‹ A propos de la Conférence télégraphique internationale de Budapest, 1896Chapitre 2 sur 20 · C. Liste des États et Gouvernements colo · texte numérisé non relu

C. Liste des États et Gouvernements colo

niaux adhérents à l'Union télégraphique 8S

D. Derniers éléments de statistique connus

de la télégraphie universelle .... 87

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A SON EXCELLENCE M. LE MINISTRE DU COMMERCE DE HONGRIE, PRESIDENT DE DROIT DE LA CONFERENCE TELE- GRAPHIQUE INTERNATIONALE DE RU- DAPEST, 1896.

Monsieur le Ministre^

Le Règlement adopté pour leurs travaux par les dernières conférences télégraphiques internationales de Berlin et de Paris, et qui sera repris, sans doute, par la prochaine, donne, de droit, la présidence du Congrès au Gouvernement du pays ou sont tenues ses assises (1), Si la tradition est maintenue, cest au Gouvernement Hongrois que sera dévolue la présidence du Congrès qui doit se tenir à Budapest à partir du ^6 juin prochain, et cest à Votre Excellence, apparemment, que reviendra le qrand honneur d'en ouvrir les débats.

A Berlin, en ^885, M. le D' de Stéphan,

(1) Voir en appendice ce Règlement.

secrétaire d^État du Département des postes et des télégraphes de VEmpire, chargé par son Gouvernement de saluer^ en son nom^ les membres du Congrès^ disait à ceux-ci^ dans son discours de bienvenue^ entre autres choses :

— c( Si Vune des prérogatives les plus agréables des Gouvernements est de coopérer à la culture de toutes les institutions qui ont pour but de faire tourner les conquêtes de la science et les expériences de la technique au profit des habitants du globe terrestre^ ce devoir est "particulièrement réjouissant lorsqu^il s^agit d'étendre sa sollicitude aux moyens de communication, car le but de ceux-ci est^ sous tous les rapports^ si bienfaisant et^ par leur nature même^ si évident^ quHl ne saurait exister à ce sujet aucun doute ni aucune divergence d'opinion,

)) L'importance de la télégraphie pour la civilisation est en voie constante de progrès. Je puis me contenter d'indiquer que l'activité commune de toutes les administrations et de toutes les sociétés télégraphiques a entrelacé^ en un réseau toujours plus étendu et plus compact^

les fils qui procurent à la pensée humaine le moyen de transport le plus rapide,

» Les côtes occidentales de l'Amérique centrale et méridionale^ celles de l'est et du sud de r Afrique ont été mises en communication avec le réseau télégraphique général,

)) Dans les anciens foyers de civilisation^ de nouvelles stations se sont ouvertes par milliers^ de (elle sorte que les petites localités elles-mêmes peuvent jouir des avantages attachés à réchange des correspondances télégraphiques.

» En Australie^ les lignes télégraphiques aériennes ont pénétré à travers tout le continent ; la Tasmanie et la Nouvelle-Zélande ont été reliées au réseau; en Amérique^ les Cordillères ont été franchies ; les lignes de V Empire russe ont été portées jusqu'aux rives de Vextrême Orient, et le messager le plus rapide de la pensée a aussi fait son entrée victorieuse dans V empire Chinois. Nous devons à V esprit d'entre-prise et à l'activité des Compagnies de câbles^ des communications sous-marines nouvelles et précieuses.

y> Notre Uhion s'est étendue par l'adhésion

de "plusieurs Etals et Colonies d'Asie^ d'Afrique et d'Australie.

» Le% expositions de Paris ^ Londres^ Munich, Tienne^ Turin^ Philadelphie. Budapest^ Anvers et autres, ont mis en évidence les progrès que Vesprit dHnveslicjation a faits dans le domaine technique de l'électricité^ et auxquels nous aurons à adapter nos dispositions administrcdives et nos moyens d'exploitation

.... » Il a constamment appartenu à la mission des conférences télégraphiques générales^ et il lui appartient assurément aujourd'hui encore (ramener, par des dispositions pratiques de service et par un tarif sim>ple et modéré^ une généralisation toujours plus grande de l'emploi du télégraphe >:>

A Paris, en 1890^ M. Jules Roche^ ministre du Coînmerce^ des Postes et des Télégraphes, disait dans une même circonstance :

...a Vienne en hS68, Rome en ^181 2, Saint- Pétersbourg en ^875^ Londres en ^/87!), Berlin en ^88!) ont été tour a tour le siège de vos

assemblées, et cliacmie (Telles a déterminé Je nouveaux progrès dans V exploitation administrative de cette science étrange, encore si pleine de mystères, et pourtant déjà si féconde en services rendus à V industrie, au commerce, et plus encore, il faut savoir le comprendre, à la civilisation générale de Vhumanité.

» Quelle ne serait pas la surprise des créateurs de la télégraphie électrique sHls voyaient aujourd'hui le rôle qu^elle joue dans la vie des peuples ?

» Lorsque fut votée, en France, la loi de ^846, accordant un crédit extraordinaire de 408.650 francs pour le télégraphe électrique de Paris à Lille, c'est à peine si les esprits les plus hardis osaient ce prévoir V instant où il serait » de Vintérêt de VEtat de substituer le télé- » graphe électrique à la télégraphie ordinaire », à cet antique appareil aérien dont Chappe fit ho7nmage le 42 mars 4792 à l'Assemblée législative et dont la première ligjie^ établie précisément de Paris à Lille^ fut inaugurée le 30 novembre 4794 par la dépêche lue à la tribune

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de la Convention par Carnot et annonçant la i^eddilion de la ville de Condé à la. République.

» Pouillet lui-même j le savant physicien^ rapporteur de la loi de 4846^ ne croyait pas quhin jour viendrait où le télégraphe électrique remplacerait partout le vieux système..,.

» Laissons au passé ses faiblesses^ ses

erreurs, ses injustices^ et sachons profiter de Cexpérience acquise et des conquêtes réalisées pour éviter les fautes anciennes^ et pour marcher d^un pas plus ferme et plus rapide vers un meilleur avenir.

» La science moderne accomplit des prodiges ; elle s^empare peu à peu de la planète où le genre humain souffrit si longtemps dans les ténèbres et dans la violence^ et elle V accommode au gré de ses besoins. Quels miracles la raison la plus froide n'aurait^elle pas le droit espérer, si toutes les ressources du génie et du tra-^ vail pouvaient être consacrées à développer^ parmi les peuples^ l'œuvre de justice^ de science et de concorde?..,.. »

Monsieur le Ministre^

Le télégraphe électrique, par les progrès qu'il a fait faire aux idées civilisatrices dans le monde, concurremment avec la poste, depuis environ un demi-siècle qu'il existe^ se présente bien, de nos jours, avec les caractères d'utilité multiple que lui ont reconnus les deux éminentes personnalités dont je rappelle des réflexions.

En reconnaissant à son tour ces caractères au télégraphe, Votre Excellence tiendra certainement à demander aux délégués des Etats de lui être propice, en ces nouvelles assises, autant que leur mandat le leur permettra.

Dans cet ordre de pensées, la lecture des aperçus critiques qui sont présentés dans cette biochure vous intéressera peut-être. Veuillez permettre, Monsieur le Ministre, que je la réclame de la haute et sympathique attention de Votre Excellence, et puissent les raisons qui y sont exposées^ dictées à V auteur par le seul sen-

timent de l'équité, mériter votre approl)ation personnelle^ dans leur esprit général tout au moins.

Croyez, Monsieur le Ministre, en r assurance de mes sentiments de profond respect.

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