ACTION DE LA GROSSESSE SUR LA NEPHRITE
« Toutes les néphrites chroniques ne s’aggravent pas pendant la grossesse, dit Sachs, et toutes les néphrites chroniques aggravées ne restent pas aggravées ultérieurement. » Il semble pourtant que l’aggravation soit la règle. Dans les 42 observations que publie M°° Grand, elle ne constate que six cas où la gestation n'eût pas d'action sur la néphrite.
Mathieu, rapportant 14 observations, ne note que 2 cas sans aggravation de la néphrite.
Il est intéressant de noter que, dans ces 8 cas non aggravés, il s’agissait sept fois de primigestes, le 8° étant celui d’une multipare qui, après une néphrite avérée de la scarlatine, avait eu, à l’occasion de ses grossesses antérieures, des poussées d’albuminurie et d'œdèmes et n’avait présenté, au cours de la gestation étudiée, que des examens normaux. Toutefois, trois ans après, elle avait une tension de 19/12, la néphrite continuant à évoluer.
Par contre, 48 fois sur 56 la grossesse a aggravé la néphrite, mais cela d’une façon variable selon la prédominance des symptômes constatés.
C'est l’hypertension qui est, sinon le plus fréquent, du moins celui dont le pronostic est le plus sérieux.
PR) Wie
Elle existe dans plus de la moitié des cas et elle ne manque pour ainsi dire jamais dans les formes graves.
La note albuminurique est précoce et constante, mais se voit aussi bien dans les formes légères que dans les plus graves. Le taux dans ces dernières varie de | gramme à 7 grammes. C'est elle qui, le plus souvent, attire l'attention sur la possibilité d’une néphrite chronique.
Comme l'albuminurie, la note chlorurémique est précoce, mais de tous les symptômes c’est celui dont la valeur diagnostique et pronostique est la moins sûre.
Nous avons déjà dit combien une azotémie, même modérément augmentée, avait de valeur diagnostique chez la femme enceinte, où son taux est habituellement inférieur à O gr. 35 pour 1.000, et ne s'élève que fort peu dans les néphropathies gravidiques. Sa valeur pronostique est grave lorsque, trouvée à des examens successifs constante ou progressivement croissante, on la voit quelquefois se maintenir après la mort du fœtus in utero ou l’accouchement, alors que les autres signes ont disparu, pour peu de temps d’ailleurs le plus souvent.
C'est qu’en effet l'avortement, la mort du fœtus in utero, ou l'accouchement, provoquent dans la plupart des cas une sédation des signes, apportant comme un corollaire à la loi quasi générale d'aggravation de la néphrite chronique par la gestation.
Et, par là, nous arrivons à constater ce que disait Sachs et que nous citions en tête de ce chapitre, à
savoir : que toutes les néphrites chroniques aggravées