‹ À propos d'un cas de vaccine généraliséeChapitre 24 sur 30 · EVOLUTION ET PRONOSTIC · texte numérisé non relu

EVOLUTION ET PRONOSTIC

La vaccine généralisée était considérée autrefois comme une complication grave, souvent mortelle, de la vaccination jennérienne.

Depuis qu’on a renoncé à la vaccination de bras à bras, et que l’on prépare du virus vaccinal atténué, il semble que sa fréquence et sa gravité aient diminué.

La forme généralisée d'emblée, très rare, étudiée expérimentalement par CHAUVEAU et CAMUS, serait d’un pronostic beaucoup plus sévère que la forme généralisée secondairement.

Sur nos treize observations, nous relevons quatre décès, mais l'issue fatale reste toujours à redouter, soit dans les formes confluertes qui s’accompagnent de signes généraux sévères avec hyperthermie, asthénie, oligurie, mononucléose sanguine, comme dans la variole (observations XII et V, où l’éruption prit le type hémorragique), soit dans les formes associées à une encéphalite post-vaccinale. Cependant, le malade d’Allaria guérit de son encéphalite avec des séquelles nerveuses, sous forme d’une hémiparésie droite.

Si la vaccine généralisée s’accompagne d’une kératite, il faut craindre l’ulcération cornéenne, la con-

Pape DS

jonctivite suppurée, lirido-cyclite, la fonte purulente qui entraînerait une énucléation.

Notre malade au cours de sa vaccine généralisée a présenté une conjonctivite purulente, ainsi qu’une érosion cornéenne minime et vite guérie.

Faute de tests biologiques, tels que la recherche des corpuscules de GUARNIERI nous ne pouvons affirmer la spécifité vaccinale des complications oculaires. Mais il nous est permis de supposer que la généralisation du virus vaccinal, dont on connaît l’affinité effective pour l’épithélium cornéen, a sensibilisé cet enfant.

Au cours de la petite épidémie de diphtérie nasale survenue à la Crèche, cet enfant plus réceptif, fut le seul à présenter une diphtérie oculaire.

Quant aux accidents cutanés de la vaccine généralisée, nous avons vu qu’en l’absence d’infection secondaire surajoutée, ils évoluent naturellement vers une guérison complète, plus ou moins rapide. Les cicatrices commencent à s’effacer au bout de trois à quatre semaines en général. La restitutio ad integrum se fait attendre plus longtemps s’il existe en même temps des lésions évolutives des téguments, tels que des placards d’eczéma, du prurigo, du psoriasis, de l’impétigo, une gale infectée.

En effet, on a observé de tout temps que les dermatoses chroniques, par l’appel local de lésions cutanées préexistantes, déterminent souvent l’extension de l’éruption vaccinale et constituaient pour le pronostic un facteur de gravité.

Cependant la vaccine généraiisée semble parfois avoir exercé un rôle curateur à l'égard de certaines affections dermatologiques chroniques.

Elle eut une heureuse influence sur des grosses tumeurs mycosiques qui se résorbèrent (Observation IV).

« Dans un cas de lèpre en pleine poussée active, la vaccine généralisée a également provoqué une sédation des symptômes ».

(JEANSELME).

MONTAUBIN

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