ROLE
Voyons quelques faits : il y a deux ans, MF le Nordez, évêque de Dijon, et MF Geay, évêque de Laval, furent l’objet d’accusations abominables. Contre le premier s’élevait laccusation la plus grave qui puisse atteindre un homme revêtu du caractère sacerdotal ; plus grave que ceile d’apostasie même, celle de trahison : et d’une trahison non encore cataloguée, je crois, dans l’histoire ecclésiastique. M5 Le Nordez aurait été franc-maçon !
Le crime de M Geay, plus sévèrement qualifié par la morale naturelle, l'était moins par la morale « surnaturelle » des congrégations romaines ; ce n’était qu’un dossier nouveau à côté de plusieurs autres, dans les cartons du S. Office. M: Geay, d'après ses accusateurs, aurait violé l’abbesse des Carmélites de Laval, et aurait vécu avec elle sur un pied d’étroite intimité.
À Dijon, à Laval, dans la France catholique,
truira sur leurs souffrances si peu connues. { franc. Approuvée par Mt l'Evèque de Blois. Adresser les demandes à Me Sommier, chez les Religieuses Franciscaines, à Romorantin (Loir-et-Cher).
LAS: der
le scandale fut énorme. Les deux évêques Oopposaient à leurs accusateurs des dénégations indignées. Ils furent insultés dans leur cathédrale par leurs propres prêtres.
Je passe sur les détails. Il y eut un soupir de soulagement dans la conscience publique, lorsqu'on apprit que le pape avait mandé les deux évêques et que leur procès allait être instruit par les tribunaux ecclésiastiques.
Beaucoup de gens, en effet, même parmi ceux qui sont étrangers aux choses de l'Église, avaient déploré ces scandales. Heureusement tout le monde n’a pas encore la mentalité de certains cannibales de la presse. On souffrait de la joie féroce avec laquelle certains journalistes exploitaient les affaires de Dijon et de Laval.
Aussi lorsque le Souverain Pontife eut mandé les évêques, se prit-on à espérer que justice éclatante allait être faite ; que si les accusés étaient coupables, l’Église, en la personne de son chef, prise d’une sainte indignation, les « vomirait de sa bouche » ; que
s'ilsétaient innocents, cette Mère tressaillerait
d’une joie indicible, crierait à l’univers entier l'innocence des fils aînés de son peuple, prendrait par la main ces victimes d’infâmes machinations et les ramènerait triomphants sur leur siège épiscopal.
On attendit.
Quelques semaines plus tard, des notes aussi amphigouriques que brèves, dans les journaux catholiques, annonçaient que MF Geay avait remis au S. Père sa démission d’évêque de Laval. Quelques jours plus tard on apprit que M5: Le Nordez avait renoncé au siège de Dijon.
Les deux évêques restaient évêques sans diocèse.
Ce fut une véritable stupeur chez plus d’un libre penseur et chez une foule de catholiques.
« Il faut donc que ces évêques soient coupables, disait-on, puisque Rome ne leur a pas permis de retourner sur leur siège. Mais, s’ils sont coupables, pourquoi l'Église, si dure, si implacable aux erreurs dogmatiques, ne sait-elle pas châtier avec éclat ceux qui, étant évêques, sont doublement coupables? »
Que s’était-il passé devant ce tribunal du