‹ À propos de deux cas d'intoxication saturnine hydrique à ParisChapitre 8 sur 17 · LI 70 LL · texte numérisé non relu

LI 70 LL

- 1941 dans les Vosges, à Nancy surtout (thèse et pubiications de HARMND)

- 1942 à ia Tour - Cu + Pin, DENIER cite troïs cas 3 dans la Presse médicale du 4 mars RAMOND consacre 14 Petite clinique au :

saturmisme hydrique.

= 1944 à Aurillac MEZARD

… 1946 en Seine et Oise (Rambouillet) MALESPEINE cite un case SCHWOB dans sa thèse rapporte deux cas dans une même famille.

- 1951 la thèse de Mademoiselle VIOLEAU fait une synthèse de la question, rapporte de NOU = veaux cas et cite encore: le Limousin, La Vendée, Nantes ; la Belgique aussi, où des cas-ont été décrits par GENGOUX.

= 1953 : signalons l'étude d’'ESBACH sur un cas de saturnisme rural 3; l'étude de BENARD et ses collaborateurss à propos d’un seturnisme collectif subaigu Aû à la consonmatio” d’un vin plombifère sur un bateau pétrolier s l’article de DESOILLE et ALBAHARY

Fe sur des cas de saturnisme hydrique décrits

< à Peris, et que nous rappellerons dans

2 | notre travail,

… 1954 + THIFFERT.et JANS signalent les dangers de l’eau de Seltz et le saturnisme hydri-

que à la Société de médecine et d‘hygiène,

a du travail. | DE 3

Jamais aucun cas n‘avait été décrit à Paris, jusqu’à ces dernières années .C’est alors que coup sur coup deux observations sont relevées dans le PRES service de Monsieur le Docteur VWORMS à l'hôpital Lari- à boisière « L'une d'elle, déjà citée, à été publiée par ne DESCILLE et ALBAHARY dans la Presse médicale du 3 octobre 1953 +

L'autre est le sujet d’une publica-

tion prochaine et c'est celle-ci que nous rapporterons 7 dans ce travsil grâce à la bienveillance de notre Maître, à Monsieur Le Docteur WORMS qui a bien voulu nous là ee

confier «

ivant de clore noire historique, nous nous proposons, pour tendre à être complet, de Voir Mob eee nent la position prise per l’homme de loi, le législateur, levant le danger du saturnisme hydrique, gué <ul indiquait l’homme de Sciences, le Médecin surtout.

Nous ne rarlerons que des décisions nationales, négligeent les décisions départementales où communales. Ces dernières sont plus précises et plus directes, car le saturnisme hydrique a une préférence, ex pliquée, pour certsines régions ou certaines villes : an conséquence, certains Préfets ou certains Maires ont à prendre des décisions qui n‘ont pas besoin d’avoir un caractère national.

Citons en exemple la ville de Rennes, en 1935 qui, après le rapport de M. ARTHUS au conseil d'Hygiène de la Ville, décidé de réaliser rapidement

une neutralisation et une reminéralisation des eaux po-

tables.

Les textes de lois et décrets sont nombreux, et il nous paraît difficile de donner un aperçu général de la législation françsise qui a règlementé l?utilisation de l’eau potable dañs notre pays, sans faire de graves omissions.

| Nous evons parcouru la ‘table du Jour nal Officiel depuis sa parution, nous avons également consulité le Répertoire de Législation de Daïloz, et avons lu de nombreux textes officiels, Il nous semble être en droit de schématiser comme suit 1/évolution des lois et décrets relatifs à la protection des eaux potables en France,

| Se Jusqu? au début de notre Biècle., il

existait une législation éparse, formée d'ordonnances ou » Le | FA Ë >

de lois, telles que les ordonnances royales de juillet

Lio etai 1777, les décrets d'octobre 1878 créant une

LA 1 a + «A À vit x F:

tion des eaux", la loi du 8 avril 1898

À concernant tection des cours d’eau, la loi du 10 août 1871 et de loi du 21 juin 1898 sur'la salubrité publique ... ete.

Vers 1900, on sentit le besoi | , Vers 1 sen LU d'une refonte de cette législation : et ce fut alors Fa

é Fe 2 4 E de la Santé œubli 5 sont alors créés les Conseils d'Hygiène ne

les Commissions sanitaires, et est règlementé la protection des eaux potables venant de sources ou de puits de forage (article 10).

Nous voulons citer ensuite une circulaire du linistre du Travail, de l’Hygiène, de l’Assistance et de la Prévoyance sociale du 12 juillet 19024 + elle réglemente d’une manière precise la re-

‘cherche, Le choix, le captage, 1’2dduction, la surveil

Jance ét le controle des eaux d'alimentation ; il y est noté que les eaux de pluie Mont 17inconvénient d’avoir une minéralisation très faible 5; il peut en résulter notamment de leur passage en des ouvrages de plomb (toit, gouttières, ete...) une dissolution de ce métal susceptible de provoquer chez le consommateur des acc dents de saturnisme. Ce risque serait considèrable si l’on ne proscrivait pas absolument le plomb des canalisations et dispositifs servant à la collection

et, à la distribution",

Ce texte nous a paru intéressant, car

c’est le seul officiei où l’on ait vu parler explizitement du saturnisme hydrique,

Ce n’est qu'en 1935 que fut règlementé la protection des eaux artificiellement urifiéess avec en particuiier les notions de périmètre de pro- +ection et de pénalité concernant la protection des

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es É 4 = ee

ouvrages d’amenée d’éau potable (décret-loi du 30 octobre).

. En 1946 nous trouvons un décret organi— sant le contrôle des distributions publiques d'°eau.

Le point aboutissant de tous ces textes et des nombreux non cités, est le décret du 5 octobre 1953 créant un Code de la Santé Publique 5 on y lit que le Préfet est tenu d'établir un règlement sanitaire eur proposition du Directeur départemental de la Santé et après avis du Conseil d'Hygiène (art.1) . Ce rèslement sanitaire détermine, entre autres choses, "les prescriptions relatives à l'alimentation en eau potable! CL:

| Le chapitre III de ce code est consacré aux eaux potables, On y lit que sont interdites les amenées par canaux à ciel ouvert d'eau destinée à l'alimentation humaine (art.20),

Notons qu'il n’est nulle par question de la matière première qui doit où ne doit pas dons-

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tituer la canalisetion,

Mais “tout concessionnaire d'une 7 é + distribution d’eau potable est tenu de ue une eau bectériologiquement et chimiquemert pure”.

Cette prescription comporte toutes les fois que l’eau est susceptible d’étresosouillée, même accidentellement, l'emploi de méthodes de ou rection scientifique et l'obligation de PR périodiques rapprochés de la dite eau suspecte (art, je

Notons enfin que quiconque; par incurie, laissera introduire des matières

négiigence ou avr susceptibles de nuire à la salubrité de l'eau des con-

duites, sera puni. (art.25),

Nous avons vu la législation sur le plan nationsl. Pour Paris , qui nous intéresse plus pare ticulièrement ici, nous devons rappeler que le pervice de Contrôle des eaux de la Ville surveïiile régulièrement la qualité des eaux et peut être emené à les corriger (par addition de chaux) pour éviter toute agressivité chimique nocive, re.

Pour conclure cet aperçu historique nous voudrions retenir ceux faits :

1) La difficulté que les médecins ont eue pour recon-— naître l'existence Ce i'intoxication satumine par les tuyaux de plomb, La multiplication des cas de saturnisme hyirique reconnus et traités depuis le début de notre siècle traduit des moyens de diagnostic plus précis et montre bien la différence qui existe entre la réalité d’un denger et Sa reconnaissance,

re

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ot

: 2) L?absence de cas de saturnisme hydrique à Paris

jusqu?à ce que, fortuitement et sans rapport: l’un avec l’autre, deux malades aient été

hospitalisés dans le service Ge Monsieur

Le Docteur WORMS à Lariboiïigière pour cette

intoxication.

* Ces deux faits nous portent à croire a que le saturnieme hydrique sévit à Paris et que nombre d’intoxiqués méconnus sont trai ités pour des affections bien diverses à diagnostic mal étayé. Dans quelques années, l’histoire nous dira si d’autres cas plus nombreux ont été signalés,

VE

Nous devons citer une fois encore :

les noms de FE. DE IAVAL et de BOUILLAUD qui, malgré l’0= pinion commune de nombreux collègues émin ns, surent | 4 en 1873 garder tout leur sens critique et durs que U l’on continue ce se méfier du saturmisme ses Ce Er n'était pas qu’imagination,

NE Du

- DES ETIOLOGIES —

rs Nous voudrions dans ces quelques

pages, essayer de tirer Ges nombreuses étiologies cu : saturnisme hydrique que nous avons relevées au cours Se

de notre travail bibliographique celles qui peuvent être

retrouvées à Paris. Nous rappellerons brièvement toutes

! les causes signalées par les auteurs, et nous élimineron.

à celles qui nous semblent, incompatibles tant avec le mode 5 de vie qu'avec les précautions d'hygiène qui sont prises à Paris, Aucune de ces causes ne sera l’effet d’une étude approfondie ; nombre de travaux ont été déjà faits sur ce sujet, et ce n’est pas notre propos de nous y attarder.

RD à VE lu 7

VITRUVE et les auteurs anciens n’émirent que des thypothèses , a

GUENEAU DE MUSSY parlait déjà d2s dangers de la pureté de l’eau et du couple fer-plomb;

: Les auteurs de 1873, comme nous l'avons vu, avaient des idées plus précises .

Mais il fallut attendre la thèse de 0. FERRIER (citée) pour avoir une étude étiologique sérieuse du satumnisme hydrique, cet auteur insiste sur le rôle chimique de l’eau, sur celui de la stagnation et de la date d‘installation des canalisations.

Ce sont essentiellement ces causes qui furent dénoncées par les nombreux médecins qui pu bDlièrent de muitiples cas d'intoxication ces dernières Fe années.On ne peut guère y ajouter G’important que le É rôle des micro-courants électriques dont l'étude détail . lée fut faite par DENIER de le Tour du pin en 1942. a

1) La pureté de l’eau, son desré h irotimétrique (qui “doit être entre 11 et l4 pour donner le mazinum = de pureté) sont essentiellement fonction de La LA région où on la puise. |

D'TG Te

A Paris, on n’a pas à crainîire 1’attaque des tuyaux de pion par une eau ©TOoP pure où trop acide, car, malgré la diversité d‘origine de l'eau que nous buvons, le Service de Controle des Eaux de la Ville en surveille et en corrige even tuellement la qualité.

s 2} La richesse en 02 et en Ç0Z, tient surtout à’lorigine 2 torrentielle et pluviale des eaux, et lorsqu’il s'agit de puits, de sources, de puits à pompe (le désemorçgage amenant une aération de la conduite).

4 Cette étiologie ne semble pas devoir ; être retenue pour Paris à première vue ; mais il faut faire une part à la possibilité d'accidents 2 de conduite qui en amèneraient une aération néfaste . |

ù Surtout il faut penser au problème qe | de l’eau de Seltz soulevé encore le 24 juin 1954 “2 devant là Société de Médecine et d'Hygiène du

QE Travail par MM. TIUFFERT et JANS . Le CO2 ce

' cette eau gazeuse attaque le plomb de l’aïliage

à | composant les têtes de siphons. La loi interdit

si. un taux de plomb supérieur à 10% pour ces alliages st MM. TFUFFERT et JANS demandent que tout alliage #2 de plomb soit prohibé pour cet usage, |

"1000 3) La longueur des canalisations dont le rôle est peu ‘tb important à Paris car on n‘emploie plus ie plomb 2 que pour les branchements particuliers à cause FT de sa malléabilité. ;

4) La stagmation de l’eau dans les tuyaux. signalée 1% | comme étioiogie plusieurs fois, et, pour être D classiques on peut rappeler que PELLE et ARTHUS D avaient calcuïié qu'après un séjour d'une nuit % dans un tuyau de 75 m. de long, une eau conte- | nait 3 mg, de plorb par litre : après une purge de 5 m3 le taux tombait à 0,0008 mg.

5 Le débit est généralement plus

Mt grand à Paris que dans les installations de

Et cempagne ; néanmoins ce facteur peut jouer dans certaines conditions à Paris, et l’on verra qu'il est à l’origine de l’intoxication de M, Ge... dont nous rapportons l'observation.

5) La gate d'installation de la-conduite, tant que l'enduit protecteur des sels insolubles n’est

pas encore formé et ne protège pas encore le tuyau de plomb ,.Ce facteur peut éventuellement jouer à Paris,

6) L'augmentation de la température de l’eau pour-

rait favoriser la dissolution du plomb, signslent DESOILLE et ALBAFARY

L'extension de la pratique de distribution d’eau chaude, à Paris en particulier, nous parait dangereuse quant à l’usage alimentaire.

7) Le couple métallique (fer « plomb s déjà signa-

e lé par GUENEAU DE MUSSY , ou cuivre-plomb que constitue le robinet de laiton soudé sur ia conduite de plomb) a été accusé de favoriser la dissolution Cu plomb.

La potentialité électrique différente 2 chaque métal produit un courant électrique gérérateur d'électrolyse.

On a également accusé Les impuretés se trouvant dans le plomb, et les soudures qui jouent le rôle de second métal d’un couple.

I1 est évident que ces causes sont à évoquer en présence de saturnisme hydrique et cela à Paris comme ailleurs.

8) Les micro=courante électriques, signalés par

ULTIER dans sa thèse en 1938, par DUPUIS en 1940 qui rapporté un cas d'intoxication, puis par DÉNIER en 1942 , Ce dernier présenta trois

observations et une étude pathogénique détaillée,

Le couple n'est pas nécessaire pour

qu’il y ait électrolyse ; il suffit qu'un cou rant infinitésimal parcourt un tuyau Ge plomb : DENIER fait passer 30 mA dans une électrode

en plomb plongée dans de l’eau ordinaire de degré hydrotimétrique 22 3; au bout Ge 18 heures, on décèle du plomb dans l’eau.

Actuellement, ces micro-courants ten-

dent à devenir plus fréquents avec l'emploi de plus en plus généralisé de l'électricité.

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Ils sont dus à des courants de fuite à ‘la terre : prise de terre de T.S.F: branchée sur robinet; proximité d’une centrale électrique donnant une charge statique au tuyau 3; voisinage de canalisations et de cables élec triques. mal isolés ; chaque fois il y a formation de courant électrique et électrolyse.

L'observation de M. L,. . que nous avons résumée est due à un branchement de prise de terre de T.S.F, sur robinet.

Nous voyons ainsi que 1ies causes de satuinisme hydrique ne manquent pas à Paris, À la cam pagne les intoxications sont plus facilement importantes, à cause de l’agressivité des eaux, de la longueur des | canalisations toutes en plomb, de 1a non surveillance des eaux ; à Paris si les tableaux cliniques sont moins évo= cateurs, le satumisme hydrique n’en existe pas moins, provoqué par des causes plus insidieuses et encore mal connues du public et des médecins. :

: Les observations que nous allons présenter maintenant, montrent la réalité des faits que nous avons avancés jusqu'alors,

; | M. G... Sgé de 52 ans, magasinier dans une Entreprise de quincaillerie, est hospitalisé le 27 avril 1954 pour une altération progressive de l’état général, C'est au mois d’août 1953 que le malade jusque là en parfaite santé, commence à se plaindre d’une fatigabilité insolite rendant de plus en plus pénible un travail d'ordinaire aisé, L'appétit, en même temos, dé croît. Puis apparaît une dyspnée d'effort modèrée d’abord et bientôt provoquée par la plus courte marche, et s'accompagnant d’algies précordiales. Dans les dernières semaines, celles-ci apparaissent spontanément au cours

de la nuit. L’asthénie confine le malade au lit, l’enorexie est devenue complète.

È A l’examen . la pôleur est extrème avec un très léger subictère des conjonctives,

| La langue est saburrale, non dépapillée, la denture très défectueuse. Abdomen souple, cadre colique indolore, foie et rate de volume normal, Il n’existe aucune adénopathie. Le toucher rectal est négatif.

Auscultation cardiaque nomale,

La tension artérielle s’inscrit à 15-8.

Appareil respiratoire normal,

Organes génitaux normauxe

Pour finir,l’examen du système nerveux

sur lequel le malade n’attirait pas particulièrement l’at-

tention, met .en évidence une paralysie radiale du côté droit, la main est tombante, sans qu’il existe une ‘mpossibilité complète de 1a relever. La paralysie prédomine sur l’extension du médius et de l’annulaire, avec conservation relative de la force d’extension de l’index et de l’auriculaire, Le long supinateur est respecté.

A gauche, les mêmes troubles se retrouvent, mais très discrets, sous forme d’une parésie qui

atteint de façon symétrique les mêmes groupes musculaires

qu’à droite, :

RARE Det © ee)

Des deux côtés existe, en outre, une amyotrophie des éminences thénar et hypothénar.

Aucun trouble de la sensibilité, Les réflexes ostéo-tendineux sont conservés. À noter un tremblement menu; rapides qui anime globalement les

extrémités à droite et à gauche, ainsi que quelques contractions fasciculaires des muscles du tronc apparaissant à l’occasion des mouvements volontaires.

Les membres inférieurs sont indemnes.

La constatation d’une paralysie si caractéristique évoque d’emblée le diagnostic Ge satur— nisme, Le premier exemen de Sang le confirme. sans re tard, montrant, avec une anémie à 2.860.000 G.R. le présence de 60% d’hématies à granulations basophiles,

11 n'existe aucune autre manifeste- 5 10 tion de saturnisme, aucun autre stigmate clinique, ef ! notamment, pas de Îliseré de Burton, IL faut noter que ) les occupations du malade ne l’ont jamais exposé aux 1 risques d’une intoxication professionnelle,

Un certain nombre d? examens complé— $ mentaires sont pratiqués dont voici le détail :

Date GeBe . In Mond Observations

| V.Gs ES | 7 avr. 2.860.000 | 12, . | laluiaire a «60 GB,

lo " | 3,040.000 | 7.600156 | 5 | 1 |36 | 2 1 | 3.020.000 | 11.000167 25 7 RélietaeyTes L%

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