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|A Monsieur le Docteur J. BRUNETON
Chirurgien-chef de 1’hopital de Montmorency
| auquel nous devons le meilleur de notre formation chirurgicale.
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jionsieur le Docteur BR. LA NEUMIER.
| wédecin-chef à l'hopital de Montmorency
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5 äsns le service duquel nous | | avons passé des mois SL enrichissants. ei
Personnel
Nous nous proposons de présenter dans ce travail deux cas de saturnisme hydrique ayant cette particularité de tirer leur origine de l?eau alimentaire de Paris. Nous disons particularité, car, à notre connaissance, jamais aucun cas de saturnisme hydrique n?a été pubiié à Paris jusqu’en octobre 1955.
Pour la majorité des médecins de Paris, certainement, saturnisme hydrique évoque la Bretagne ou les Vosges 3; mais peu d’entre nous, sûrement, pensent à l’intoxication piombique Gsvant des troubles de l’état général, des coliques abdominales ou une faible anémie rouge chez un sujet ne travaillant pas dans des conditions favorisant habituellement une telle intoxication s lors du parox;sme des crises, bien des malages
ont été débarrassés de leur appendice, ou, tout au moins, …
ont subi une laparotomie restée muette.
T1 aurait suffi de rechercher, outre $ e » ? 4 4 s - liseré de Burton, par&-
les signes cliniques évocateur lysies radiales respectant le iong supinateur - le taux ée porphyrine urinaire et globulaire et la présence d’hematies ponctuées dans le sang pour faire le diagnostic ;
le dosage du plomb dans l'eau d’usage alimentaire confirmerait l?étiologie de l’intoxicatione.
‘Mais pour faire un diagnostic, il faut y penser, et le satumisne hydrique est évoqué trop peu souvent dans nos espritse
Or, si le saturnisme est essentiellement une maladie professionnelle ; il a également d’autres étiologies : le saturnisme alimentaire a été étudié par Mademoiselle VIOLFAU dans sa thèse, le saturnisme hydrique a fait l’objet de nombreux travaux rapportés
dans notre bibliographie.
Notre but est de montrer que ie gatumisme hycrique est une intoxication également jangereuse à Paris, et que son nom doit être . évoqué devant
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tout syndrome ahdominal bitard avec p2r0xysme ; 4 sa cajoite une asthénie avec enémie, et dans les cas faciles, une paralysie radiale typique.
Nous avons cru intéressant de refaire un hisorique de la question, et nous nous sommes volontaircnent attardés sur ce chapitre. Nous verrons ques si déjà les auteurs anciens parlaient des dangers du piomb
‘et inaistaient sur les qualités que doit avoir une bonne
si VITIUVE sdisait S nommer, l'existence eau, si VITIUVE prédisait san la a er Au catumigme hydricue, ce n°est qu’en 18%: que ; EA £e MUS3Y en fit la première description, et ce n est que depuis le début de notre siècie que des cas de plus
en plus nombreux furent publiés,
Dans un second chapitre, rous ranpel= lerors rapidement les différentes étiologies du saturmis= me hyärique que nos recherches biblicgraphiques nous auront fait conneître. et nous tâcherons d?en extraire celles qui peuvent étre retrouvées à Paris,
La première ochservation que rous rap porterons sera celle de M. G.... hospitalisé en avril 1954 à 1hôpital Lariboisière dans le service de Mon sieur le Docteur WORMS , Nous tenons à remercier biem respectueusement notre Maître Monsieur WORMS, de nous avoir confié cette observation.
La seconle observation, en fait anté= rieure à la précédente, fut publiée par Messieurs DESOILæ LB et ATBAHARY en octobre 1953, Ces auteurs suivirent je malade en consultation et le firent hospitaliser en dé. cemb:e 1952 à Lariboïisière dans ie service de lionsieur WORUS, Nous reprerrons brièvement l’histoire de M. Le. dont l'étioiogie. différente de celle du saturmmisme de M,.G.., pose des problèmes intéressants. e
ee è Ntre historique aura montré la difficuité qu'il y eut à affirmer la réalité au saturrisme hyürique, Les observations que nous rapportons montres ront la difficulté qu’il y à encore maintenant à poser le Giagnostic de saturmmisme, surtout dans ies formes infra cliniques, ou pauci-symptomatiques comme celles que “donne, pendant de longs mois, l’intoxication par l’eau d‘alinentation,
| Notre conclusion iFfi Éd ue 7e conc-usion, rappelant ces difficuliés, insistera sur le fait que nous: voudrions faire ressortir de ce travail # ;
cussi bien à Paris que dans les campagnes, le médecin coit craindre et donc penser au saturnisme d'origine brarique ; d'autant que le traitement en est simni 13 suppression de la : + < 1p<e ; cause soignant l’intoxiqué.
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- HISTORIQUE DU SATUENISME HYDRIQUE —
La Grande Encyclopédie lesrousse nous dit que le plomb est un métal connu depuis fort longtemps : c'est de celui-ci que sont faits un certain nombre d’objets découverts lors des fouilles de Mycène, à Hissarlik et dans les stations lacustres suisses de l'êge de bronze,
Deux fois mentionné par HOMERE, on en trouve également l’indication dans les hiéroglyphes égyptiens et les inscriptions cunéiformes, :
À Babylone, les pierres des ponts étaier* reliées par des crampons de fer scellés au piomb .
Grecs, Carthaginois et Romains, exploitaient largement les gisements qu’ils avaient découverts È -sur leur territoire, ou dans les régions annexées, : Je
Chez les Romains, on fabriquait surtout des tuyauteries, fistulse, qui occupaient les ouvriers plombiers, plombarii.
: | A Delos, les Athéniens avaient également une tuyauterie de plomb de grande importance.
£ Ainsi se devait-on de rechercher ès ad ces époques, lointaines, les premières craintes du sature nisme hydrique. +
HIPPOCRATE , plus de 490 avant Je.Ce.s
signalait déjà dans son traité “Des airs, des eaux, et vi des lieux", l?’importance pour ffcelui qui veut chercher convenablement la connaissance de la médecine, de considèrer les qualités des eaux, car autant elles di ffè rent par leur saveur et par leur poids, autant chacune | d'elle diffère par ses propriétés", | Re
Plus loin, cet auteur précise que les de eaux sortant d’un sol riche en minerais variés ne peuvent à pas Être bonnes , "mais elles sont dures et brülantes, elles passent difficilement par les urines et sont con-
rte
traires à la liberté du ventrel,
Ailleurs Hippocrate aurait décrit Je es, Pl - de.
colique saturmine et la forme paralytique ce l’intoxica tion par le plomb.
DTOSCORIDE , au début de notre ère, signelait que le plomb mis en présence de liquide agressif, comme du vinaigre, donne de la céruse .5i cette céruse a Ges propriétés médicinales intéressantes en
ucage externe, lprise par la bouche est chose mortelle ...
Un peu plus tard, GALIEN indiquait à gon tour que tous es métaux rendent Les eaux mauvaises,
: C'est un architecte qui, à cette époque, parla le premier. d’une manière précise et directe, des dangérs qu'il y avait à utiliser le plomb pour les canalisations d'eau poteble à Rome. Nous voulons citer VITRUVE qui, dans son huitième livre d’architecture, prédit la découverte du saturnisme hydrique s:
"M Les tuyaux de poterie ont cet avantage qu’il est fort aisé de les raccomnoder quand ils en ont É besoin, et que l'eau ÿy est beaucoup meilleure qe dans des tuyaux de piomb, dans lesquels 11 s’engendre de la céruse, que l’on estime étre fort dangereuse et fort contraire à nos corps 3: et en effet il y a apparence que le plomb ne doit pas être réputé bon pour la santé, si ce qui s’engenüre de ce métal est dangereux : cela se prouve par l'exemple des plombiers que l’on voit d'ordinaire être pêles, à cause de la vapeur qui
s'élève du plomb Quand on le fond, et qui péné-
trant le corps, brûle les parties et corronpt
le sang ; de sorte que l’on peut dire que pour
avoir de bonne eau, i1 ne la faut pas faire
venir dans les tuyaux de plomb :; et même, elle
est plus agréable quand elle a été conduite var
de Ja poterie ; ainsi voit-on que ceux qui ont. des buffets garmmis de quantité de vases d‘'ar… gent trouvent l’eau meilleure quand ils la.
boivent dans la terret,