OBSERVATIONS
Pour être complète, une étude sur les ruptures traumatiques de la rate devrait envisager tous les cas possibles. Or on sait que mise à part la friabilité naturelle de cet organe, certains états pathologiques le prédisposent aux traumatismes en augmentant son volume et en le rendant par conséquent plus facilement accessible. L’hypertrophie que l’on constate dans le paludisme, dans la leucémie, dans la syphilis, dans la tuberculose, à la suite de certaines maladies infectieuses telles que la fièvre typhoïde, l'infection puerpérale, le typhus exanthématique sans oublier l’état physiologique de la gros- .sesse favorise d'une facon évidente le rôle du traumatisme de la rate. Nous laisserons délibérément de côté ces cas pathologiques pour n'envisager que les traumatismes atteignant un viscère sain. Les conclusions que nous tirerons des faits que nous allons citer ne seraient
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FT US pas applicables aux cas pathologiques que noùs venons d'énumérer.
Observation personnelle
Bean: 13 ans et demi, entré le 30 mars 1911, à l'Hôtel-Dieu, salle Cauvière, lit n° 12, pour contusion de l'abdomen. Laparotomie ; rupture de la rate ; splénectomie. Guérison.
Ce garçon a été renversé par une voiture dont les roues lui ont passé sur le milieu du corps, d'un hypocondre à l'autre.
Le malade est conduit à l'hôpital, une heure après l’accident.
L'interne de porte le reçoit pour contusion à l’abdomen. Transporté dans son lit on constate que le facies est bon, pas de shock, absence. de bourdonnements d'oreille, de décoloration des muqueuses, de vertiges. Pas de troubles visuels, pas de douleurs précordiales. Pouls à 80. Température 37°5. En un mot aucun signe qui puisse laisser soupçonner une hémorragie interne.
Par contre, on remarque une dyspnée très vive, le nombre des respirations atteint 40 à la minute; le blessé accuse une douleur intense à la face antéro-latérale gauche du thorax s’irradiant dans tout l'abdomen.
À l'inspection, on ne constate pas d'ecchymoses ; à la palpation on recherche s’il existe une ou plusieurs fractures de côtes ; pas de chevauchement ni de crépitalion. L'abdomen est très contracturé, surtout dans la région épigastrique,; dans toute la région sus-ombilicale on trouve du météorisme ; la matité hépatique est rempla-
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cée par une zone tympanique de 4 centim. 1/2 environ
de hauteur. Légère matité dans les deux fosses iliaques.
On note quelques vomissements bilieux, mais pas de sang dans ces vomissements ; la miction est normale ; à signaler également une fracture probablement souspériostée des deux os de l’avant-bras, au niveau du 1/3 supérieur.
En résumé; les symptômes constatés sont ceux de perforation intestinale plutôt que ceux d'hémorragie.
M. le professeur Fiolle, appelé auprès du malade, décide une intervention immédiate [trois heures après l'accident).
Laparolomie : incision parlant de l’appendice xyphoïde et s’arrêtantau niveau de l’ombilie légèrement contourné. Le gros intestin et le paquet d'anses grêles sont attirés
au dehors pour être examinés. Rien d'anormal, si ce
n’est un peu de sang noir, très fluide; pas de signes de perforation, pas deliquide suspect, pas de matières fécales dans le péritoine.
L'examen de l'intestin ne permettant pas de décéler le point de départ de l’hémorragie constatée, la masse viscérale est remise en place, l'incision verticale est alors prolongée au-dessous de l’ombilic et une seconde incision perpendiculaire à la première est dirigée vers la gauche sur une longueur d'environ D travers de doigt; le sang semble bien venir de la rate, mais on ne voit pas de plaie sur cet organe.
Il faut exercer une traction sur la rate qui vient assez bien d’ailleurs pour voir qu'elle est lésée très haut; on constate alors deux plaies masquées par des caillots : la première au pôle supérieur de la glande, la seconde sur le bord interne, près du sommet; le sang coule en nappe et en très grande abondance. Il est noir,
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{1 existe sur le pédicule, à la face antérieure, près du hile, une rate supplémentaire du volume d’une grosse noix. La rate est attirée fortement; elle a un pédicule très large qu'on ne peut pincer et lier en une seule fois ; la ligature est faite en plusieurs temps, en ayant bien soin de ménager la rate surnuméraire. L'hémostase du pédicule une fois faite, l’hémorragie est tarie; mais du sang est accumulé plus bas à gauche et surtout à droite du côté de la fosse iliaque, tellement qu'il semble y avoir une nouvelle source de sang de ce côté. Ce sang est soigneusement enlevé, suture rapide de la paroi en un seul plan avec des fils d'argent; pas de drainage. L'opération complète dure 30 minutes.
Pas de shock consécutif. On injecte 250 gr. de sérum et on donne du chlorure de calcium. Le soir, le pouls est à 108, pas de fièvre. Les jours suivants, le malade souffre d’une constipation opiniâtre qui ne cède que lentement. ES |
L'enfant ne présente aucun trouble: ganglionnaire, s’alimente bien et, après l’ablation des fils d'argent qui a lieu 16 jours après l'intervention, demande à quitter l'hôpital d'où 1l sort guéri.
L'examen du sang a été pratiqué à deux reprises chez ce Jeune malade : la première fois de suite après l'opération, la seconde un peu plus d’un mois après. Nous en donnons de suite les résultats dus à l’obligeance de. M. le docteur Ranslacroix, chef du laboratoire des cliniques.
Le premier examen post-opératoire a fourni les chiffres suivants :
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