‹ A propos de quelques cas de fausses tuberculosés observés dans la pratique sanatorialeChapitre 102 sur 139 · III. —— SILICOSE · texte numérisé non relu

III. —— SILICOSE

On sait toutes les discussions soulevées par le problème de la silicose.

Un grand nombre d’auteurs (Rist, Doubrow; Croizier, Martin, Policard; Nicaud), admettent son étiologie tuberculeuse (1); tandis que d’autres, Magnin, Bohme, admettent l’existence d’une silicose autonome, pouvant se compliquer secondairement de tuberculose, ou lui être associée.

La silicose cependant semble pouvoir être individualisée au moins du point de vue clinique.

La similitude de cette affection avec la tuberculose est, de toutes façons, très grande du point de vue clinique et radiologique; aussi on comprend que la silicose puisse être rencontrée en sanatorium; cinq observations recueillies aux sanatoria de Villiers-sur-

. (4) « Le type pathologique appelé silicose serait en réalité une tuberculose modifiée par la silice » (Policard).

Marne ont été récemment publiées par Lardanchet et Parrique.

Symptomatologie.

Cliniquement l’évolution peut être divisée en plusieurs périodes :

Au début, les symptômes fonctionnels sont peu marqués : parfois il existe une toux sèche, quinteuse, avec expectoration muqueuse, un peu d’amaigrissement et d’asthénie, quelques douleurs thoraciques et surtout un peu de gêne respiratoire qui ira en s’accentuant. L’auscultation ne montre pas d’anomalie ou seulement quelques signes d’emphysème ou de sclérose pulmonaire. L’examen radiologique peut déceler soit une simple accentuation de la trame, soit le plus souvent déjà en plus, une invasion miliaire des deux champs pulmonaires prédominant vers les hiles et les bases, donnant un aspect « chagriné » ou « en tempête de neige ».

Si, à ce moment l’inhalation de poussières est suspendue, la maladie peut cesser d'évoluer puis régresser, sinon les symptômes vont persister et dans bien des cas se préciser.

La dyspnée s’accentue, devient permanente, la toux devient constante, l’expectoration importante. On peut observer de l’amaigrissement et une lassitude extrême.

L’auscultation ne donne toujours que des signes discrets, mais l’examen radiologique peut montrer, soit l’image miliaire analogue à celle de la phase précédente, soit la présence dans les deux champs pul-

monaires, de masses opaques, volumineuses, formées par la conglomération de fins nodules. C’est la phase pseudo-tumorale de la silicose.

L'évolution se fait en général peu à peu vers la mort par défaillance cardiaque progressive.

Diverses complications peuvent être observées :

Des hémoptysies d'importance et de fréquence variables.

Et surtout des pneumothorax spontanés, particulièrement fréquents chez ces malades. Ces pneumothorax sont habituellement très bien tolérés, en général partiels et peu poussés, parfois bilatéraux.

Enfin, on peut voir apparaître une tuberculose manifeste avec expectoration bacillifère.

Moyens de diagnostic.

Le diagnostic, souvent difficile, sera aidé par un certain nombre d’arguments :

1° Elimination absolue de toute autre étiologiée.

Il faudra d’abord songer à la tuberculose, et employer tous les moyens bactériologiques propres à la mettre en évidence; on aura souvent intérêt à employer l’inoculation au cobaye. La négativité de ces recherches, d’ailleurs, ne permettra en aucune façon l'élimination de la tuberculose, mais la rendra moins probable. Il faudra aussi envisager les diverses autres étiologies possibles des images miliaires (1), et employer les moyens propres à les mettre en évidence. Toutes ces recherches devront être négatives.

() Voir chapitre « Diagnostic clinique de la tuberculose ».

2° Notion étiologique : c’est un argument des plus. importants.

De nombreuses professions exposent à la silicose,. nous ne pouvons les citer toutes : les principales sont celle de mineur, carrier, polisseur au sable, etc. En. général, les premiers symptômes n'apparaissent que. chez des sujets exerçant une de ces professions depuis de très nombreuses années; mais parfois ils peuvent apparaître après un temps beaucoup plus court :. 5 à 8 ans.

3° Symptômes particuliers.

Un certain nombre de particularités sémiologiques seront aussi en faveur de la silicose : l’importance de la dyspnée, l’image radiologique pseudo-tumorale qui est assez Caractéristique lorsqu'elle existe, et l’évolu-tion progressive.

En somme le diagnostic de silicose se posera surtout sur l’apparition progressive d'un syndrome pulmonaire chronique avec image radiologique miliaire ou pseudo-tumorale chez un sujet exerçant une profession l’exposant particulièrement à l’inhalation des poussières de silice, et chez lequel aucune autre étiologie, particulièrement la tuberculose, ne pourra être envisagée. Dans ce cas, on pourra poser le diagnostic clinique de silicose, mais sans préjuger aucunement de la pathogénie de l’affection.

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