ANATOMO-PATHOLOGIE
1) MACROSCOPIQUEMENT.
Les lésions de la vaccine généralisée sont des pustules dont la structure et l’évolution sont identiques à celles de la vaccine inoculée. Dans les cas typiques, la papule rouge au 3° jour, devient une vésicule aplatie et transparente, vers le 5° ou le 6° jour, qui s’ombilique vers la fin du 7° jour et s’entoure d’une auréole rouge. Le & jour, la pustule qui contenait un liquide louche commence à suppurer, en même temps qu’apparaît une réaction dans le territoire Ilymphoganglionnaire correspondante.
Vers le 11° jour commence la dessication. Il se forme une croûte brunâtre qui tombera trois ou quatre semaines plus tard. Dans les cas curables de vaccine généralisée, la guérison anatomique des pustules vaccinales est le plus souvent complète, s’il n’existait pas de lésions surajoutées, imputables, soit au grattage, soit à l’infection secondaire, soit aux lésions dermatologiques associées. Nombre de malades, comme le nourrisson de notre observation, revu deux ans plus tard en parfaite santé. ne gardent pour toute trace d’une vaccine généralisée, même sévère, que deux ou trois cicatrices gaufrées, à l'endroit
de l’inoculation vaccinale.
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L'éruption vaccinale affecte rarement le type hémorragique. Les pustules noircissent, s’entourent d’une zone érythémateuse, infiltrée, parfois œdématiée et indurée; la transformation escarrotique est l'exception (Observation III, d’Astros). Dans l’Observation d’Allaria (VI), la vaccine généralisée s’est accompagnée d’un érythème polymorphe.
Nous ne tiendrons pas compte des modifications apportées par l'infection secondaire des pustules.
La généralisation de l’éruption s’observe, chez des individus non vaccinés, une dizaine de jours après le contage, et, après la vaccination, du 3° au 15° jour, en moyenne vers le 8 jour. Le plus souvent, il s’agit d’une primo-inoculation. La plupart de nos observations concernent des nourrissons. Cependant, les malades des observations IV et V sont des adultes, la dernière ayant été vaccinée douze ans auparavant.
Les vésicules apparaissent indifféremment sur tous les points du corps, contemporaines des pustules du bras (observation VIII) ou, presque toujours après celles-ci. L’éruption peut être discrète ou confluente. Tantôt 20 à 50 éléments aberrants se localisent sur les joues, le cou, la poitrine, tantôt 500 éléments sont disséminés par tout le corps. Le visage de notre petit malade disparaissait sous les pustules. Cette généralisation serait pour d’ESPINE et JEANDIN (Observation I) un retour au type originel de l’éruption vaccinale.
2) HISTOLOGIQUEMENT.
Levapiri écrit : « La lésion de la vaccine est représentée, comme celle de la variole, par une pustule ectodermique due à la prolifération des cellules de l’épiderme et à leur dégénérescence vacuolaire. La vésicopustule débute par l’accumulation leucocytes autour des follicules pileux et des prolongements épidermiques. Les cellules se vacuolisent, subissant la nécrose, se séparent les unes des autres, pour aboutir à des lésions vésiculo-pustuleuses confluentes ».
La lésion est presqu’exclusivement épithéliale. Le tissu sous-épidermique est à peine intéressé au contact immédiat des papilles et de l’épithélium (BoRREL, l’épithéliose vaccinale).
La lymphe vaccinale contenue dans la pustule, claire jusqu’au 7° ou 8° jour, chez l’homme, se trouble. Elle contient des leucocytes, des globules rouges, des granulations, des débris cellulaires, des noyaux libres, enfin, des micro-organismes.