I. — RECHERCHE DU BACILLE TUBERCULEUX
1° GÉNÉRALITÉS. — La constatation du bacille de Koch dans l’expectoration est le signe le plus formel et le plus certain de la tuberculose pulmonaire ; elle seule peut apporter la certitude du diagnostic. On sait actuellement qu’il n’existe guère de tuberculose anatomiquement fermée, et effectivement le B. K. peut être mis en évidence dans la plupart des cas.
En sanatorium où les circonstances se prêtent particulièrement bien à des recherches répétées, la proportion de malades trouvés cracheurs de bacilles et dont, par là même, la preuve bactériologique du diagnostic est apportée, est très élevée.
2° TECHNIQUE. — Nous ne pouvons entrer dans les détails et ne donnerons que quelques principes généraux ; on se reportera avec intérêt aux excellentes publications de Davy, Lowys et Levaditi.
La recherche des bacilles doit être minutieuse, répétée, et employer des procédés de sensibilité croissante.
a) L'examen direct de l’expectoration suffira dans la plupart des cas à condition d’être pratiqué attentivement et répété jusqu’à réponse positive. Il conviendra donc, à l’arrivée du malade, de faire plusieurs examens en série si le premier est négatif, ensuite, durant le séjour, de pratiquer des bacilloscopies à intervalles réguliers, et de les répéter au moment de certains incidents tels que rhume, hémoptysïe, poussée menstruelle. Ainsi pratiqué l’examen direct montrera des B. K. dans la plupart des cas (83 % : Davy et Levaditi).
b) Homogénéisation. — Lorsque l’examen direct est négatif et qu’il existe une certaine expectoration, l’homogénéisation donnera un certain nombre de nouveaux résultats positifs (6 % : Davy-Levaditi).
c) Tubage gastrique et examen des selles. — Lorsqu’il n’existe pas d’expectoration, cas surtout fréquent chez les femmes et les enfants, mais pouvant aussi se rencontrer chez les hommes, on emploiera la recherche du B. K. dans les selles ou le liquide de lavage gastrique avec homogénéisation. Cette dernière méthode semble préférable car plus facile à employer et plus sensible ; elle permettra de mettre le B. K. en évidence chez un très grand nombre de sujets ne crachant pas.
d) Culture et inoculation au cobaye. — Les examens précédents permettront dans la plupart des cas d'affirmer le diagnostic de tuberculose ou même par-
fois de l’écarter : ainsi lorsqu'il existe en permanence une expectoration purulente, abondante, une série d'examens directs et d’homogénéisations négatives auront une valeur énorme pour s’opposer au diagnostic de tuberculose.
Au contraire, devant une lésion radiologique minime non évolutive, s’accompagnant d’une expectoration rare ou sans expectoration, avec homogénéisation ou tubage négatifs, il y aura souvent intérêt à employer des moyens de diagnostic plus précis : l’inoculation au cobaye et la culture sur milieu de Loewenstein. Ces deux examens seront de préférence employés conjointement pour renforcer mutuellement leur valeur. Cependant, d’après Davy et Levaditi, ils n’augmentent que d’une proportion faible : 3 %, le nombre des cas où le B. K. est mis en évidence. Malgré cela, l’utilité de ces méthodes est incontestable, il semble regrettable que tous les sanatoria ne les emploient pas couramment.
En terminant, insistons sur l’intermittence fréquente de l’expectoration bacillifère et sur la nécessité de répéter régulièrement les examens bactériologiques durant le séjour au sanatorium.