fuscata
) Cladocères.
Rotifères.
Aphides.
Ostracodes.
Or, ces quatorze cas se réduisent, en somme, à deux qui
(*) A. Weismann, Parthenogenese bei den Ostracoden. — Zool. Anzeiger, III, p. 12, 1880.
(2) W. Müller, Beitrag f ur Kenntniss der Fortpjlan^ung und der Geschlechtsverhàltnisse der Ostracoden. — Zeitschr. f Naturw Halle, LUI,
DE l’oeuf parthénogénétique.
eux-mêmes ne sont en réalité que des variétés d’une seule forme de reproduction, considérée comme de la parthénogenèse normale et réitérée.
Entraîné par cette constance dans l’expulsion d’un seul globule polaire dans les cas connus, sans se donner la peine d’examiner le phénomène dans d’autres formes de la parthénogénèse, et considérant la liste très respectable des œufs fécondés de tous les embranchements où deux globules polaires ont été certainement constatés, Weismann admit sans conteste la loi du nombre que Blochmann avait avancée sous toutes réserves, et s’en attribua la complète paternité!
Il parle de la découverte de Blochmann comme n’étant pas concluante, à cause de la délicatesse et des difficultés de ses observations ! Si la loi devait se vérifier, le seul fait absolument probant en sa faveur était bien dû à celui qui démontrait que chez une même forme il y a expulsion d’un globule polaire dans un cas et de deux dans l’autre : Weismann se contentait de signaler la présence d’un unique globule polaire dans les œufs parthénogénétiques de certaines espèces dont il ne devait faire connaître qu’un an plus tard les phénomènes de maturation des œufs fécondés.
Nous ne suivrons pas ces deux savants dans la polémique en laquelle ils se sont engagés à ce sujet [6 et 7], mais nous ne pouvions parler de leurs travaux sans rendre justice à Blochmann, et sans insister sur l’importance de sa découverte.
Weismann, essayant de faire cadrer cette loi du nombre des globules polaires avec ses idées concernant l’hérédité, y arrivait en bâtissant une théorie [4] dont nous aurons à parler dans la dernière partie de ce mémoire.
Un peu plus tard il publie, toujours en collaboration avec C. Ischikawa, une nouvelle notice [8] dans laquelle il nous
fait connaître que dans les œufs d’hiver des Daphnides il se forme toujours deux globules polaires. Les auteurs ont eu en outre l’occasion d’étudier la maturation de l’œuf non fécondé de YArtemia salina, et n’y ont trouvé qu’un seul Richtungskôrper.
Entretemps, Blochmann continuait patiemment ses recherches et, à la séance du Ier juin 1888 de la Société d’Histoire naturelle et de Médecine de Heidelberg [9], il annonçait avoir découvert deux globules polaires dans les œufs d’Abeille non fécondés destinés à donner naissance à des mâles.
L’ancienne hypothèse de Dzierzon se trouve définitivement vérifiée par la méthode des coupes : Blochmann constate l’absence en les œufs pondus dans les alvéoles à faux-bourdons de toute trace de spermatozoïde, cet élément étant au contraire immédiatement reconnaissable dans les œufs qui produiront des ouvrières.
Mais les phénomènes de la maturation des deux sortes d’œufs sont absolument identiques.
Il n’y a pas expulsion de globules polaires à proprement parler chez Y Apis mellifica, mais un phénomène semblable à celui qu’a constaté Blochmann chez les Fourmis et la Calliphora vomitoria ; la vésicule germinative s’étant transportée à la périphérie de l’œuf donne lieu à deux fuseaux directeurs successifs, sans stade de repos intermédiaire; les chromosomes ainsi éliminés restent dans le vitellus sans qu’il y ait production de hernie ni expulsion d’un élément quelconque.
Chez l’Abeille, le premier noyau directeur ne se divise pas, tandis que le second se partage en deux moitiés.
Les trois masses chromatiques polaires ainsi formées se réunissent bientôt en une ou deux vacuoles claires dans lesquelles les chromosomes, sous forme de granulations, se
DE LŒUF PARTHÉNOGÉNÉTIQUE.
dispersent également, de manière à représenter le stade spirem de la division cellulaire. Après quoi ils disparaissent.
Dans les œufs fécondés comme dans les œufs parthénogénétiques, le reste de la vésicule germinative rentre à l’état de repos, se divise de concert avec le pronucléus mâle dans le premier cas, ou subit seul la suite des phénomènes de la segmentation dans l’autre.
Blochmann, concluant de sa découverte, avança l’opinion que dans le cas de parthénogénèse, il pourrait exister une relation entre le nombre des globules polaires et les sexes.
Quatre mois après la publication de ce résultat, Platner faisait connaître [10] que les phénomènes de la maturation chez le Liparis dispar sont identiques dans les œufs fécondés et dans les œufs se développant accidentellement par parthénogénèse. De part et d’autre il y a production de deux globules polaires sans stade de repos intermédiaire : comme dans les Fourmis, la Mouche et l’Abeille, il n’y a pas d’expulsion proprement dite. Le premier noyau directeur se divise, et les trois éléments polaires ainsi formés se fusionnent pour rester pendant un certain temps reconnaissables, revenus à l’état de repos. Le pronucléus se dirige vers le pôle animal à la rencontre du spermatozoïde, très visible dans les œufs fécondés, que celui-ci y soit ou non. La segmentation se fait régulièrement, qu’elle résulte de la division simultanée de deux pronucleiou d’un seul. Cependant, dans les œufs parthénogénétiques, l’auteur constate parfois des divergences quant à la position des fuseaux de segmentation.
Carlier, au dire de Lacordaire (*), aurait obtenu trois générations successives parthénogénétiques du Liparis dispar , la
(b Th. Lacordaire, Introduction à ! Entomologie, II, p. 383 — Paris, 1 838.
dernière étant exclusivement composée de mâles. Dans ce cas, par conséquent, des œufs accidentellement non fécondés ont donné naissance à des femelles.
Comme les recherches de Platner ont porté sur plus de trois cents œufs, il faut admettre que les phénomènes de la maturation sont identiques, quel que soit le sexe de l’individu auquel l’œuf parthénogénétique doit donner naissance. Aussi Blochmann, ayant connaissance de la découverte de Platner, semble abandonner son idée de la dépendance du nombre des globules polaires et des sexes, dans son travail in extenso sur les œufs de l’Abeille, le dernier mémoire paru, à notre connaissance, sur la question qui nous occupe [u].
Cet opuscule, où l’auteur se plaint des difficultés considérables que présente le sujet, nous apporte deux faits nouveaux : bien que n’étant pas encore parvenu, après deux ans de recherches, à faire l’étude complète des œufs parthénogénétiques du Chermes strobilobius Kltb., Blochmann annonce dès à présent que dans les œufs normalement non fécondés et destinés à donner naissance à des femelles parthénogénétiques, il ne se forme qu’un globule polaire.
Une Tenthrédine, Emphytus grossulariae Klg., a fourni à l’auteur des œufs accidentellement non fécondés, dans lesquels il croit, mais sans en être encore absolument sûr, avoir observé deux globules polaires.
Blochmann considère cette dernière observation comme devant être confirmée; il se propose en outre de pousser plus loin ses observations sur les Chermes qui constituent un bon matériel pour l’étude d’œufs non fécondés donnant naissance à des mâles et à des femelles, afin de s’assurer définitivement s’il n’y a pas une relation entre les sexes et le nombre des globules polaires.
DE LOEUF PARTHÉNOGÉNÉTIQUE.
De notre côté, dès le début de nos recherches, nous avions songé, il y a près de deux ans, à' nous adresser à des cas de parthénogénèse non encore examinés au point de vue de la maturation des œufs, pensant qu’ils pourraient jeter de la lumière sur la question. C’est ainsi que nous avons fait tous nos efforts pour arriver à nous procurer des pontes parthénogénétiques d’une espèce de Tenthrédine, Eriocampa ovata Linn., dont le mâle est totalement inconnu, et que l’on a pu reproduire de nombreuses années de suite, sans accouplement; mais les pluies persistantes de 1888 ont été extrêmement défavorables à cet insecte qui s’est montré fort rare, alors qu’il est généralement commun dans nos aulnaies, et cette malchance semble s’étendre à cette année encore.
Nous nous proposions également de tenter des recherches sur une espèce de Cynipide offrant l’alternance d’une génération parthénogénétique unique avec une génération sexuée. A cet effet, nous avions choisi la forme agame Aphilothrix radiais Fab., donnant naissance à YAndricus noduli Hartig, comme aisée à se procurer : les galles, très caractéristiques, sont communes au pied des chênes, et l’on en obtient, avec un peu de soin, l’habitant. Mais pour faire pondre celui-ci, il faut une installation spéciale, semblable à celle qu Adler a employée dans ses célèbres recherches, et nos voyages nous ont jusqu’ici empêché de la réaliser.
Nos études sur YAsplanchna Sieboldii et sur les Pucerons vivipares viennent se ranger à côté de celles de Weismann et Ischikawa et de Blochmann (Phyllopodes, Rotifères, Aphidiens, Chermes, Ostracodes) pour arriver à la même conclusion que ces auteurs : dans le cas de multiplication réitérée au moyen d’un œuf ne recevant point de spermatozoïde , il n’y a formation que d’un seul globule polaire.
Des recherches de Blochmann (Apis mellifica , Emphytus grossulariae ) et de Platner (Liparis dispar), il résulterait qu'au contraire, dans le cas de parthénogénèse facultative et accidentelle, il y a formation de deux globules polaires.
Il semble que ce soit décidément là la formule d’une « Zahlengesetz » des globules polaires dans les cas de reproduction sans accouplement.