‹ A Propos De L'emploi Du Néosalvarsan Par Le Procédé De Ravaut Dans Un Service De Clinique MédicaleChapitre 5 sur 20 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Historique.

TJ. — JL'ACIDE ARSÉNIEUX ET SES SFIS.

L'arsenie a eu en thérapeutique humaine des fortunes très inégales. Il est sorti des longues périodes d'oubli où l'avaient tenu des époques hantées par le” souvenir de ses mauvais tours, pour occuper le tout premier plan de la scène et de facon fort tapageuse le plus souvent. Tels sont les deux traits dominants de son histoire.

On a pensé quil était du nombre de ces poisons dont les lois grecques mterdisaient sous peine de mort d'user et même de parler et qu'Hippocrate faisait jurer à ses disciples de ne jamais remettre à personne, car il faut arriver au commencement de l’êre chrétienne pour trouver sa première adaptation à l'usage interne, Dioscoride fit des pilules avec l'arsenie blanc obtenu par la sublimation des sulfures Jaune et rouge, orpiment et sandaraque. Il les associait aux fumigations pour traiter les toux invétérées eb

la courte haleine. Galien, médecin grec qui eut une orande vogue à Rome, au deuxième siècle, reprit cette médication et l’appliqua aux emphysémateux qu'il envoyait compléter leur cure aux thermes comme ceux du Mont-Dore, sans qu'il ait pu d’ailleurs attribuer à l'arsenic les bienfaits de ces sources.

Les Arabes, qui prirent à l’école de Galien ses doctrines et ses pratiques, recueillirent l’arsenic et AvIcenne, le plus célèbre d’entre eux, au X° siècle, -parle de la sandaraque « qui à la vertu de rendre plus oros celui qui est maigre quand il boit un liquide où elle est mêlée à l’exymel ». Il prescrivit l’acide arséniéux avec de l’hydromel dans la toux et l’asthme chronique. Il eut même recours à un mode d'administration presque inusité depuis:les lavements à l'acide arsénieux devaient, selon lui, guérir les hémorroides.

La vogue passa avec le règne des arabistes. Le moyen âge méprisa l’arsenic, qui se trouva relégué aux officines des charlatans, Paracelse « dont le bonnet en savait plus long que Galien et Avicenne », lui ayant foit la réputation « d’un poison qui surpasse tous les autres poisons ». Au siècle suivant : (xvit), l'arsenie ne s'était pas encore relevé de sa déchéance, puisque Ambroise Paré résume son utilité à celle d’une sorte d’amulette; il recommanda de le porter sur la région du cœur, par temps de peste, « afin, dit-1l, qu'il accoutume le cœur au venin et qu'ainsi il en soit moins offensé, d'autant que tout venin recherche le cœur ». Pour tout autre usage 1l le rejeta sans formes.

Le xvirt siècle vit un retour bruyant de l'opinion.

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Tout d'abord on crut avoir trouvé que l’arsenic était le remède tant désiré du cancer. Lefebure de Saint- Hildefon publia « D'un remêde éprouvé pour guérir radicalement le cancer »; il s'agissait de l’acide arsénieux,dont deux cents expériences lui avaient montré l'efficacité dans cette affection «pour laquelle, disait-1l, mieux vaut prescrire ce remède qui n'a pas la faveur de tout le monde que de n’en essayer aucun ». Le suecès fut très médiocre, on n'en reparla plus.

Mais ce fut autour de l’arsenic appliqué au traitement des fièvres intermittentes que s’engagèrent des débats passionnés. L'opinion comprit des partisans exaltés, des adversaires résolus et aussi des esprits avisés, comme ces quelques médecins francais et allemands justement réputés qui expérimentèrent avec calme et dont l’approbation contribua beaucoup à la diffusion de la nouvelle méthode, pour laquelle il se produisit un grand engouement, Malgré cela, un médecin autrichien puissant la combettit de toute son inluence, pour deux essais malheureux qu'il venait d’en faire, et Thiébaut de son côté proclama que « l’arsenie n'aurait jamais dû figurer dans les livres que pour parler de son antidote ». Et Van Helmant, au xvirt siècle encore,proscrivait l'usage de l’arsenic.

Jusqu à cette dernière époque l'arsenic avait été ou admis ou rejeté sans discussion sur la foi des chels d'école. Nous venons de voir quelle opposition ses partisans autorisés avaient rencontrée à sa réhabilitation. C'est que pendant ce temps sa constiiution et son dosage avaient été si diversement définis que les praticiens s'en étaient justement méfiés,

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Mais vienne le xvine siècle, où Fowler et Pearson déterminèrent des titres de solution, l'un d’arsénite de potasse, l’autre d'arséniate de soude, auxquelles Boudin, plus tard, ajoutera sa liqueur d'acide arsénieux, et l'arsenic entrera définitivement dans la thérapeutique. I sera d’abord le rival du quinquina dans les fièvres intermittentes, puis etendra ses bienfaits à d’autres maladies; et s’il a cédé le pas à la quinine dans le traitement du paludisme, il se trouve encore à bonne place dans celui de la chorée, de la tuberculose pulmonaire et de certaines dermatoses,.

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