PRE A ES
Je n’ignore pas que jamais l'Eglise n’a officiellement chargé ce journal de la représenter, mais le catholicisme français pris en masse, en acceptant la Croix comme son journal, asolidarisé pour longtemps sa cause avec la sienne.
Je sais bien aussi que les gens de la Croix abusaient des bénédictions apostoliques pour dire que le Pape était avec eux, plus peutêtre que ce n’était strictement exact; mais jamais la hiérarchie ecclésiastique ne voulut voir que le fameux journal était en train de mettre la mentalité catholique à une terrible épreuve, et de compromettre pour longtemps l'honneur de l’Eglise. On ne voulait pas scandaliser, et voilà que, pour éviter de scandaliser des dévotes dont la foi semble pourtant singulièrement robuste, on scandalisait l’élite intellectuelle du pays. Ni le pape, ni les cardinaux, ni Pépiscopat, n’eurent les paroles décisives qui auraient rendu toute méprise impardonnable.
La démocratie fut pourtant assez lente à s’émouvoir des bravades de la Croix et de ses