‹ A propos de deux observations de néphrite chronique mortelle au cours de la puerpéralitéChapitre 26 sur 31 · RUE À ÈS · texte numérisé non relu

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ces rénales aux bacillaires, au sujet desquelles certains auteurs ont pu dire qu'elles ne pouvaient, sans danger grave, doubler le cap de trois.

La première grossesse pathologique n’a été meurtrière que deux fois sur dix, et encore, dans l’un de ces deux cas, s’agissait-il d’une femme ayant eu, 9 ans plus tôt, une néphrite de la scarlatine et qui présenta constamment depuis des signes de la série rénale ; et l’on peut se demander, étant donné l’importance du trouble rénal, s’il ne s’agissait pas peut-être dans ce cas d’une néphrite subaiguë.

Nous avons déjà souligné plus haut la gravité toute particulière de ces formes, évolutives encore, au moment où la gestation survient, aggravant d’une façon rapide et alarmante la symptômatologie.

Une place à part, parmi elles, revient à la néphrite récente. Magnin, dans sa thèse (Lyon, 1939), reconnaît une gravité spéciale aux néphrites datant de 2 à 4 ans et constate que dans ces cas le tableau clinique revêt une telle ampleur que l'interruption de la grossesse s'impose le plus souvent. C’est sans doute à cette intervention pratiquée sans atermoiement par la plupart des auteurs que nous pouvons attribuer l'absence de mortalité immédiate dans les cas de ce genre.

La date d'apparition des complications, au cours de la gestation mortelle, donne le tableau suivant

2 fois elles surviennent au |” mois

1 fois » » RE) 3 fois » » RS RE 6/10 3 fois » » es MO

1 fois » » #0)

C'est du 3° au 5° mois qu’apparaissent, 6 fois sur 10, les complications au cours de la gestation mortelle. Elles surviennent 3 fois sur 10 au cours des 2 premiers mois, une fois seulement au 6°. Elles ne surviennent jamais après le 6° mois, se différenciant ainsi nettement des néphropathies gravidiques.

La tension artérielle chez ces malades s’inscrivait ainsi :

| fois la maxima était au-dessous de 17.

2 fois la maxima était comprise entre 17 et 20.

7 fois la maxima était égale ou supérieure à 20.

Une seule malade n'était pas hypertendue (max. 14), elle avait d’ailleurs une hyperazotémie à | gr. 62.

Les taux d’urée sanguine se répartissaient ainsi au premier examen :

1 fois le taux était inférieur à 0,35 %o.

1 fois le taux était compris entre 0,35 et 0,50.

4 fois le taux était compris entre 0,50 et |. 4 fois le taux était au-dessus de 1 "%o.

Huit malades sur 10 avaient une azotémie supérieure à 0,50 %o et 9 sur 10 une azotémie supérieure au taux maximum que l’on constate habituellement chez la femme enceinte : 0,35 %o.

Les malades présentaient toutes une albuminurie dosable ; 5 sur 10 en avaient plus de 3 gr. par litre.

Comme l’albuminurie, les œdèmes sont constants, mais comme nous l'avons dit plus haut, ils se voient aussi bien dans les formes les plus légères que les plus graves.

Les troubles visuels paraissent être d’une très grande fréquence. 7 fois sur 10 ils ont donné lieu à

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des troubles subjectifs plus ou moins importants et 6 fois un examen oculaire a pu objectiver des lésions de rétinite. Îl n'est pas interdit de penser que dans tous les cas mortels les lésions rétiniennes étaient peut-être constantes ; car, comme nous le verrons au chapitre suivant, les troubles subjectifs peuvent faire défaut, et seul l'examen systématique à l’ophtalmoscope aurait pu nous renseigner.

Evolution.

Nous avons recherché l’évolution des troubles et tenté de grouper, autant que cela était possible, les modalités d'évolution en grands syndromes, cause de la mort.

Une de ces malades est morte de péritonite, 5 jour: après une césarienne qu'on avait décidée devant l’h:pertension progressive (27/15 à 29/17).

Une autre présenta de l’albumine et des troubles visuels et mourut un an 1/2 après l'accouchement spontané, à 7 mois [/2, d’un enfant qui vécut. Elle eut pendant les suites de couches une poussée hypertensive à 22/17,5 avec œdème papillaire, mais deux jours après la tension était à 14,5/10, l'’albumine à 0 gr. 25. Nous n’avons d’autres renseignements cli-: niques sur les circonstances de sa mort que la présence d’albuminurie et de troubles visuels.

3 malades moururent comme des cardio-vasculaires.

2 sont mortes de défaillance cardiaque brusque.

L'une d’elles de collapsus cardio-vasculaire le len-

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demain d’une césarienne au voisinage du terme, motivée par les troubles visuels et l'hypertension progressive, passant de 25/15 à 27/17.

L'autre est morte au 5° mois avant d’avoir accouché : elle succomba à un œdème aigu du poumon. C'est Mme R... (obs. Il) dont nous publions plus haut l'observation. L'évolution fut très rapide, puisque 11 jours seulement séparèrent la mort de l’apparition des premières complications où l'hypertension dominait.

La troisième est morte beaucoup plus tardivement, deux ans après l'accouchement, d’hémorragie cérébrale. Pour cette observation on peut se demander d’ailleurs s’il ne s'agissait pas plus d’une vasculaire pure ayant fait une poussée rénale au cours de la gestation que d’une néphrite chronique. En effet, cette malade présenta, à 2 mois de grossesse, une hypertension très élevée à 21/15 sans aucun signe d'atteinte rénale, en particulier pas d’albumine. Ce n’est qu’au >° mois qu'apparurent les signes discrets de la série rénale qui cessèrent rapidement après l’accouchement. Elle succomba à une hémorragie cérébrale avec hypertension isolée (max. 22 à 23).

5 malades moururent comme des urémiques.

3 succombèrent rapidement, alors que les autres siones, hypertension, albuminurie, s’estompaient. [La première accoucha prématurément d’un mort-né à 7 mois 1/2 et mourut 19 jours après l'interruption de la grossesse, avec une urée à 2.70.

La deuxième expulsa à 7 mois 1/2 un macéré et

succomba 3 semaines après, au milieu de vomisse-

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ments empêchant toute alimentation. Le taux d’urée passa en 15 jours de 1,70 à 2,40 %o.

La troisième (obs. |) mourut, 8 jours après une césarienne à 6 mois |/2, dans un coma urémique (urée sanguine : 2,59 %o).

Deux autres succombèrent plus tardivement, L'une mourut 2 mois après l'accouchement. 7 jours après un A.P.P. la tension avait baissé de 23/14 à 17/11, l'albumine de 2 gr. à O gr. 50. Mais le taux d’urée sanguine était passé de | ,04 à 1,55 %0. On a l'impression que c'est cette urémie progressive qui a emmené la malade.

L'autre mourut 6 mois après l’accouchement. Elle présentait avant l'interruption de la grossesse une tension artérielle à 17/10 avec une urée à 1 gr. 49. Quatre jours après l'accouchement, alors que la tension s'abaissait à 14/9,5, l’urée sanguine passait à 1,63 et atteignait 2 or., 15 jours après. On a l'impression que, chez elle aussi, c’est la note urémique qui domina.

En somme, on a l'impression que les malades sont mortes d'autant plus rapidement que la symptômatologie était plus complète et que les troubles cardiaques dominaient. Ceux-ci paraissent en effet être la cause de mort presque subite de ces malades, l’urémie les emmenant moins rapidement.

D'autre part, les assez longues survies que nous avons constatées sont dues à des formes sinon monosymptômatiques, du moins à des formes où un syndrome persiste nettement seul, alors que les autres signes semblent s’atténuer.

Il est curieux de constater que la plus longue survie

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