OBSERVATION XIII
Eruption généralisée, consécutive à une vaccination par MM. le Médecin-Commandant MAIRE et le Médecin-Auxiliaire WoRiNGER. Présentée par M, L.-M. PAUTRIER. Bulletin de la Société Française de Dermatologie et de Syphiligraphie, réunion Dermatologique de Strasbourg. Séance du 20 janvier 1929.
< Le malade que nous présentons est un jeune homme, soldat, qui a été vacciné lors de son arrivée au corps le 20 novembre 1928. Il présente une réaction vaccinale très forte au niveau des traits de scarification dont deux donnèrent naissance à des pustules grosses comme une noisette.
Il est intéressant à présenter, en raison des discussions auxquelles a donné lieu une éruption apparue un mois après la vaccination, accompagnée de quelques phénomènes généraux peu accusés (courbature générale, céphalée); la température n’a pas été prise.
Cette éruption, survenue le 20 décembre, occupait les régions thoraciques antérieure et lombaire. Elle était caractérisée par de nombreux éléments apparus successivement sous forme de pustules bientôt ombiliquées, de dimension variable allant jusqu’à la taille d’un petit pois et se recouvrant d’une croûtelle.
La ressemblance avec les vaccins primitifs fut telle, que le diagnostic de vaccine généralisée vint tout de suite à l'esprit du Médecin du corps.
Isolé aux contagieux, le diagnostic fut maintenu, et le malade ne nous fut amené qu’à la suite d’une nouvelle éruption de caractère tout à fait différent, apparue une dizaine de jours plus tard.
A ce moment, le malade présentait en effet deux éruptions : l’une déjà décrite, se manifestait encore par de nom-
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Néanmoins, le diagnostic de vaccine nous parut probable, d’autant plus que nous avions constaté quelques éléments vésiculaires blanchâtres sur les gencives.
< Quant à la nouvelle éruption, elle était formée d’éléments érythémateux et légèrement squameux, de dimension variable, formant par endroits des nappes plus étendues, dont certaines prenaient l’aspect de médaillons en faveur d’un pityriasis rosé de Gibert, Cette éruption occupait, comme vous pouvez encore le voir maintenant, tout le tronc et s'étendit ensuite anormalement jusqu’à mi-hauteur des cuisses.
Monsieur le Professeur POMTRIER, qui vit le malade le 9 janvier, fit des réserves sur le diagnostic de vaccine, les lésions ayant évolué peu à peu vers le type echtymateux qu’elles présentent actuellement. D’autre part, -le délai d’un mois pour l’apparition d’une vaccine généralisée paraît contraire à celui admis généralement, qui est de quatre à huit jours après la vaccination. »
Le problème est délicat : une éruption vaccinale peut s'accompagner d’érythème, de rash, ou d’une poussée d’une affection chronique de la peau réveillée pour ainsi dire par la vaccination ou, plus rarement, l'infection secondaire va compliquer la vaccine.
Lorsque le tableau clinique ne sera pas assez net pour emporter la conviction, on peut recourir à la biopsie d’une lésion en pleine poussée évolutive.
L’inclusion d’un fragment prélevé à la cornée ou dans le testicule du lapin, méthode plus sensible, donnera à l’examen microscopique, l’image caractéristique des corpuscules de Guarnieri.