‹ À propos de la séparation des églises & de l'étatChapitre 35 sur 78 · A ST M MR EP RAD ES POUR SE RON TS · texte numérisé non relu

A ST M MR EP RAD ES POUR SE RON TS

PROG Res à faire de la « Bonne Presse » la première préoccupation des Catholiques français, PŒuvre par excellence. Il n’y eut plus seulement la Croix de Paris, mais chaque région importante eut la sienne (1). On les compléta bientôt par la Croix illustrée, la Croix du Dimanche, la Croix du Marin, le Noël ou Croix des Enfants, les Contemporains, la Croix des Comités, la Franc-Maçonnerie démasquée, les Questions actuelles, le Laboureur, la Ligue de l’Ave Maria, l'OŒuvre électorale, que sais-je encore (2)?... Puis, comme il fallait isoler les

Paris, 4, avenue de Breteuil, pour faciliter cette pieuse expédition. »

Peut-être n'est-il pas inutile d'ajouter, pour quelques-uns des lecteurs, que les bons Pères sont euxmêmes les entrepreneurs de ce pèlerinage.

(1) Dans l'Annuaire de la presse de 1901 on relève le titre de 92 Croix locales, et de 101 en 1904.

(2) Pour s’imaginer combien cette organisation était efficace et compacte, il faut lire Za Croix des Comités, où les PP. Assomptionnistes chauffaient le zèle de leurs correspondants et organisaient la bataille. Elle était accompagnée d’un supplément, « Nos Conférences, » où ces religieux donnaient à leurs amis des modèles de conférences sur les ques-

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catholiques du reste de la France, les préser-

ver des contacts impurs, il y eut toute une

tions du jour, et formaient leur mentalité. Ces Conférences furent un trait de génie.

Il ne fut pas difficile, en effet, de trouver un peu partout, et jusque dans les campagnes les plus écartées, des hommes du peuple qui furent très flattés qu'on songeât à eux comme conférenciers. On leur mettait entre les mains la petite brochure. Ils l’apprenaient par cœur, la déclamaient avec un brio rare chez des conférenciers professionnels, et, sans s’en apercevoir, devenaient des agents merveilleusement efficaces de l’Assomptionnisme.

Infailliblement, ces conférenciers bénévoles croyaient à tout ce qu'ils racontaient dans leurs harangues, absolument comme si c’eût été le résul- {at de travaux personnels et de vues originales.

Auraient-ils, lorsqu'ils répétaient leur leçon, rencontré une contradiction, ils auraient été incapables de la comprendre, ils ne pouvaient que recommencer avec plus de véhémence ; ce qui, devant un auditoire populaire, est le plus sùr moyen de succès.

On voit quel merveilleux instrument de perversion des intelligences était devenue la Bonne Presse. L'’excès du mal arracha à un prêtre intelligent un cri d’alarme : M. l'abbé Quiévreux voulut attirer l’attention des catholiques sur une œuvre urgente entre toutes : L'œuvre intellectuelle. Sa voix se perdit dans letdésent

Rien de plus suggestif que la Table des matières de « Nos Conférences ». La diversité apparente des sujets cache mal le but, à savoir l’organisation du

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éclosion de feuilles littéraires, voire même scientifiques. Enfin, comme la plaisanterie n’est pas interdite, il y eut même des caricatures et des calembours. Caricatures orthodoxes et calembours canoniques.

Que ceux de mes lecteurs qui sont curieux de pathologie religieuse parcourent la Collection du Pélerin, supplément illustré de la Croix. Ils verront les lamentables inepties,

parti catholique. C’est une fraction du pays qui se réclame, à elle seule, du passé de la France, s’efforce de créer en politique une notion d’orthodoxie qui lui permettra d’exclure ses concitoyens.

Les sujets le plus souvent traités sont ceux de « l'Action maçonnique », « le Complot protestant », « les Syndicats agricoles », « l'Union catholique », tout cela entremêlé de conférences-réclames sur la Bonne Presse.

La France fut inondée de tracts à un sou. Voici quelques titres : Manuel de propagande de la « Croix», l'Œuvre surnaturelle (!) de la « Groix » ; Croisade d'honneur et de patriotisme; l’Apostolat de la Presse.

Les personnes qui n’ont pas beaucoup de temps et voudraient se faire une idée de la mentalité que répandent ces Messieurs de la Croix pourraient se procurer l’Almanach du Pèlerin pour 1906, qui vient de paraître (0,50), aux Bureaux de la Bonne Presse, 5, rue Bayard, Paris, et chez tous les libraires catholiques.

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