‹ A propos de deux observations de néphrite chronique mortelle au cours de la puerpéralitéChapitre 24 sur 31 · SACRÉ · texte numérisé non relu

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l'époque approximative de cette grossesse, postérieure elle-même à l'atteinte rénale primitive, apparurent des troubles visuels, des vertiges et une hypertension dont la maxima atteignit 18, puis 20. Ces manifestations persistèrent par la suite.

D'autre part, cette malade fit deux fausses couches de 2 mois 1/2, mais nous n'avons pu situer leur classement chronologique ni par rapport aux autres gros-

ë RE se sesses, n1 par rapport à l'atteinte rénale primitive.

En résumé, le bilan des antécédents « Néphrite chronigue et grossesse » de ces deux malades au seuil de

la grossesse actuelle se présente ainsi

Mme M... (obs. I) : 2 grossesses antérieures, toutes deux pathologiques, avec mort de l’enfant chaque fois. Antérieurement aux deux grossesses : grippe en 1918 et angines fréquentes, qui attirent l’attention comme facteurs étiologiques.

Mme R... (obs. IT) : néphrite aiguë, guérie sans séquelles apparentes. Mais, 3 ans après celle-ci, apparition de troubles en rapport avec une gestation : hypertension constatée (max. 18), vertiges, troubles visuels. Ces troubles ont persisté depuis, avec aggravation de

l'hypertension (max. 20).

Il semble bien dès lors, malgré l’absence d’autres renseignements, sur l’azotémie notamment, que si dans le premier cas l'existence d’une néphrite chronique est vraisemblable, dans le deuxième elle est

certaine.

RAA

C. — La néphrite chronique au cours de la grossesse actuelle.

Si, ani cours des grossesses précédentes, nous avons vu apparaître des troubles sérieux, ces troubles, dans le premier cas, apparurent assez tardivement, dans le deuxième cas, ils n’empêchèrent pas l'accouchement d’un enfant vivant.

Au cours de la grossesse actuelle, une première constatation s'impose : la précocité d’apparition des troubles fonctionnels relativement aux grossesses antérieures

Mme M... (obs. I) voit apparaître des troubles fonctionnels importants au cours du 5° mois, alors que ce n’est qu'au /° qu'ils s'étaient manifestés à chacune de ses deux grossesses antérieures.

C’est aussi au 5° mois que l’état de Mme R... (obs. Il) s'aggrave d’une façon soudaine.

Une deuxième remarque : c’est la gravité immédiate des symptômes et parmi ces derniers l’azotémie élevée, une importante hypertension avec dyspnée et bruit de galop.

L'évolution, dès lors, est différente pour chaque ma-

lade

Mme M... (obs. Î), après le début des troubles, reste trois semaines dans un état stationnaire. Et au bout de cette phase prodromique, pourrait-on dire, apparaissent des signes de décompensation cardiaque. Malgré toute thérapeutique médicale et obstétricale, elle suc-

combe en 20 jours à l’urémie progressive.

Chez Mme R... (obs. Il), la période prodromique est réduite à 8 jours. Le 9° jour : œdème aigu du poumon, qui l'emporte le 13° jour dans un tableau d’asystolie avec dilatation des cavités gauches.

Il est intéressant de remarquer que là où l’azotémie a pris le devant de la scène (2 gr. 59), 1 mois 1/2 s’est écoulé entre les premiers troubles et la mort ; et un délai de 3 semaines a précédé l’apparition des signes faisant redouter un pronostic fatal à brève échéance.

Par contre, la défaillance cardiaque, s’accompagnant d'une azotémie moins sévère (0 gr. 98), se complique dès le 8° jour d'accidents paroxystiques emportant la malade 11 jours seulement après le début des troubles.

Quoi qu'il en soit de ces différences dans la rapidité d'évolution, et, que la mort fût le fait de l’urémie progressive ou de la défaillance cardiaque brusque au cours d’un accident paroxystique, les malades arrivèrent à la Clinique Obstétricale de la Faculté à une période trop tardive pour qu’une chance sérieuse leur fût laissée.

Nous nous sommes alors demandé s'il eût été possible d'envisager pour ces malades une hospitalisation plus précoce, en vue d’une thérapeutique obstétricale efficace, c’est-à-dire comme le demande Vinay, « de ne pas laisser passer le moment favorable et de ne pas intervenir trop tardivement », et comme l’envisage Mme Grand, « de pratiquer l’avortement plutôt à titre prophylactique dans les formes évolutives ne menaçant pas encore la vie de la malade, mais qui

semblent aggravées par la gestation récente ». Enfin

MNT

eut-il été possible d'envisager la véritable intervention prophylactique : la stérilisation avant la gestation mortelle ?

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