‹ A propos de la maturation de l'œuf parthénogénétiqueChapitre 4 sur 8 · CONSIDÉRATIONS THEORIQUES ET CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONSIDÉRATIONS THEORIQUES ET CONCLUSIONS

L’étude de la maturation des œufs parthénogénétiques fut mise pour la première fois à l’ordre du jour de la science par la séduisante théorie des gonoblastes de Sedgwick Minot (") : l’auteur américain considérait les globules polaires comme représentant des éléments qui devaient être éliminés de l’œuf pour être remplacés par le spermatozoïde ; dans le cas de parthénogénèse, ils ne seraient pas expulsés. Après lui Balfour (2) et Éd. Van Beneden (3) émirent des hypothèses analogues; les faits absolument remarquables observés chez l 'Ascaris megalocephala par Éd. Van Beneden semblaient même apporter une très forte présomption à l’appui de sa manière de voir : de telle sorte qu’il y avait lieu d’espérer que la connaissance des phénomènes de maturation de l’œuf parthénogénétique allait élucider définitivement et la question de la signification des globules polaires, et celle de cette

^ (I) Ch. Sedgwick Minot, On the formation of the germinal layers , and

the phenomena of imprégnation among animais. — Proceed. Boston Soc. Nat. Hist., XIX, p. 1 65, 1877.

Id. , A Sketch of comparative Embryology. ( I. — The history of the Genoblasts , and the Theory of Sex.) — Amer. Natural., XIV, p. 96, 1880.

Id., Théorie der Gonoblasten. — Biol Centralbl., II, p. 365, i883.

(2) F. M. Balfour, On the phenomena accompanying the maturation and imprégnation of the ovum. — Quart. Journ. of Micr. Science, n. ser., XVIII, p. 109, 1878.

(J) Éd. Van Beneden, Recherches sur la maturation de l'œuf, la fécondation et la division cellulaire. — Archives de Biologie, 1 883.

forme si insolite de reproduction, objet de tant de polémiques stériles, à laquelle on a donné le nom de parthénogénèse.

Occupons-nous d’abord des globules polaires.

Notre intention n’est point de faire ici l’historique des découvertes concernant la disparition de la vésicule germinative et la formation des corps directeurs : ce serait sortir du cadre du sujet, et nous ne pourrions d’ailleurs que traduire la minutieuse et excellente étude que Mark (r) en a faite. Nous ne copierons point non plus les deux listes que Weismann et Ischikawa (2) ont successivement données de tous les cas où l’expulsion des globules polaires a été constatée avec certitude, listes publiées trop récemment pourqu’elles demandent à être complétées. Après avoir indiqué les grandes étapes de l’histoire de la découverte des globules polaires, nous examinerons successivement les idées qui ont été émises à leur égard, à la suite de la connaissance de la maturation des œufs fécondés; nous confronterons les hypothèses avec les faits, cherchant à y démêler la vérité ; nous verrons enfin quelle lumière les phénomènes observés dans les œufs parthénogénétiques peuvent répandre sur la question.

On attribue la découverte des globules polaires à Carus (3),

p) E. L. Mark, Maturation , fecundation and segmentation of Limax campestris Binney. — Bull. Mus. Comp. Zoology, VI, p. 173, 1881.

(2) A. Weismann & C. Ischikawa, Ueber die Bildung der RichtungskÔrper bei thierischen Eiern. — Bericht. d. naturf. Gesells. z. Freiburg i. B., III, p. 1, 1887.

Id., Weitere Untersuchungen \ur Zahlengeset\ der RichtungskÔrper. — Zool. Jahrb., III, p. 575, 1888.

(3) C. V. Carus, Von den aiïssern Lebensbedingungen der weiss- und kaltblütigen Thiere. Eine Preisschrift . Nebst pvei Beilagen über Entwickelunggeschichte der Teichhornschnecke , und über Her^schlag und Blut der W einber gsschnecke und des Flusskrebses. — Leipzig, 1824. Cité par Mark.

DE L’ŒUF PARTHÉNOGÉNÉTIQUE.

mais c’est P. -J. Van Beneden (x) qui constata le premier leur sortie du vi tel lus.

Fr. Müller (2) attira sur eux l’attention, et, leur attribuant une influence sur la direction des premiers plans de segmentation, leur donna le nom de Richtungsblàschen, les considérant comme des vésicules creuses; Rathke (3) combattit ces deux opinions, mais ce fut seulement beaucoup plus tard que Flemming, vu qu’ils sont solides, leur imposa la dénomination de Richtungskorper, qu’ils portent aujourd’hui en Allemagne (4). En France et en Angleterre, ils sont au contraire connus sous le nom de globules polaires, que leur a donné Robin (5).

C’est à Lôvenf6) que l’on doit d’avoir pour la première fois reconnu leur relation avec la vésicule germinative : le célèbre Suédois y voyait l’expulsion du nucléole; vingt-huit ans après seulement, Bütschli (7) confirma le fait, mais crut que les corps directeurs représentent la vésicule germinative éliminée de l’œuf sous forme de fuseau.

(b P. J. Van Beneden, Recherches sur le développement des Aplysies. — Bull. Acad. Brux., VII, p 239, 1840.

(2) Fr. Müller , Zur Kenntniss der Furchungsprocess im Schneckeneie. — Arch. f. Naturg., Jahrg. XIV, I, p 1, 1848.

(3) H. Rathke, Zur Kenntniss der Furchungsprocess im Schneckeneie. — Arch. f. Naturg., Jahrg. XIV, I, p. 07, 1848.

(4) W. Flemming, Ueber die ersten Entwickelungerscheinungen am Ei der Teichmuschel. — Arch f mikr. Anat., X, p. 257, 1874.

(5) C. Robin, Mémoire sur les globules polaires de l’ovule. — Journ. Physiol. de Brow-n-Séquard , V, p. 149, 1862.

(6) S. L. Lôven, Bidrag till Kànnedomen om utvecklingen af Mollusca Acephala Lamellibranchiata . — K. Vetensk. Akad. Handl,, 1848, p. 329; Arch. f. Naturg., Jahrg. XV, I, p. 3 12, 1849.

(7) O. Bütschli , Vorlàujige Mittheilung über Untersuchungen betreffend die ersten Entwickelungsvorgànge im befruchteten Ei von Nematoden u. Schnecken. — Zeitschr. f. wiss. Zool., XXV, p. 201, 187D.

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