PRO
Di O Sert
Observations d’Auvray (|)
Le nommé C.. âgé de 18 ans, attaché au cirque forain Juliano, est admis à l'Hôpital Lariboisière le 10 juillet à 3 heures de l'après-midi, pour des accidents déterminés par une contusion de l'abdomen.
Le blessé räconte que la veille au soir vers minuit, en exécutant à bicyclette l'exercice connu sous le nom de « Cercle de la Mort », il à été précipité dans le vide d’une hauteur de 4 mètres environ, il est resté sur sa bicyclette et, au moment où le choc s'est produit sur le sol, son ventre a porté violemment sur la concavité du guidon. Au moment de l'accident, C... n’a pas perdu connaissance, il a élé ramené à son domicile en voiture et il a dormi tout le reste de la nuit (2).
Le lendemain, il se plaint seulement d’une légère douleur dans la région des lombes ; cependant, sur les instances de son entourage, un-médecin est appelé, qui trouve la situation assez sérieuse pour conseiller au blessé d'entrer à l'hôpital..Je le trouve dans l’aprèsmidi vers six heures : il est anxieux, pâle, mais sa pâleur n’est pas en rapport avec l'existence d’une grande hémorragie; 1l n'a pas eu de vomissements bien qu'il ait absorbé à plusieurs reprises des liquides ; il n'a pas eu de selles, mais il a rendu des gaz ; il a seulement soif, une douleur persistante dans la région
(1) Bullet. et mém. Soc. Chirurgie, 1904.
C'est nous qui soulignons.
se or
lombaire et quelques hoquets ; il a rendu, à plusieurs reprises, des urines limpides. Au moment où :l est entré à l’hôpital, le pouls était à 90 et la température à 3795. [l'avait 26 respirations à la minute. À 6 heures, le pouls était à 106. L'examen de l'abdomen fournit Îles renseignements suivants : Le malade présente au niveau du flanc droit une légère ecchymose au point où a porté une poignée du guidon. Le ventre est un peu ballonné et présente à la palpation une sensibilité diffuse, un peu plus accusée cependant au niveau de l'hypogastre et des deux fosses iliaques. Il existe un certain degré de contracture des muscles de la paroi abdominale ; c'est le signe qui attire le plus particulièrement mon attention ; à lui seulil suffisait, comme la suite l’a prouvé, pour me déterminer à pratiquer immédiatement la laparotomie, bien qu'en somme celle contracture fût assez peu prononcée. :
A la percussion, on ne trouvait pas de matité. On parvenait seulement avec difficulté à délimiter le bord inférieur du foie. En présence de cet ensemble de symptômes assez vagues, Je crois devoir différer l'intervention ; je demandai que le malade fût étroitement surveillé et qu'on m'appelât au besoin dans la soirée. Bien entendu, l'immobilité absolue fut conseillée et un traitement médical avec application de glace fut institué.
Je fus mandé de nouveau auprès du blessé dans la soirée, 1} était de plus en plus agité et-avait des vomissements verdâtres; le pouls était aux environs de 100. Cette fois je n'hésitai pas à intervenir. (Nous abrégeons les détails de l'intervention.) A l'ouverture de la séreuse, il s'écoule une abondante quantité de sang liquide, mélangé à quelques caillots. Je n'aurais'jamais pu supposer que pareille quantité de sang fût'épanchée dans
l'abdomen... Le foie est trouvé intact... Comme il m est impossible d'explorer à l'œil la rate profondément cachée sous le diaphragme... une incision transversale est pratiquée (nous passons sur les détails de la technique). Je constate plusieurs centres de rupture qui rendent impossible toute autre intervention que la splénectomie. Drainage. Suites opératoires excellentes. Le malade sort de l'hôpital le 20 août. Les analyses de sang n’ont pu être faites; cependant les ganglions Iymphaliques n'ont été à aucun moment hypertrophiés ; l’ablation de la rate n'a amené aucune modification apparente dans l'organisme de l’opéré.
L'observation suivante due à Planson vient corroborer la nôtre. Nous la donnons également résumée dans ses parties qui n'ont pas de rapport avec notre sujet.
Observation de Planson (1)
Le nommé G. G..., 28 ans, entre à l'hôpital Beaujon le 30 août 1908, à une heure el demie de laprès-midi. Un quart d'heure auparavant il a été renversé par un camion lourdement chargé dont une des roues lui a passé sur la base du thorax, de gauche à droite.
Pas de perte de connaissance, mais une douleur déchirante au niveau du côté gauche de l’abdomen. Il est amené à l'hôpital aussitôt. Nous l’examinons immédiatement, un quart d'heure environ après l’accident. Nous trouvons le malade en état de shock assez prononcé:
(1) Thèse de Paris, 1909, page 131.
DO
immobilité absolue, face pâle, recouverte de sueurs froides, respiration superficielle et accélérée, pouls irrégugulier, rapide à 110 ou 120 suivant les instants, mais assez bien frappé. Pas d'hématémèse, pas d'hémoptysies, pas d'hématuries.
A l'examen physique on note sur la base du thorax une série d’écorchures et lésions superficielles, indiquant nettement sur les téguments le trajet des roues du véhicule. Fractures des 5°, 6°, 7° et :8° côtes droites sur une même verlicale à 1 centimètre environ en dedans de la ligne mamelonnaire. L'’auscultation et la percussion ne décèlent pas de lésions appréciables des poumons, ni des autres organes thoraciques.
L'abdomen est absolument souple el indolore en tous points (1) et la percussion né montre aucune zone de matité, Le malade rend devant nous, quelques instants plus tard, une selle diarréique et des gaz. On le laisse au repos absolu... | : |
Trois quarts d'heure plus tard, nous revoyons le malade. Son état général parait meilleur (1), le pouls régulier et bien frappé bat à 80 et la température axillaire est de 36°7. La respiration, encore superticielle, revêt très nettement le type costal supérieur.
L'examen du thorax est toujours négatif, mais celui de l'abdomen permet de déceler quelques symptômes intéressants. La palpation, en effet, indolore dans toute la moitié droite de la paroi abdominale, réveille une douleur aiguë au niveau de l'hypocondre gauche. Là également, : la paroi abdominale est fortement contracturée et ne se laisse pas déprimer. Partout ailleurs, au contraire, elle
(1) C'est nous qui soulignons.
ie
‘est souple et dépressible. La percussion fait percevoir une zone de submatité assez nette au niveau de l’hypocondre et du flane gañche, submatité qui devient plus appréciable quand on suit le malade en décubitus latéral gauche. Dans toutes les autres parties de l'abdomen, la percussion ne relève rien d'anormal. Dans le flanc droit cependant la sonorité paraît légèrement exagérée ; les symplômes d'épanchement intrapéritonéal avec douleur et contracture localisés au quadrant gauche supérieur de la paroi abdominale nous font penser à la possibilté d'une hémorragie intraabdominale.
Nous prions donc notre maître M. Herbet de vouloir bien venir examiner le malade. Celui-ci arrive vers les 9 heures, soit 4 heures après l'accident, et trouve le malade dans un élat général relativement bon ; aucun signe d’hémorragie interne; pouls toujours bien frappé et régulier à 80 ; pas d’abaissement de température. |
Une heure après, l'opération est décidée... on extérlorise la rate ; celle-ci, entourée d'une masse énorme de caillots,: apparaît rompue en quatre fragments de dimensions inégales, absolument indépendants les uns des autres et simplement maintenus en place par de minces pédicules vasculaires... Ligature, extirpation,
drainage, sérum, toniques, guérison. Le malade a été
observé avec soin, et nous n'avons noté ni douleurs au niveau des os longs, ni hypertrophie du corps thyroïde. Seuls les ganglions axillaires droits se sont hypertrophiés légèrement quatre semaines après l'opération.
Cette petite hypertrophie persistait encore le 13 décembre {3 mois 1/2 après l'accident), date à laquelle nous avons revu le malade pour la dernière fois. Elle ne s'est pas étendue aux ‘autres régions ganglionnaires.
DAMES et
Le malade est resté pâle el anémié pendant très longtemps ; — les examens du sang ont indiqué une chloro-anémie prononcée avec réparation assez lente.
Un mois après l'opération, les globules blancs qui avaient atteint le 5 septembre (6 jours après) le chiffre de 11.000 élaient revenus à un chiffre normal.
Une seule formule leucocytaire a été calculée le 10 septembre (11 jours après l'opération) ; elle a donné :
Polynucléaires NE à TE SA SDL), Grands mononucléaires.…. De LVMPhOCNLES SALE EN FES Éosinpophiles meer RE a An LA LE Ntastzellen trs nier Een E ie
Ultérieurement la formule est revenue lentement et progressivement vers la normale.
Les mêmes réflexions que nous suggèrent les observalions précédentes pourront également s'appliquer à la suivante qui est de Filhoulaud et Dupont (1) :
X...,garçon de 12 ans, entre à l'hôpital des Enfants malades, le 16 juin 1905, à la suite d'un accident survenu une beure auparavant. L'enfant était à bicyclette et marchait à une allure modérée, quand, voulant se ranger d'un lramway électrique, 11 glissa sur le pavé humide et fit une chute assez légère sur le côté droit. Pendant qu'il étail à terre, le tramway passa lout-près de lui et le heurta violemment au niveau de lhypocondre gauche. L'enfant ne perdit pas connaissance, mais ressentit immédiatement une douleur très vive dans tout l'abdomen.
(1) La thèse de Planson, page 135.
PE es UN DEA Er de ST RATES CAT IS a ML î JE : ë CAR ; ‘