi-heures, et chaque miction est suivie d’une sensation de brülure. Les jours suivants, la pollakiurie persiste et même surviennent des mictions involontaires la nuit. |
Le 15 novembre, apparaissent des douleurs dans la région lombaire droite, irradiant vers le bassin et la vulve, continues, assez fortes pour entraîner l’insomnie. En même temps, l’enfant a de l’anorexie, de la constipation ; elle ne sait pas si elle a eu de la fièvre. Un médecin fait recueillir les urines ; elles atteignent deux litres par jour, sont très troubles et contiennent de l’albumine.
Il prescrit de la théobromine. Les douleurs, la pollakiurie diminuent, mais comme les urines restent troubles, l’enfant est amenée à l'hôpital des Enfants-Malades et entre dans le service du Professeur Nobécourt le 30 novembre.
Examen à l'entrée. — L'enfant est âgée de 15 ans, forte, bien constituée, mesure 156 em., pèse 44 kg: 850.
Elle n’a pas de fièvre (37°2, 37°4) ; le pouls est à 84, la tension artérielle 12—6,5 au Pachon.
L'examen des viscères et du système nerveux ne décèle rien de particulier. Seul, le rein droit est un peu douloureux ; à la palpation bimanuelle, on perçoit son pôle inférieur, sans qu’on puisse dire si l’organe est gros ou abaissé.
Les urines sont uniformément troubles, d'aspect lactescent ; elles laissent au fond du bocal un dépôt assez abondant. Elles sont acides et contiennent des traces d’albumine. Il n’y a pas de sucre.
. L'examen microscopique montre de nombreux polynucléaires altérés.
Par le cathétérisme de la vessie, on retire des urines qui, ensemencées sur les milieux usuels, sont stériles.
La malades est envoyée chez le Professeur Legueu, à la clinique de Necker ; l’examen est pratiqué par M. Flandrin, qui donna les renseignements suivants :
A la cystoscopie, on trouve une vessie congestive dans la partie supérieure, un trigone très rouge, les orifices urétéraux injectés, surtout le droit.
Le cathétérisme des uretères montre que l'urine provenant du rein droit est louche, contient de nombreux diplocoques en grains de café, ne prenant pas le Gram, intra-cellulaires et extra-cellulaires, ayant absolument