VI. —— PNEUMONIES PROLONGÉES PSEUDO-TUBERCULEUSES
Le diagnostic entre une pneumonie aiguë et la tuberculose est habituellement facile. Mais on sait maintenant que certaines pneumonies peuvent se prolonger, et en particulier, laisser des opacités radiologiques persistant un certain temps, et devant lesquelles le diagnostic de tuberculose peut être porté à tort.
1° SYMPTOMATOLOGIE.
1° À la période d'état. — Dans ces cas, qui auront ensuite une évolution anormale, bien souvent certains signes un peu particuliers attirent l’attention durant la période d’état de la pneumonie : le début a été moins brutal et moins franc, la température est
ensuite moins élevée et moins régulière, le bloc d’hépatisation moins étendu.
2° Après la période d'état. — Au dixième jour, il n’y a pas de chute thermique brusque, la température baisse progressivement, mais se stabilise à 38° et y persiste plusieurs semaines, souvent accompagnée de toux légère et d’expectoration. Les signes physiques régressent en général.
3° Signes radiologiques. — Ils sont les plus importants, car ils peuvent accompagner la persistance d’anomalies cliniques, ou exister à l’état isolé.
On sait que durant la période aiguë d’une pneumonie normale, l’image radiologique est la suivante :
a) dans les atteintes du lobe supérieur, c’est une opacité triangulaire, à sommet hilaire et à base axillaire ;
b) dans les atteintes du lobe inférieur, c’est une opacité quadrangulaire ou vaguement hémisphérique, à limite supérieure généralement nette, à limite inférieure n’atteignant pas habituellement le diaphragme et laissant libre le sinus.
En général, l’opacité est homogène et intense. D’autres fois elle a un aspect moins homogène et des limites moins nettes se dégradant progressivement dans le parenchyme ambiant.
Le bloc hépatisé se résoud normalement en trois ou quatre semaines, il persiste parfois plus longtemps et peut alors revêtir plusieurs aspects : tantôt une opacité homogène analogue à celle de la période d’état, beaucoup plus souvent une zone d’opacité irrégulière
formée par la juxtaposition d’ombres nodulaires plus ou moins arrondies, réunies en un foyer assez précis, mais sans limites nettes. Ce foyer se résoud ensuite de façon irrégulière, certaines parties sont encore infiltrées, alors que d’autres ont récupéré une transparence normale, ce qui donne un aspect non homogène. L'aspect est alors parfaitement identique à certaines images observées au cours de la tuberculose.
4° Evolution. — Elle se fait toujours vers la résolution complète, sans aucune séquelle clinique ni radiologique, sauf exception rarissime, mais en un temps variable, habituellement quelques mois, parfois plus d’un an, comme dans un cas de Rist et Blanchy.
Nous avons dit, plus haut, que l’on pouvait noter la persistance de signes radiologiques isolés ou accompagnés de signes cliniques, dans ce cas les signes clinique disparaissent les premiers.