V. — SYNDROME DE LOEFFLER
Le syndrome de Loeffler doit être bien connu du phtisiolcgue : depuis qu’on l’a décrit, le nombre des cas publiés augmente constamment, et, probablement, un très grand nombre de cas en sont méconnus.
Cette affection peut être l’occasion d’erreurs de diagnostic avec la tuberculose, ou bien, apparaissant
chez un tuberculeux avéré, elle peut faire crcire à tort à une poussée évolutive de tuberculose.
1° SYMPTOMATOLOGIE.
Elle est caractérisée par la coexistence d’opacités radiologiques fugaces et d’éosinophilie sanguine.
1° Opacité radiologique. — Elle est très variable d’aspect, peut siéger dans toutes les régions des poumons, être unique ou multiple. D’après Cardis, Gilliard, Spriet, on peut distinguer schématiquement trois aspects principaux :
a) Infiltration de grandes dimensions, plus ou moins irrégulière;
b) Petit ncyau circulaire se rapprochant de l’infiltrat d’Assmann;
c) Infiltrations multiples ou à plusieurs centres, uni ou bilatérales.
La structure de ces opacités est variable, elle peut être homogène ou nuageuse, les limites peuvent en être nettes ou floues.
La fugacité de l’image radiologique est son caractère essentiel, l’image s’efface complètement après une durée de trois à huit jours, exceptionnellement de trois à quatre semaines.
2° Eosinophilie sanguine. — Elle est constante, généralement d’intensité moyenne : 5 à 10 %, parfois très importante, jusqu’à 66 %, elle débute en même temps que l’opacité radiologique mais elle persiste quelques semaines après elle.
3° Symptômes cliniques. — Ils peuvent manquer
complètement, et, quand ils existent, sont toujours très discrets; on peut trouver une fièvre très légère, un peu d’asthénie, de toux, et d’expectoration. Les signes d’auscultation sont toujours insignifiants.
La bénignité du syndrome de Loeffler est absolue mais les récidives sont assez fréquentes.
2° ETIOLOGIE ET PATHOGÉNIE.
Elles sont encore mal connues cependant « il est possible dès maintenant, de considérer comme vraisemblable, l’hypothèse d’une parenté étroite entre le syndrome de Loeffler et les affections allergiques, et comme possible l’action indirecte de la tuberculose » (Cohen).
Mais, de toutes façons, cette affection est totalement différente de la tuberculose pulmonaire ordinaire, dont elle doit cliniquement être complètement séparée. Le syndrome de Loeffler n’est aucunement justiciable de la cure sanatoriale, car, comme dit encore Cohen : « nous n’avons pas le droit d'imposer à de tels malades les précautions que nous imposerions à un sujet atteint de tuberculose latente ou débutante; tout au plus pouvons nous lui conseiller des examens radiologiques périodiquement répétés. »