‹ A propos de quelques cas de fausses tuberculosés observés dans la pratique sanatorialeChapitre 101 sur 139 · II. —— CORPS ÉTRANGERS DE LA TRACHÉE ET DES BRONCHES · texte numérisé non relu

II. —— CORPS ÉTRANGERS DE LA TRACHÉE ET DES BRONCHES

Ces corps étrangers sont souvent très difficiles à reconnaître et ils peuvent séjourner des mois et des années dans les voies respiratoires. Ils peuvent aussi être à l’origine de syndromes pulmonaires faisant penser à tort à la tuberculose.

Un cas de ce genre a été publié ces dernières années par Etienne Bernard.

Le Docteur Bonafé nous a également cité l’observation d’une malade ayant fait plusieurs séjours en sanatorium et dont l’origine des accidents était en réalité un sifflet dans la bifurcation trachéale, sifflet qui fut ultérieurement extrait par bronchoscopie.

Les corps étrangers de la trachée sont les seuls à donner une symptomatologie quelque peu caractéristique, composée de toux souvent aboyante et persistante, et de dyspnée portant sur les deux temps de

la respiration avec sifflements asthmatiformes : toux et dyspnée ayant pour caractère de survenir par crises.

Le corps étranger peut passer secondairement dans les bronches, mais il est rare que, par l’interrogatoire, on ne retrouve pas une phase trachéale plus ou moins nette.

Dans les bronches le corps étranger peut donner une pneumopathie aiguë mortelle. Le plus souvent cependant s’installe une symptomatologie pulmonaire variable, dominée par la dyspnée et les hémoptysies. La dyspnée est souvent accompagnée de sifflements asthmatiformes et les hémoptysies sont fréquentes mais peu abondantes.

Le corps étranger peut faire soupape dans l’un ou l’autre sens, on comprend donc que, tantôt, il puisse donner une respiration à type asthmatiforme avec léger emphysème et, tantôt, un syndrome atélectasique. Il peut aussi se produire une suppuration qui, secondairement, amène parfois des dilatations bronchiques.

L’examen radiologique pourra amener la certitude du diagnostic en montrant les corps étrangers opaques, mais plus de 50 % d’entre eux sont transparents aux rayons X et donc, invisibles. L’examen radiologique ne peut alors m'ontrer qu’'atélectasie, emphysème ou dilatations bronchiques dans un territoire déterminé. Aussi il devra toujours être complété par la bronchographie lipiodolée, qui, sous écran, permettra d’affirmer l’obstruction totale ou partielle d’une bronche et d’en préciser le siège.

Mais, de toutes façons, il faudra pratiquer la bronchoscopie, seule capable d’affirmer le diagnostic, et qui permettra l’extirpation dans la presque totalité des cas.

On voit donc la difficulté souvent extrême du diagnostic des corps étrangers des voies aériennes et les confusions qui peuvent en résulter. Il faut donc lorsque l’on soupçonne leur présence, savoir recourir au procédé permettant de trancher la question : la bronchoscopie.

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