‹ À propos de l'ablation d'un seul bloc des abces encapsulés du cerveletChapitre 2 sur 2 · SÉANCE DU 5 NU V EMBJŒ · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 5 NU V EMBJŒ

dure-mère

se

détend. Ouverture de la dure-mère. Le lobe gauche du

cervelet est refoulé

par un lobe droit, volumineux, qui dépasse la ligne médiane. A son niveau, les lamelles sont étalées et hypervascularisées. Ponction du lobe droit au point où la saillie est maximum [hg. 2 (6)]. Le trocard mousse s’arrête à 1 cm. 5 de profondeur sur une résistance anormale. Une seringue ayant été montée sur le trocard, la résistance est vaincue et l’on aspire du pus franc épais. Le laboratoire apprend immédiatement qu’il s’agit d’un pus à staphylocoques. Les cultures donneront une culture pure de staphylocoques dorés.

Exposition de la coque de l’abcès par ablation à l’appareil à électro-coagulation de la couche du cervelet qui le masque.

Ablation en masse de l’abcès antérieurement vidé de son contenu. Au niveau du pôle supérieur de l’abcès il n’est pas possible de cliver la coque du tissu cérébelleux sain. Afin d’éviter tout risque d’ouverture inopinée de l’abcès, un fragment de lobe cérébelleux sain est donc enlevé à ce niveau en même temps que l’abcès [fig. 2 (c)].

Hémostase. Fermeture.

L’intervention terminée, on perce un trou de trépan frontal droit dans le but de pouvoir ponctionner la corne ventriculaire frontale sans avoir à déplacer la malade, si le besoin s’en fait sentir pendant les suites opératoires.

Suites opératoires . La malade est remise dans son lit en parfait état. Le soir de l’intervention elle est très présente. Elle s’est renseignée sur l’endroit où elle est et sur ce qu’on lui a fait. Elle dit qu’elle ne souffre plus de la tête.

Le lendemain matin, a 8 h. 30, nous trouvons la malade dans un état quasi comateux. G est alors seulement que nous apprenons qu’après avoir été dans un état parfait pendant la première partie de la nuit à partir de ce moment, elle avait eu duhoquet, qu’elle avalait moins bien, qu’elle était devenue somnolente. Ce que nous découvrions était du coma et non pas du sommeil.

Le pansement est immédiatement défait et par le trou de trépanation frontale qui avait été pratiqué pour parer aux accidents d’hyper ou d’hypotension, une ponction est pratiquée en direction de la corne frontale. Il y a hypotension ventriculaire. C’est a la seringue seulement qu’on arrive à retirer 3 cmc, de liquide clair qui resteront stériles a la culture. Il faut injecter 60 cmc. de liquide de Ringer pour remplir les ventricules. A ce moment la malade s’éveille momentanément et peut répondre aux questions. Dans la soirée l’état s’aggrave à nouveau et la famille emmène d’urgence la malade en ambulance. Elle meurt pendant le trajet.

L examen anatamique de la pièce ( fîg. 3) montre qu’il s’agit d’un abcès à coque du cervelet paramédian droit. La coque vidée de son contenu pèse 20 grammes. Sur la coupe histologique ci-contre (fig. 4) on distingue nettement : 1° le fragment de cervelet sain se continuant par transition insensible avec la coque ; 2° la coque épaisse ; 3° la cavité centrale dans laquelle il reste encore un peu de pus à staphylocoques dorés.

Remarques.

Telle est 1 observation d abcès encapsulé du cervelet que nous désirions relater. Elle nous suggère un certain nombre de remarques :

1° Bien que la malade soit morte, il est permis d’affirmer qu’il n’y a pas eu infection. La malade est morte d accidents d’hypotension consécutifs au déblocage du IVe ventricule, comme peut le faire une tumeur non inflammatoire de la région ;

2° Les abcès du cervelet peuvent s’enkyster à la manière des abcès du cerveau. Leur évolution anatomique peut être la même : a) après une phase de cérébellite non suppurée, succède b) un stade d’abcès sans coque ; et enfin c) un stade d’abcès avec coque.

Déjà dans notre travail de juillet 1935 (Les abcès du cerveau. Leur

SOCIÉTÉ DE NEUROLOGIE DE PARIS

diagnostic et les indications thérapeutiques, P. Puech, C. Eliades et H. Askenasy, Ann. de th. biologique , n° 9) nous avions montré une figure, que nous reproduisons ici d’un abcès sans coque du cervelet que l’un de nous avait étudié avec son regretté maître J. Jumentié au laboratoire de la fondation Dejerine (fig. 5). Sur cette figure on distingue déjà nettement la réaction de défense qui limitera la cavité purulente.

Dans le cas d'abcès du cervelet avec coque que nous rapportons aujourd’hui, on se rend compte exactement sur la coupe histologique ci-contre (figure 4), des rapports du tissu cérébelleux avec la coque.

3° L’ablation en masse de cet abcès du cervelet a été aussi facile que celle d’une tumeur non inflammatoire. Nous nous croyons donc autorisés à dire que cette technique mérite d’être envisagée dans de tels cas d’abcès encapsulés du cervelet.

( Travail du service neuro-chirurgical du Docteur Vincent.)

Poitiers. — Société française d’imprimerie et de Librairie. — 1936. ( Pnblished in France .)

Published in France,

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