OBSERVATION IX
Docteur Yves BUREAU. — Observation inédite. Vaccine généralisée chez un nourrisson eczémateux. Guérison.
L'enfant B…. Jean, âgé de 10 mois, entre le 20 octobre 1936, dans le service de Dermatologie de l’'Hôtel-Dieu de Nantes, pour vaccine généralisée de la face. |
Cet enfant. bien constitué, est né à terme (accouchement normal). La croissance était régulière, malgré des poussées d’eczéma.
Le 10 octobre, l’enfant est vacciné contre la variole, chez lui, par les soins d’une sage-femme qui lui fait scarifications à la face externe du bras gauche. À ce moment l'enfant aurait présenté des placards frustes d’eczéma.
Le 15 octobre apparaissent les premières pustules : vaccinales.
À son entrée, le 21 octobre, on remarque une éruption étendue sur la face et sur les bras. Toutes ces pustules vaccinales datent de la même époque. Leur
contenu est purulent. Aucune pustule hémorragique n’a été observée. Au niveau de la face, certaines pustules sont impétiginées.
Malgré l'intensité de l’éruption, l’état général reste satisfaisant. L'enfant continue à s’alimenter régulièrement. Il ne vomit pas, il n’a pas de diarrhée. Il n’a jamais eu ni raideur de la nuque. ni signe de Kernig, ni aucun symptôme méningé pouvant faire croire à une encéphalite vaccinale.
Le 1* et le 2 novembre une poussée de température à 39 et 40° accompagne une nouvelie éruption dans la région lombaire, qui évolue comme la précédente vers la dessication.
Le 22 octobre, conjonctivite aiguë gauche, sans atteinte cornéenne (Argyrol). Abondante sécrétion conjonctivale. Une petite lésion cornéenne centrale gauche motive le passage dans le service d’Ophtalmologie. (Bleu de méthylène et atropine. Argyrol).
Il n’a jamais été constaté de vésicules vaccinales au niveau des conjonctives oculaires.
Le 13 novembre, aspect larvé des conjonctives tarsiennes, avec exudat diphtéroïde très mince. Intégrité complète de la conjonctive bulbaire et de la cornée. Présence de bacilles Loeffler dans le pus conjonctival.
La conjonctivite diphtérique guérit sans séquelles sous l'influence de la sérothérapie.
L'enfant est revu au mois d’avril 1939, très bien portant il ne porte aucune trace de sa vaccine généralisée. Seules persistent les cicatrices à l’endroit des scarifications vaccinales ».
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Il existe aussi des cas de vaccine généralisée apparue chez des individus non vaccinés.