È CHAPITRE PREMIER
ss Quand en 1835 Cruveilhier décrivit pour la première fois la sclérose en plaques et que plus tard Charcot, É Vulpian et Leube en tracèrent un tableau clinique qui 3 depuis est demeuré classique, ils insistérent dans leurs descriptions sur l'association caractéristique de la paraplégie spasmodique du nystagmus, de la parole scandée et du tremblement intentionnel. : Imprégné de l'esprit de ces travaux, les traités di- . | dactiques contribuèrent pour beaucoup à proroger dans 4 les milieux médicaux cette idée que la sclérosé en plaques type, la plus fréquente, était celle où se trouvaient réunis ces quatre signes cardinaux. |
Or il apparaît que dans la réalité ce tableau symptomatique ne se trouve réalisé que dans un très petit E-. nombre de cas : € La forme la moins fréquente parmi | toutes les autres », a pu dire le professeur Guillain — 10 fois sur 150 (Veraguth) — ef les auteurs modernes ont fort justement insisté sur le polymorphisme de la
maladie qu'explique d’ailleurs parfaitement son processus anatomo - pathologique de dissémination des foyers.
On admet actuellement qu'aucun des symptômes décrits (et ils sont légion) n’est essentiel. L'état spasmodique, les troubles de la parole, les signes oculaires, le tremblement, l’adiadococinésie, la dysmétrie, l’asynergie, etc. peuvent également manquer. C'est dire la multiplicité des formes atypiques.
Où la diversité des formes nous parait peut-être la plus évidente c’est dans le mode de début.
Là encore Charcot admettait le plus souvent une période initiale insidieuse caractérisée par des troubles de la marche, de la lassitude dans les jambes, des four- Mmillements dans les pieds.
, On est aujourd’hui plus éclectique et nous savons qu'une sclérose en plaques peut débuter par destroubles de l'écriture, par de la disarthrie, par des troubles de la miction, par des vertiges, par des troubles oculaires variés.
Ces troubles de la vue, peuvent être du nystagmus, de la diplopie passagère, de l’amaurose transiloire, des phénomènes de névrite optique rétrobulbaire aiguë ou chronique. Ils peuvent aboutir à une ferme de sclérose en plaques où les Symplômes oculaires iniliaux prédomineront ou bien ils peuvent simplement marquer le début précoce d’une sclérose en plaques où le syndrome oculaire n'aura dans le tableau clinique qu’une place de second plan.
L'étude des formes oculaires de sclérose en plaques ayant fait l’objet de travaux récents et l’obligeance des professeurs Gilbert, Sourdille, Giroire, et du docteur Mauger nous permettant de publier aujourd’hui 3 cas -
Te
de sclérose où | les symptômes oculaires précédèrent de
4 © longtemps ke éclosion de la maladie, il nous à paru inté- __ressant de présenter ces observations et d'en faire notre sujet de thèse.