‹ A Propos D'une Observation Inédite De Luxation Congénitale De La RotuleChapitre 6 sur 17 · INTRODUCTION. — HISTORIQUE · texte numérisé non relu

INTRODUCTION. — HISTORIQUE

Ayant eu l’occasion de recueillir, grâce à l’obligeance de M. le docteur Vivien (de Tunis), une observation de luxation congénitale de la rotule, nous avons cru devoir la publier, et la faire suivre d’une étude générale de la question. ; |

L'attention des observateurs a élé attirée sur cette question depuis les temps les plus reculés. Ainsi dans le livre d'Hippocrate il est fait mention des luxations de la rotule existant dès la naissance. Mais il faut arriver à Petit, Laurenz et Boyer pour trouver une élude un peu soignée de la question. Puis, en 1788, Paletta publia la première observation de luxation de la rotule d'origine congénitale. Citons ensuite Chelius, Wutzer el Michaelis.

En 1836, Malgaigne, tout en ne rejettant pas la possibilité de la luxation congénitale, émet des doutes sur

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son existence: « J’estime, disait-il,. que de pareils dires n’autorisent pas à admettre des luxations congénitales de la rotule, et qu'il convient d'attendre des faits un peu

plus concluants. »

Par contre, en 1841, Guérin soutient dans la Gazette médicale que toutes les articulations du squelette, depuis celles de la mâchoire inférieure jusqu'à celles du pied, peuvent être le siège de luxations congénitales.

Deux ans après, Putégnat donne un cas de luxation congénitale de la rotule, puis l’année suivante, en 184, s'élève une discussion entre Périat et Malgaigne, au sujet d'un enfant de 15 ans, qui « depuis son enfance ne pouvait marcher sans tomber, avec une luxation d'une ou des deux rotules, soit en dehors, soit en dedans ».

Puis cest le dictionnaire de Dechambre, le traité d'Hamilton qui traitent la question et citent des observalions. En 1894, une première thèse, celle de Béreaux, consacre un article à la luxation congénitale de la rotule. En 1896, Appel, avec deux observations nouvelles, donne quelques considérations étiologiques ; Kraner fait un mémoire sur la question.

En 1897, Potel fait une thèse sur les malformations congénitales du genou, et l’année suivante Steindler entreprend une revue générale, il cite 6 cas connus. Puis les observations deviennent plus nombreuses ; citons celles de Judet el Touchard, de Kirmisson, de Nové-Josserand, de Réal, de Michel, de Rocher, de Bogen, de Nau, de Bérard.

Enfin, plus récemment, Philippe (de Nancy) recueille 107 cas, tandis qu’en 1910 Deladrière (de Lille) parvient à en retrouver 112. \

Il s’agit d'un enfant grec de 14 ans qui, ayant été renversé accidentellement par un camion militaire, fut trans-" porté à l'hôpital de Salonique dans le service du docteur Vivien. L'enfant présentait une fracture de côte et des contusions multiples.

C’est secondairement et par hasard qu’on constata à la marche une ancienne claudication, et qu’on s’aperçut de la présence d’une luxation congénitale de la rotule gauche.

Antécédents hérédilaires.— Le père et la mère sont vivants, en bonne santé, et disent ne pas présenter de déformations congénitales. Le malade a perdu un frère de 14 ans sans qu'on puisse préciser la cause de la mort. Il a 2 frères et une sœur en bonne santé et ne présen- , tant aucune déformation.

Anltécédents personnels. Aucune maladie antérieure.

k Néanmoins, l'enfant est d'aspect chétif. L'accouchement ! aurait été normal, bien que la mère ait semblé indiquer que la durée du travail aurait été particulièrement longue. En tout cas, l'enfant avait toujours eu le genou

/ faible, et n'aurait cessé de boiter légèrement. Examen (le 14 novembre 1918).— Le malade étant

INA couché, on est, à l’inspection, frappé par la présence d'un genu valgum très nel. Le fémur est particulièrement oblique de dehors en dedans. Le condyle interne

déborde le plateau {ibial en dedans, tandis que le condyle

externe, beaucoupmoins développé, est débordé en dehors par le tibia. La rotule ne paraît déjà pas en position nor-

male. Elle repose en majeure partie sur la face anté-

rieure du condyle externe.

Par la palpation on constate une mobilité de la rotule paraissant anormale, el l'absence complète de liquide dans l'articulation.

(On examine alors les mouvements de l'articulation. Dès qu'on fait fléchir la jambe sur la cuisse, on voit la rotule se porter, très brusquement, fortement en dehors et légèrement en bas. Quand on remet la jambe en extension, on voit la rotule reprendre d'elle-même sa place normale. |

Ce déplacement donne l'impression que les ligaments latéraux sont inexistants, et que la rotule n'est plus fixée que par le tendon du triceps et le tendon rotulien.

La luxation est impossible dans l'extension. L’amplitude des mouvements est normale, cependant on constate un léger degré de mouvement de latéralité.

Le triceps est peu développé, surtout dans ses parties externe et antérieure. À la marche, l'appui du pied est normal ; la luxation ne se produit pas au cours des mou-vements ordinaires de la marche, mais, si on fait baisser le malade pour ramasser un objet, la luxation se produit. Sous l'influence de la fatigue, Île malade boite légèrement, les chutes seraient fréquentes.

La mensuration de la cuisse, pour mesurer le degré d’atrophie, donna :

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